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lundi 13 octobre 2025

Judex et les yeux sans visage réalisés par franju

 Dans des éditions  riches en bonus, Criterion nous propose le film judex (1963) et le film les yeux sans visage (1960), deux réalisations de Georges franju qui ont pour point commun, une esthétique très élégante en noir et blanc.


 

Judex se présente comme l'histoire d'un justicier masqué punissant un banquier coupable de nombreux forfaits. La première partie recèle ses mystères et reste envoûtante et symbolique (l'apparition masquée de judex sous la musique de Maurice Jarre) tandis que la deuxième partie du film avec ses péripéties parfois très feuilletonesques sont en deçà. 

C'est que le réalisateur aurait préféré réaliser Fantômas plutôt que judex. Il s'intéresse ainsi moins au héros qu'au détective (Jacques Jouanneau aka Cocantin), au petit débrouillard ou à l'antagoniste (Francine Bergé aka Diana Monty), une femme décidée au caractère bien trempé. Cela se comprend également par le choix de l'acteur Channing Pollock, un prestidigitateur américain qui avait peu joué la comédie et ne savait pas parler français. C'est ainsi que Judex dévoilé devient le ventre mou de la distribution...

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Les yeux sans visage est un film fantastique avec un petit fond d'anticipation ou fantastique horrifique (les greffes), dans l'horreur de la situation m'a fortement impressionné. Parfaitement réalisé, ce film reste sans doute le chef-d'œuvre du réalisateur avec sa distribution sans faute dont un Pierre Brasseur impérial et une Edith Scob éthérée derrière son masque.

 

 Pour qui ? Pour ceux qui voudrait découvrir un autre cinéma français que la sempiternelle nouvelle vague des années 60.

lundi 19 décembre 2022

Troll réalisé par Roar Uthaug (2022)

 


Synospis (adapté de wiki) : au nord de la Norvège, à Dovre, un troll se réveille après l'explosion de la montage pour la construction d'un tunnel. Après avoir été piégé durant un millénaire dans une montagne, le monstre semble se diriger vers la capitale, Oslo, en détruisant tout ce qu'il rencontre. Nora, une archéologue, est appelée par les équipes de la Première ministre pour tenter de comprendre.

 

Œuvre de série B norvégienne réalisée par Roar Uthaug (réalisateur de Tomb Raider 2018 pour la MGM) pour Netflix , Troll constitue un hommage respectueux aux films de monstres et de kaïjus : dans l'affrontement avec le monstre et son symbolisme de fureur de la nature, le réalisateur n'oublie pas de porter un regard plus intimiste sur le parcours d'une relation père-fille  (dysfonctionnelle) et ceux qui leurs gravitent autour. 



Parsemé de clins d'oeils peut-être à king-kong, et godzilla, il n'oublie pas de créer une histoire autour des légendes norvégiennes...

Le film contient bien quelques scènes un peu kitsch à l'instar du transport de cloches par hélicoptères, mais rien de bien méchant...

L'amateur du genre passera donc un très bon  moment de visionnage...

dimanche 11 décembre 2022

Juliette ou la clé des songes de Maurice Carmet (1950)

 


Juliette ou la clé des songes est un de ces films en noir et blanc réalisé par Marcel Carmet, participant de ce fantastique français d'une époque, où intervient l'onirisme et le conte à la saveur de poésie symbolique, avec une fin en nuances de gris... 

Avec une distribution faisant apparaître Gérard Philippe et une très charmante Suzanne Cloutier, actrice Québécoise, "Juliette où la clé des songes" est un film à la beauté formelle d'une époque : noir et blanc, lumières adroitement posées et décorum, notamment du château,... qui contient également une sorte de vague à l'âme, un peu verlainien. Et une superbe scène d'ouverture de la prison vers le monde des rêves...

Carmet nous entraine dans l'histoire d'un jeune homme en prison, Michel (Gérard Philippe), qui cherche à retrouver dans ses rêves la belle Juliette (Suzanne Cloutier)...Mais le voilà bientôt littéralement plongé dans le monde des rêves pour aller la retrouver dans un village un peu fou où beaucoup ont perdu la mémoire de leurs souvenirs et recherchent ceux des autres comme une denrée rare (1). Échappé de sa prison, avec toujours à ses pensées, le souvenir de sa belle, Michel va se frayer un chemin dans ce village pour retrouver Juliette. Avant de se réveiller quelques péripéties plus tard.

L’œuvre, fort habile, développe ainsi une fugue onirique dont tous les événements pourront ensuite être, de retour dans la réalité, interprétés par le spectateur, au regard du point de vue subjective de Michel.

La fin ambivalente, laisse planer sur le film une sorte de mélancolie agréable dans ce monde actuel où tout doit être éclairci en bien ou en mal.



Si toi aussi tu apprécies le film fantastique français d'une autre époque, où le monde du rêve plus que celui de la réalité est peut être le seul à pouvoir permettre aux amants malheureux de se retrouver, alors ce film est fait pour toi.



(1) ce qui ferait pour les amateurs de jeux de rôles oniriques une excellente inspiration...

samedi 22 janvier 2022

La beauté du diable de René Clair (1950)


 

La beauté du diable réalisé par René clair (1950).

Synopsis : Méphisto, envoyé par Lucifer, entre en contact avec Henri Faust, éminent professeur arrivé au terme de sa vie, afin de lui voler son âme. Il lui offre jeunesse, gloire et richesse pour, un jour, tout lui retirer brusquement. Henri, désireux de tout reconquérir, signe alors un pacte avec l’enfer. René Clair revisite le mythe de Faust avec Gérard Philipe et signe cette inoubliable version fantastique. ... (fnac)

Beau film classieux et poétique, présentant une version originale de Faust et dont la conclusion est bien différente de celle de Goeth, plus positive, ce que regrettera René Clair, le réalisateur. 

La beauté du Diable est portée par une distribution prestigieuse, dont deux grands acteurs très différents : l'éclatant Gérard Philippe et le trublion Michel Simon, ces derniers se répondant merveilleusement dans leurs rôles changeants (le vieux Faust [Michel Simon] devenant jeune [Gérard Philippe] tandis que Méphistophélès [Gérald Philippe] prenant la place  de Faust [rebelote]).

Par des symboles et métaphores, René Clair parlait de son temps, et notamment de la peur du nucléaire et du potentiel dévastateur des avancées scientifiques... 

A l'instar de cette scène saisissante où Faust demande à Méphistophélès de lui montrer son avenir, celui-ci lui ouvre "une fenêtre" sur le destin d'un futur dictateur dont la science servirait à la destruction...

*****

L'édition vue d'ESC distribution, comporte un blu-ray et un DVD, et possède un reportage en bonus.

"Des deux côtés du miroir - René Clair, le maître des chimères" (50mn).
Il est différent de l'édition Gaumont qui dispose d'un documentaire de 40 mn.  

Le Documentaire de Pierre-Henri Gibert propose une présentation de René Clair, Gérard Philippe, Michel Simon, leurs rapports, et le contexte du film, son impact dans la société.

On apprend ainsi que Michel Simon était relativement incontrôlable, venant sur le plateau avec des femmes de charmes, ne s'entendait pas vraiment avec Gérard Philippe...
Ou que ce film parlera à son temps, lancera un débat sur l'énergie atomique...
Que René Clair a sans doute été relégué avec la nouvelle vague, au rang d'ancien réalisateur à oublier, bien que sa maitrise cinématographique ne fasse pas l'ombre d'un doute. D'ailleurs il fut bien difficile à mon époque de voir un de ses films rediffusés à la TV.

dimanche 19 décembre 2021

Les visiteurs du soir de Marcel Carné (1942)

 


En pleines fête pour célébrer les fiançailles  de la fille du baron Hugues, Anne, et du baron Renaud, apparaissent, parmi d'autres artistes, deux joueurs de Luths, Gilles et Dominique, qui semblent être plus qu'ils ne sont... Et sèmeront rapidement la zizanie, entre ce beau monde. Mais l'amour peut parfois provoquer des détours à des intrigues préparées...

Tourné pendant l'occupation sous l'égide des Productions André Paulvé , les visiteurs du soir de Marcel Carné (1942) est une histoire de fantastique français où le malin tient une place de choix.


Si les décors, inspirés des très riches heures du duc de Berry, et la lumière sont intéressants, ce ne sera le jeu des acteurs, au titre des quels les jeunes premiers de l'époque (Alain Cuny et Marie Déa) ne m'auront pas tapé dans l'œil, mais le scénario et le dialogues, certains éléments de la mise en scène (comme lorsque tous les membres du banquet s'arrêtent immobiles) possèdent une certaine élégance.

Arletty n'est sans doute pas inoubliable dans ce film, ni Alain Cuny ou Marie Déa. Marcel Herrand (baron Renaud) et Fernand Ledoux (Baron Hugues) apporteront plus de présence au film.

Ce sera surtout Jules Berry, en Diable de théâtre cabotin, qui laissera un souvenir assez durable. Un acteur assez difficile à diriger alors, ne se souvenant pas suffisamment de ses textes, improvisant beaucoup...



Les bonus du  blu-Ray de l'éditeur sont très intéressants et permettront à l'amateur de découvrir en trois reportages assez pédagogiques : le contexte de la conception du film, l'histoire du duo entre Prévert et Carnet et un panorama du cinéma fantastique français...

On y apprendra ainsi que la production des visiteurs du soir fut tout une aventure : entre la zone occupée et celle de la France libre, les difficultés à trouver de la nourriture pour le banquet dans la scène...

Au final, ce film ne sera pas un des meilleurs de Carnet et Prévert, mais il gardera un certain charme pour les amateurs.

lundi 15 mars 2021

Night of the demon réalisé par Jacques Tourneur (1957)

 


Synopsis : Le professeur Harrington, qui dénonçait les activités démonologiques du docteur Julian Karswell, a trouvé la mort dans un étrange accident de voiture. Son collègue, le savant américain John Holden, venu à Londres participer à un congrès de parapsychologie, enquête sur sa disparition...

Night of the demon (Rendez vous avec la peur) : en 1957 Jacques Tourneur réalise un film britannique "Night of the demon" sur un scénario issu de la nouvelle Casting the rune de Montague Rhodes James.

Au casting nous découvrons Dana Andrews dans le premier rôle masculin (1).


Si le thème fantastique de l'histoire , la présence de Charles Bennett au scénario (connu pour son travail avec Hitchcock) et le talent de réalisation de Jacques Tourneur aurait pu présager d'un film aussi réussi qu'à l'époque de la collaboration entre Tourneur et Val Lewton, leurs désaccords avec le producteur Hal. E. Chester aura rendu le tournage chaotique et le résultat un peu contrasté.

Ainsi le producteur aurait fait modifier certaines scènes à l'insu du réalisateur, comme la présence visuelle du démon, suffisamment ridicule pour en rire lors de sa première apparition : et quel contraste à l'écran avec la subtilité de Tourneur et sa volonté évidente de faire coexister deux plans d'existence (un monde de réalisme matériel et un monde de réalisme magique).

Le résultat est un cas d'école de l'influence néfaste que peut avoir un producteur sur un film. Il n'empêche qu'il en reste un bon film du réalisateur pour le spectateur qui saura faire abstraction des scènes "démoniaques" somme toute amusantes...


A noter que le film fera l'objet d'une version américaine raccourcie sous le nom de "curse of the demon".

(1) il jouera dans deux autres films du réalisateur : Le passage du canyon (1946 ) et La cible parfaite (1958)

lundi 15 février 2021

L'Homme-léopard (1943) réalisé par Jacques Tourneur



Synopsis : Un léopard s'échappe lors d'un numéro de cabaret. Alors que la police le recherche, une jeune femme est retrouvée morte, vraisemblablement attaquée par l'animal. Les recherches se poursuivent, et d'autres attaques surviennent. Contrairement aux enquêteurs, Jerry Manning pense que l'animal n'est pas responsable, mais qu'un déséquilibré profite de l'occasion pour commettre des crimes...


Tourné en 1943 pour la RKO, ce film marque la troisième et dernière collaboration entre le réalisateur Jacques Tourneur et  le producteurVal Lewton. Conservant les qualités des deux premiers, tel que le jeu des ombres, les lumières et reflets, un certain art de l'ellipse maîtrisé , lequel souligne le suspens de l'intrigue, le fameux "effet-bus", ce troisième film se distingue par un découpage sous forme de vignettes assez appuyé qui va déstabiliser les spectateurs de l'époque semble-t-il.

Cependant quel art de la mise en scène, de la tension, du jeu des acteurs avec des moyens modestes et une réalisation léchée comme celle de Tourneur! 

Et le scénario semble dérouler une suite de nouvelles connectées entre elles avec les mêmes personnages et l'idée que toute action entraine des conséquences un peu à l'instar d'une philosophie bouddhiste, ce qui produit un impact certain à l'histoire (SPOILER si la mère avait ouvert à sa fille à tend, si le gardien de cimetière n'avait pas fermé la porte etc...).

En conclusion, La féline, Vaudou et L'homme-léopard sont de superbes films fantastiques à voir et à revoir.

jeudi 3 décembre 2020

La féline (1942) réalisé par Jacques Tourneur




Les soirées cinéphiles entre amis n'ayant pu se poursuivre pour cause de reconfinement, un ami me prêta le coffret DVD composé de trois films du réalisateur Jacques Tourneur tournés avec le producteur Val Lewton pour la RKO, en master numérique restauré aux Editions Montparnasse -2003 (La féline, Vaudou, L'homme Léopard), et d'une série de bonus sur son œuvre, dont un entretien avec le réalisateur.

Chronologiquement, seront d'abord tournés : La Féline (1942), Vaudou (1943), L'Homme Léopard (1943).

Début de synopsis (source Allocine) : Irena Dubrovna, une styliste serbe, est persuadée d'être la descendante d'un clan de personnes pouvant prendre l'apparence d'une panthère. Malgré ses dires, l'ingénieur naval, Oliver Reed l'épouse mais Irena refuse de consommer le mariage de peur que ses fortes émotions influent sur la malédiction...

Le film La Féline (aka Cat people) fera un très bon score à l'époque jusqu'à rapporter dix fois ce qu'il aura couté et sauvera un temps la RKO de la faillite. Vu peu de temps après Vaudou (I walked with a zombie), il me sera difficile de ne pas effectuer une légère comparaison avec ce film.

Avec La Féline, Jacques Tourneur nous offrira une oeuvre de fantastique assez classique si ce n'est classieuse, bien maîtrisée, où l'inexplicable, lorsqu'il surgit du quotidien, est d'abord mis en doute avant que la vérité implacable s'impose. Ainsi une jeune femme finit par croire être "possédée par..." sans arriver à convaincre son entourage jusqu'à l'arrivée d'événements inattendus.

Les noirs et blancs sont plus accentués, l'atmosphère plus intimiste permettant d'approfondir les personnalités des personnages, moins nombreux que pour Vaudou, son film suivant. Cependant le couple histoire-mise en scène surprendra moins le spectateur moderne que Vaudou peut-être.

Le réalisateur appliquera certains traits de mise en scène que nous retrouverons dans les deux films suivants, comme le jeu des ombres, lumières et reflets, un certain art de l'ellipse maîtrisé , soulignant le suspens de l'intrigue, mais surtout rendu nécessaire pour des contraintes budgétaires (telle que l'ombre de la panthère dans une scène - en fait la main du réalisateur).

Bonus du DVD la Féline :
- bref entretien avec le réalisateur qui conserve un soupçon d'accent américain : et mentionne l'importance de l'éclairage pour lui, faisant souvent répéter les scènes avec une seule lumière allumée, pour demander ensuite à ses caméramans de reproduire l'ambiance rendue , lors du tournage ; 
Il évoque aussi l'importance pour lui de susciter une ambiance sans jamais montrer directement l'horreur
- Val Lewton, un producteur artiste, par Patrick Brion. Ce dernier relate la vie de ce producteur et son importance dans l'œuvre de Jacques Tourneur. Et l'équipe qu'il va monter au sein de la RKO avec Jacques Tourneur entre autres pour tourner des films fantastiques à petit budget... Ce qui va pousser cette équipe à innover sans effets spéciaux, décors, maquillages... En jouant sur les lumières, ombres ou montages , avec des acteurs moins emblématiques mais plus proches des américains de l'époque. 
-Tournures de Tourneur à propos de l'homme Léopard, par Patrice Rollet. Le critique, à l'occasion de l'homme Léopard, moins considéré autre fois que ses précédents films, utilise cette occasion pour disséquer le style de Tourneur entre son art de l'ellipse, les vignettes, la lumière, la répétition des scènes par les acteurs avec les lumières naturelles pour les inciter à réagir plus intimement et naturellement avec le décor, etc
- Les entretiens suivants (2 reportages) seront plus anecdotiques...

A noter : dans les trois films réalisés par Jacques Tourneur pour la RKO avec le producteur Val Lewton, le montage sera assuré par Mark Robson, lequel développera un effet particulier nommé ... Le "bus Lewton", un "jump scare" (ie litt. « saut de peur », principe qui recourt à un changement brutal intégré dans une image, une vidéo ou une application pour effrayer brutalement le spectateur ou utilisateur - source wiki). Nous retrouvons cet effet dans la scène du bus de la féline.









dimanche 8 novembre 2020

Vaudou (1943) réalisé par Jacques Tourneur




Profitant de quelques jours dorés avant la nouvelle parenthèse amorcée par le couvre-feu, nous avions repris nos séances de cinéphilie, lesquelles ont l'objectif de découvrir ou redécouvrir des films considérés comme "classiques" dans leur catégorie. 

Vaudou ("I walked with a zombie") est un film réalisé par Jacques Tourneur pour la fameuse société de production RKO Radio Pictures, celle de King Kong entre autres, pour le genre qui nous intéresse.

Jacques Tourneur, réalisateur français qui fit la majorité de sa carrière aux Etats-Unis est connu pour avoir excellé dans le genre fantastique (sans se limiter à lui) en instaurant dans ses films une atmosphère dans la suggestion et le non-dit pour susciter l'angoisse. Il jouera ainsi avec la lumière, les ombres, les reflets, l'instabilité de son environnement.

Début du synopsis (sur wiki) : Une île proche d'Haïti. Une infirmière, Betsy Connell, est engagée pour s'occuper de Jessica, la femme de Paul Holland. Elle en arrive à bientôt penser que Jessica a été envoûtée par des rites vaudous (...)

S'agissant d'une première rencontre avec l'œuvre de Jacques Tourneur, je ne savais pas trop à quoi m'attendre mais le voyage fut bien plaisant et la réalisation assez classieuse : une atmosphère installée avec les jeu des lumières et ombres portées sur le décor, les paysages et les personnages amenant une certaine rupture avec le réel, un léger malaise s'accentuant selon les scènes.



Les personnages sont moins fouillés que pour d'autres films comme la féline : décrits plutôt comme des archétypes dans une limite de temps et de lieux, ils tiennent un peu de personnages de théâtre, mais ce n'est pas gênant car le trouble apporté par le décors, l'atmosphère, les événements et petites péripéties issues des personnages secondaires, les met en relief.

Et cette "application" me semble bien aller, d'une part avec un format assez court de 68 minutes, qui se sert de l'ellipse (et permet d'éviter de s'empêtrer dans des longueurs et/ou un pathos insupportables...) avec l'incertitude que fait porter l'histoire sur la substance du réel : les faits donnés peuvent ils trouver une raison dans la logique et la science ou se rattacher à l'inexplicable - le vaudou - ?

Si je n'apprécie pas toujours le cinéma qui fait porter une zone d'incertitude trop importante sur les épaules d'un personnage (où son entourage vient à envisager qu'il bascule dans la folie plutôt que d'avoir soulevé le voile d'une étrange vérité) , source d'inconfort chez moi, je dois reconnaître avoir adoré le postulat de ce film où tous les personnages sont amenés à douter à un moment ou un autre et basculer d'une explication à une autre.


Le scénario est bien amené pour l'époque et la mise en place des péripéties par quelques éléments de mise en scène aussi : des discussions des servantes à la naissance d'un bébé à la chanson interprétée par le chanteur de calypso, qui relate un peu la chute de la famille Holland, m'évoquant peut-être arbitrairement la chute de la maison Usher .

En conclusion, un excellent film qui plaira aux cinéphiles de genres , mais pas que....



lundi 23 juillet 2018

Lastman série anime française (2016) réalisée par Jérémie Périn

J'avais mis distraitement Lastman dans ma liste netflix de séries à regarder, comme une curiosité (animé adapté d'un manga français), mais ce fut une chronique de Captain Popcorn sur Youtube qui m'a fait sauter le pas, et bien m'en a pris.




Synopsis (wiki) : À Paxtown, ville rongée par la violence et la corruption, le jeune Richard Aldana, boxeur amateur, vivote entre la recherche d'un emploi et le club de boxe de son ami et mentor Dave McKenzie. Ce dernier est un jour enlevé sous les yeux de Richard, impuissant face à « l'Ordre du Lion » et leur chef Rizel. Richard va peu de temps après apprendre l'existence de Siri, fille cachée de Dave qui cherchait à la protéger de l'Ordre. Richard va se retrouver à devoir la protéger des sombres ambitions de Rizel.


Série percutante de 26 épisodes de 11 minutes, elle constitue une préquelle au manga et raconte la genèse du héros et son combat contre... 

Afin d'éviter les spoilers et de gâcher le plaisir de la découverte,  je me contenterais d'ajouter à la brève description du synopsis, que les auteurs ont réalisé un travail magnifiquement inspiré par le meilleur des films et séries de nos années 80-90, à l'instar de Richard qui conserve un petit côté John McClain pour arriver à une oeuvre pleine de punch, un véritable "page turner" ou "clique sur la suite bordel !"...

Au-delà du scénario et de l'écriture des dialogues, les voix des personnages sont soignées et la réalisation de l'animation est percutante et sert le propos. 

En conclusion, une réussite assez burnée SF/Fantastique...Par des frenchies... Alors n'hésitez pas. 





mardi 10 juillet 2018

bref report :Iceman réalisé par Law Wing-cheung (2014)



synopsis : Au temps de la dynastie Ming, Ho Ying guerrier de l'empereur, se fait accuser de haute trahison. Un combat commence alors en pleine montagne, mais une avalanche l'emporte et le retient sous la neige avec ses adversaires. Ceux-ci se réveillent 400 ans plus tard à Hong-Kong. Ils sont confrontés à la modernité, mais poursuivent leur combat...

Iceman est un film chinois avec Donnie Yen : mélange de sf, fantastique comédie, action orientée kungfu (cad des sortes de super pouvoirs chinois), le scénario évoque un peu le côté totalement barré/intégré WTF de Jojo Bizarre adventure de l'arc battle tendancy....On n'a pas vraiment le temps de s'ennuyer... A noter qu'il se finit sans que l'histoire s'achève : une suite fut prévue.

samedi 12 mai 2018

happy série (2018)


ce bref article ne comportera pas de synopsis, car la situation de découverte de départ fait partie de la richesse et de l'originalité de cette série, très spéciale. Mais vous pourrez trouver ces informations sur le net, et éventuellement le trailer.

Happy est une curiosité de Netflix, qui surprend, adaptée d'un comic américain éponyme de Grant Morrisson et Darick Robertson.

Découverte dans la "hotte" du service, il s'agit d'une une sorte de conte de Noël à la Stephen King, filmé à la Tarentino avec un acteur ressemblant à jack Nicholson de l'ancienne époque (Christopher Meloni), où les enfants peuvent être en danger ....

Je ne le conseille pas forcément aux parents - il faut prendre de la distance - pour son côté impressionnant mais super scénario et happy end.

Le côté roger rabbit pour le personnage en images de synthèses peut dérouter.

Dans tous les cas le scénario est vraiment original et tous les acteurs incarnent parfaitement leur rôle.

PS : A noter un épilogue prélude à une seconde saison. Cela tombe bien, le show a été renouvelé...

vendredi 16 décembre 2016

Brèves chroniques de séries : preacher , stranger things, luke cage, westworld

Cet article sera un bref digest de séries visionnées il y a quelques temps  :


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Preacher : est une série iconoclaste  et à l'humour noir. La vision de l'humanité est sombre, mais cela n'empêche pas d'en rire. Impertinente, cette série sera appréciée des amateurs de fictions un peu transgressives, originales et légèrement gores. Les autres passez votre chemin.


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Luke Cage : Sur le principe, j'apprécie cette idée de dédier dans un univers commun, plusieurs séries à des héros à échelle humaine (comme daredeville, iron fist, luke cage, Jessica Jones...) avec le style de roman noir. Dans le détail, j'ai apprécié les premiers épisodes de Luke Cage pour l'esthétique présentée, l'ambiance soul (avec la prestation de Raphael Saadiq), le jeu d'acteur de Mahershala Ali (pour le méchant "Cottonmouth"). Puis arrêté la série avec l'épisode 3  ou 4, au moment où le super héros se prend une rocket dans la gueule sans une égratignure. L’invincibilité m'empêche d'avoir de l'empathie pour le personnage.



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Stranger Things : cette série est un condensé des bonnes fictions des année 80 à début 90, à l'instar d'ET et des romans de Stephen King. Les enfants de cette époque y seront sans doute plus sensibles ? Mais tout y est : des décors aux caractères des personnages, en passant par la musique. Une excellente série hommage.


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Westworld : Sans doute la série de l'année 2016. Elle échappe de peu à l'excellence mais reste une très bonne série en s'inspirant de Mondwest de Michaël Chrichton pour porter un propos différent. Emmenée par un frère Nolan (Jonathan, le frère de Christophe), sa construction maîtrisée lui fait prendre plutôt l'apparence d'un long film découpé en 10 épisodes d'une heure environ.

Le casting est parfait et les acteurs excellents, avec un Anthony Hopkins brillant, un Ethan Hawkes au meilleur de sa forme... (Sans parler de Rachel Evan Woods ou Jeffrey Wright...). L'esthétique (décors, effets spéciaux) sert le propos avec brio.


[Spoilers éventuels]

Avec pour inspiration Philipp K Dick (paranoïa, androïds..), le début de la série développe de façon originale des réflexions sur l'émergence de l'intelligence artificielle et la difficulté - voir l'impossibilité - à l'Homme de reconnaître celle-ci dans la mesure où il a bien du mal à se définir lui même. Elle dérive ensuite partiellement vers Au cœur des ténèbres de Robert Conrad, nous plongeant dans l'âme noire des sentiments, pour finir de façon plus conventionnelle par un "soulèvement des machines". Tout ça pour ça ? J'espère que que skynet ne pointera pas le bout de son nez dans la saison 2.

mardi 6 décembre 2016

Les animaux fantastiques réalisé par David Yates


Synopsis (abrégé) tiré d'allociné : (...)Norbert Dragonneau débarque à New York au terme d'un périple à travers le monde : il a répertorié un bestiaire extraordinaire de créatures fantastiques dont certaines sont dissimulées dans les recoins magiques de sa sacoche en cuir – en apparence – banale. Mais quand Jacob Kowalski, Non-Maj’ qui ne se doute de rien, libère accidentellement quelques créatures dans les rues de la ville, la catastrophe est imminente. (...)

Ma rencontre avec Harry Potter s'est faite par le premier film : je l'ai vu avec retard, un an après la retombée de l'emballement lors des diffusions en salles de cinéma. Bien que parti avec un à-priori, je fus heureusement surpris par l'univers et décidais de lire les romans originaux.
Quant au cinéma je crois avoir arrêté de les suivre après le deuxième opus, légèrement ennuyé. Donc sans être un fan, j'apprécie cet univers de Young adults, assez original.
Récemment, cherchant un film détente à regarder avec ma compagne, mon choix* s'est finalement porté sur le nouvel opus : "Les animaux fantastiques", qui représente - plus qu'une préquelle- une histoire indépendante se déroulant chronologiquement avant (et datée après la première guerre mondiale) aux Etats-Unis d’Amérique.

Adapté d'un livre de l'auteur, fac-similé d'un livre de cours pour magicien, Les animaux fantastiques nous relate les aventures aux USA d'un jeune magicien britannique, sensibilisé à la protection des créatures magiques.

Le film a pour qualité de bien développer l'univers de Harry Potter  dans un autre contexte (l'Amérique) et de présenter quelques thématiques auxquelles JK Rowlings -me semble-t-il - accorde de l'importance : la préservation de l'environnement, la protection des enfants, la lutte contre contre la peine de mort...

Sinon, le casting est bon (particulièrement Colin Farrel), la réalisation, les effets spéciaux "font le job", et l'histoire est intéressante, sans pour autant que cet opus rentre dans les anales.

A voir si vous êtes amateurs de Harry Potter ou souhaitez voir un film détente.




* avec son accord bien sûr

dimanche 13 novembre 2016

Docteur Strange réalisé par Scott Derrickson (2016)




Je dois vous avouer que je ne suis pas spécialement fan des univers de super héros. Je suis par voie de conséquence assez rarement satisfait des films, même dans l'optique popcorn. Et les films que j'apprécie le plus sont ceux qui abordent le genre par la bande, avec une autre thématique, ainsi des Gardiens de la galaxie (plutôt du space opera) ou de ce Docteur Strange (fantastique avec magie) *.

Dans mes souvenirs d'enfance, le Docteur Strange était un personnage secondaire qui intervenait dans les comics quand un problème magique requérait une attention particulière, avant de disparaître, laissant l'intrigue principale se résoudre**. Ce n'est donc pas un personnage sur lequel j'aurais parié pour les prochains films de super héros.
Mais avec la stratégie Marvel de développer - à la suite des principaux - les personnages secondaires de sa franchise, le maître des arts mystiques nous arrive enfin dans les salles obscures de France et Navarre sous les traits de Benedict Cumberbacht AKA Sherlock Holmes (version BBC).

Le film qui  possède une longue scène d'exposition - assez ennuyeuse - montrant un chirurgien du cerveau brillant, à l'égo surdimensionné et porté par un sentiment de contrôle total sur sa vie... Jusqu'à ce qu'un accident de la circulation lui fasse perdre l'usage de ses mains et donc de son doigté légendaire. Ce qui définissait son identité disparaissant, il sombre en dépression avant de partir au Népal, à la suite de certaines circonstances, sur les traces d'une personne qui pourrait éventuellement la guérir.

Dr Strange opère une sorte d'opposition entre un matérialisme forcené d'un côté et l'acceptation d'un certain mysticisme de la vie après avoir lâché prise...

Le film commence toutefois à être rigolo avec l'arrivée dans ce Tibet de pacotille et ses costumes très péplums hollywoodiens (mention spéciale aux voleurs).

Suis l'apprentissage d'un magicien qui reste impertinent, son affrontement avec the bad Mads Mikkelsen AKA Hannibal, avant quelques péripéties et un happy end...

Du casting nous retiendrons le jeu correct de Benedict Cumberbacht (mais c'est le personnage qui est le plus développé dans cette histoire aussi), la performance de Tilda Swinton (vraiment excellente dans ce personnage de l'Ancien, mentor du Dr Strange). Par contre le reste est en retrait (mais le scénario, vraiment trop centré sur le héros, n'a pas donné assez de profondeur aux autres personnages).

L'aspect visuel de la magie, le côté inception/portal, la façon d'obtenir la victoire, etc... font que les qualités du film l'emportent sur ses défaut. A voir, pour une séance pop-corn.




* Les gardiens étant bien meilleur que ce Docteur Strange
** L'ami wiki m'informe pourtant qu'il a eu sa série de comics et son heure de gloire.

mardi 8 novembre 2016

the magicians

Une affiche parfaitement calibrée...

Synopsis wiki : Quentin Coldwater, jeune adulte en marge du monde, est depuis son enfance attiré par la magie. Il se réfugie dans la lecture de ses romans préférés Fillory et effectue des séjours en hôpital psychiatrique. Il découvre qu'il est un magicien. Invité à passer des tests d'admission en compagnie de son amie Julia, il est admis à Brakebills, une université protégée du reste du monde qui forme en secret de futurs magiciens.
Quentin va, avec l'aide de ses nouveaux amis Alice, Penny, Margo et Elliot, entrer dans une histoire qui le dépasse. Des forces maléfiques vont s'abattre sur eux. Il pourra sortir de certaines situations grâce à sa connaissance des romans de son enfance. Pendant ce temps, Julia, la meilleure amie de Quentin, qui a échoué aux tests d'admission de Brakebills, retrouve la mémoire qui lui avait été effacée. Elle n'aura de cesse de vouloir apprendre la magie en suivant son propre chemin. Un chemin obscur et dangereux qui pourrait la mener à sa perte..

Quand Harry Potter rencontre la Ivy League américaine, cela donne The Magicians : une série totalement calibrée pour les teenagers, véhiculant - version US - tous les clichés de la mixité, du groupe ethnique aux mœurs sexuelles (homo, hétéro, bi, fricotages avec des dieux anciens...).

La série pourrait même être un modèle en matière de clichés avec une réalisation propre (avec du budget), en alternant comme elle le fait les moments sérieux - romantiques - teens (scène évocatrice s'arrêtant juste avant le 3615 Ulla) - WTF (gags potaches d'université version soft).

Et si j'ai commencé par regarder The magicians, c'était pour meubler - façon binge drinking - une période de désœuvrement. 

Au début, la série m'a fait beaucoup rire avec ces clichés visuels et narratifs mentionnés plus haut, puis, en progressant, l'histoire m'a surpris plus d'une fois, avec des thématiques bien intégrées du fantastiques ( - attention spoiler - "le passage de l'autre côté du miroir", la dualité de réalité, la manipulation du temps, la maison hantée, par exemple). 

Cela m'a parfois évoqué de loin, Avance rapide de michael marshall smith et Le pays du fou rire de Jonathan Carroll.

Lev Grossman, l'auteur du roman originel dont serait adaptée cette série, me semble bien connaître les mécanismes de ce genre d'histoire et les manipuler - plus que malmener - avec une certaine intelligence.

Alors à  voir ? Si vous ne détestez pas ce genre d'histoires...

vendredi 4 novembre 2016

Miss Peregrine et les enfants particuliers réalisé par Tim Burton (2016)


    Synopsis partiel (de chez wiki. Je ne vous encourage pas à lire la dernière phrase ou lire le livre avant le film. laissez vous porter par l'histoire) : Jacob Portman (dit Jake) est un adolescent de 16 ans vivant en Floride en 2016. Lorsque son grand-père Abe décède devant ses yeux, tue par une bête mystérieuse, il découvre que toutes les histoires qu'il lui racontait enfant étaient vraies. Jake et son père Franklin se rendent alors sur la mystérieuse île de Cairnholm, au Pays de Galles. Jake y découvre les ruines d'un orphelinat détruit pendant la Seconde Guerre mondiale, qui appartenait à une certaine mystérieuse « Miss Peregrine » et qui abritait dans les années 1940 des enfants « particuliers ». (...)

Miss Peregrine et les enfants particuliers, réalisé par Tim Burton en 2016, est un un film adapté d'un roman junior dans le genre du fantastique de Ransom Riggs.

D'une part, je suis peu porté sur les romans pour jeunes, notamment en raison de l'infantilisation du propos et des personnages (allez voir la catastrophe qu'est Magister, par exemple). D'autre part, je ne suis pas spécialement fan de Tim Burton, dont le style gothique peut porter à l'outrance. Et dans ce cas cela devient trop kitsch pour moi, tuant toute la poésie - pourtant présente chez le réalisateur - du fantastique.

Je partais donc avec des aprioris négatifs avant d'aller voir ce film, poussé là par un mouvement de foule initié par ma compagne...Mais au final, j'ai été enchanté par un film où cette fantasy gothique et poétique de Tim Burton était au service d'une œuvre, qu'il me faudra lire.

Le film relate l'histoire de Jake qui part à la recherche d'un étrange orphelinat, après la mort de son grand père, décédé dans des conditions particulières. Une manière pour lui de connaître et comprendre ce grand père étrange qui lui racontait des histoires extraordinaires, qu'il affirmait être vraies, en lui montrant d'anciennes photos et des points sur une carte.


Jake va prendre petit à petit conscience de la véracité des propos de son grand-père puis des dangers que recèle ce nouveau monde.


Le casting est adéquat et participe de la magie de cette histoire, tout comme l'image et la réalisation (Samuel Jackson cabotine bien, mais est dans son rôle. Eva green...est Eva green. etc...). L'humour est présent avec plusieurs touches Burtoniennes ou évocations plus anciennes (mention spéciale à la bataille avec les squelettes), et l'univers de l'histoire est attachant* et plus original que ce à quoi je m'attendais.


La méthode d'écriture de Ransom Riggs, auteur du roman source, est d'ailleurs assez "particulière" : amateur de photographies anciennes avec trucages, il se serait servi de certains exemplaires de sa collection pour bâtir, raconter une histoire... A l'instar du grand père du Héros , dont les histoires fantastiques ont toutes une explication rationnelle pour son fils, chacune étant symboliques d'une réalité... Jusqu'à basculer dans le fantastique (pour le héros et le spectateur).

Nous avons ainsi un "texte dans le texte" et une jolie métaphore des littératures de l'imaginaire...

Un film à conseiller absolument.



* [spoiler - sélectionnez les caractères blancs avec votre souris] J'ai notamment apprécié le traitement particulier des bulles temporelles et cette idée de mini sociétés regroupées autour d'une Ombrune...

lundi 26 octobre 2015

Crimson Peak réalisé par Guillermo Del Toro (10/2015)

Synopsis : Au début du siècle dernier, Edith Cushing, une jeune romancière en herbe, vit avec son père Carter Cushing à Buffalo, dans l’État de New York. La jeune femme est hantée, au sens propre, par la mort de sa mère. Elle possède le don de communiquer avec les âmes des défunts et reçoit un étrange message de l’au-delà : "Prends garde à Crimson Peak". Une marginale dans la bonne société de la ville de par sa fâcheuse "imagination", Edith est tiraillée entre deux prétendants: son ami d’enfance, le docteur Alan McMichael et le mystérieux Sire Thomas Sharpe.


Crimson Peak, très beau visuellement, garde la "signature" esthétique de Del Toro. Il évoque dans un univers coloré, les romans gothiques, mais ne nous surprend pas dans les jeux de pistes qu'il contient ou sa conclusion.

La réussite se trouve peut-être plus dans les personnages incarnés par de bons acteurs, dont Tom Hiddleston (aka Loki des films Thors) que dans une histoire somme toute très basique. L'usage dont on fait des fantômes dans le scénario, déçoit également.

La maison, avec tous ses recoins, est un personnage en soi : elle fut construite dans les studios du tournage pour les besoins du film. On sent ainsi l'attention portée à ce décors, au final très Disney, avec tout ce qu'il faut de gothique pour être grand public et donner envie de la visiter dans un parc d'attraction. A voir, pourquoi pas.

mercredi 14 octobre 2015

grimm série TV (2011~)


Synopsis : Lorsqu'il découvre qu'il est l'un des derniers descendants des Grimm, une lignée de chasseurs dont les célèbres récits ne sont pas des contes mais des faits réels, l'inspecteur Nick Burckhardt se met en quête de ces créatures surnaturelles susceptibles de faire du mal aux humains. Pour Nick, c'est un monde nouveau dont il ignore les règles qu’il lui faut affronter. Il est heureusement aidé par Eddy Monroe, un ancien loup-garou féroce qui reste dans le droit chemin grâce à un savant mélange de médicaments, un régime et des séances de fitness...
Série en 4 saisons (renouvelée pour une 5e saison) créé par David Greewalt et Jim Kouf. Première diffusion en 2011.

À Portland, l'inspecteur Nick Burkhardt a des visions et voit des gens se transformer parfois, l'espace d'un instant, en "garous" de plusieurs espèces animales.  Il découvre bientôt qu'il est l'un des derniers descendants des Grimms, humains normaux pouvant voir ces garous qui se nomment Wesen.

Son pouvoir lui permet de voir ce qui se cache sous la réalité de notre monde banal, notamment dans les affaires dont il s'occupe et ce qu'elles sous-entendent.

Les criminels ou victimes avec qui il a affaire sont des Wesesn de natures différentes, auxquelles sont associés des comportements et caractères différents, justifiés par la nature ou tradition.

 Ainsi, la série pose quelques questionnements par ce biais : peut -on agir contre sa nature ? Est-ce notre nature qui nous pousse ou la tradition ? peut-on arriver à se détourner des traditions quand elles sont barbares ? 

Le thème de la transmission dans cette série appuie ces questionnements, notamment avec la présence de savoirs écrits (les documents présent dans la caravane) ou oraux (les renseignements fournis par son ami  Blutbat), lesquels imposent une nécessaire interprétation.




Dans ce "monde caché", les grimms ont longtemps été des chasseurs de "monstres" du point de vue des Wesens. Face à ce retournement de situation,  le héros se doit donc de faire mentir les préjugés à son encontre.

Les affaires dont il s'occupe mettent d'ailleurs en présence des confrontations entre wesen et non un face à face avec le grimm : le wesen est un loup pour le wesen. Dans certains épisodes, l'élément fantastique pourrait même faire défaut. La bête est en nous.

Avec de nouvelles affaires criminelles à chaque épisode, coexiste un fil rouge classique dans ce genre de série, qui "nous amène" en Hollande, Allemagne et France. Cela permet d'entendre parler français et allemand dans une série américaine, un peu moins nombriliste que d'autres. Cela fait du bien.

Les acteurs sont adéquats pour leurs rôles et les scénarios bien menés : la série n'est pas manichéenne et les personnages - même le héros - sont tous dans la zone grise. Les actions des personnages ne sont d'ailleurs pas sans effets dans le monde réel et il arrive au héros de maquiller une scène de crime quand il est impliqué.

Au final, une excellente série de fantastique moderne.



Autres avis : Monsieur Henri, il a aimé.

PS :  3e saison en cours.

samedi 14 février 2015

Thirst, ceci est mon sang, de Park Chan-Wook (2009)



Synopsis : Sang-hyun est un jeune prêtre coréen, aimé et respecté. Contre l'avis de sa hiérarchie, il se porte volontaire pour tester en Afrique un vaccin expérimental contre un nouveau virus mortel. Comme les autres cobayes, il succombe à la maladie mais une transfusion sanguine d'origine inconnue le ramène à la vie. De retour en Corée, il commence à subir d'étranges mutations physiques et psychologiques : le prêtre est devenu vampire. Mais la nouvelle de sa guérison miraculeuse attire des pélerins malades qui espèrent bénéficier de sa grâce. Parmi eux, Sang-hyun retrouve un ami d'enfance qui vit avec sa mère et son épouse, Tae-Ju. Il succombe alors à la violente attirance charnelle qu'il éprouve pour la jeune femme...

Une séance ciné-DVD avec mon amie sera l'occasion de voir "Thirst" de Park Chan-wook, un film qui joue sur la variation du vampire et de la foi. Intelligent et très esthétique - l'image est belle (riche en symboles), les vampires ont la grâce des spécialistes d'arts martiaux de tigres et dragons. Les scènes intimes sont très réussies... Les acteurs principaux sont excellents, notamment Kim-Ok-Vin, qui joue une femme (puis vampire) assez borderline.




Le film repose ainsi sur les deux héros qui constituent ce couple étrange : un homme (Song Kang-Ho, l'acteur fétiche du réalisateur) qui s'impose son propre fardeau et une femme (Kim-Ok-Vin) qui le subit. Leur rencontre va leur permettre de s'en défaire...Au moins un moment.






Park Chan-Wook me pose un problème dans la mesure où je n'arrive pas à "lire" son film de façon satisfaisante : je ressens la présence d'un message sans pouvoir synthétiser celui-ci...
C'est que Thirst est riche en idées et pourrait avoir donné trois films à la tonalité distincte mais où, toujours, se pose une contradiction morale.

La première partie est dramatique et comporte une part d'interrogation philosophique sur le don de soi dans la religion et ses rapports avec le sacrifice.
La seconde est une ouverture à la vie (paradoxale) avec la transformation en vampire, et une découverte de la société coréenne et ses travers, par l'intermédiaire d'une famille. Est aussi envisagé le rapport entre la générosité et l'exploitation.
La dernière partie constitue une forme d'exutoire et d'apparente libération dans la constitution de ce couple de vampire, mais qui recréé une structure familiale avec la mère et tente de suivre les apparences avant de partir sur une voie plus sauvage.

Un film à voir sans aucun doute...

A noter qu'il a reçu le prix du jury à Cannes en 2009.