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vendredi 22 septembre 2023

Relire sazae san tome 1 (1947)

 

Sazae san tome 1 (première édition 1947) de Machiko Hasegawa


Relire sazae san

Sazae san est un manga Japonais sans doute méconnu des amateurs d'aujourd'hui. Il aurait toutefois tord d'être ignoré des amateurs d'aujourd'hui.

Dans la lignée des yonkoma (4cases), Mafalda ou Peanuts, il raconte le quotidien d'une famille, les Isono, dans une période qui se confond presque avec l'ère showa après guerre (ie de1946 à 1974).

C'est une famille étonnante que l'on dépeint, dont les noms sont en relation avec la mer. Elle est constituée de parents âgés, Namihei et Fune, d'une grande fille adulte, Sazae, et de deux jeunes enfants, Katsuo et Wakame.

Ils seront bientôt rejoints dans le futur par Masuo, le mari de Sazae et leur enfant, Tarao.

Derrière cette famille atypique vivant sous le même toit , il y a sans doute des raisons, dont la guerre. Mais tout ceci est implicite.

Les histoires seront étalées sur près de 30 ans. Et bien plus à la TV, son adaptation devenant un programme au très long cours redécomposant continuellement les segments de ces histoires pour en faire des épisodes (de 1969... à maintenant).

Sazae san en anime sera une vraie institution, diffusée un temps 2 soirs dans la semaine puis uniquement le dimanche. Il donnera naissance à une expression "le syndrome Sazae san", c'est à dire un équivalent de notre blues du dimanche soir (car dès que l'on regardait Sazae san le dimanche, on prenait conscience de la fin du week-end).

Retour au manga: , le premier tome nous raconte la participation aux associations d'entraide aux rapatriés des ex-colonies, le retour inespéré du fils porté disparu pendant la guerre, les demandes de dons pour des organismes caritatifs, le marché noir et le rationnement, l'entraide et vie de quartier, la présence des armées américaines etc... Et tout cela au travers de petites histoires du quotidien.

Dans le premier tome, sera également mentionné un déménagement pour Tokyo qui sera désormais le lieu de vie de vie de la famille Saza, à l'instar de l'auteur Machiko Hasegawa.



jeudi 6 avril 2023

Blue Giant mangas de Shinichi Ishizuka

 


Retour sur les quelques ouvrages accueillis à l'occasion d'un voyage au Japon...

Par un alignement des planètes, la bande annonce de l'adaptation animée du manga Blue Giant était régulièrement diffusée sur les chaînes de TV pendant mon passage à Tokyo.  Sur des compositions de la pianiste Uehara Hiromi, un trailer efficace nous offrait quelques extraits énergiques avec sax ténor, piano, batterie, m'incitant à aller voir à Maruzen de quoi il retournait.


Blue Giant c'est un manga seinen pour adultes, qui raconte la passion de Daï, un adolescent, pour le jazz après avoir assisté à un concert dans un des nombreux clubs de Tokyo.

Le mangaka avait estimé, à l'occasion d'un entretien à Angoulême en 2019 (1), que les jeunes japonais d'aujourd'hui évoluaient dans un environnement où il était difficile de trouver leur passion, poussant Shinichi Ishizuka à vouloir dessiner un personnage à la poursuite de la sienne.

Sur une structure bien rodée du manga shonen, l'auteur nous entraîne sur le parcours de ce saxophoniste ténor en herbe entre ingénuité, talent, travail et épreuves, parsemant l'oeuvre de passages didactiques.

Pour la petite anecdote, un ami , musicien professionnel, familier du jazz, m'avait expliqué ne pas être rentré dans cette histoire pour son côté un peu trop "cool", "kakkoi"... Peut être issu de cette structure narrative en question.

Quant à moi, en tant que simple amateur, je dois avouer avoir été séduit par l'histoire, jusqu'à me précipiter pour acheter la suite.

A lire...En écoutant du jazz, bien sûr.

*****

Blue Giant (10 tomes) est suivi de deux séries, Blue Giant supreme (11 tomes) et Blue Giant Explorer (7 tomes - en cours -).

(1) https://youtu.be/bduEKdqlDfY

vendredi 26 mai 2017

La cuillère d'argent, manga de Hiromu Arakawa



Silver Spoon (aka gin no saji) écrit par Hiromu Arakawa
Actuellement : 13 tomes parus (JP ou FR). En cours de publication.

Sans doute mon gros coup de coeur en manga "tranche de vie" depuis longtemps, Gin no saji est une oeuvre qui, sous une forme "innocente", pose avec bienveillance de nombreux questionnements sur le monde agricole.

Yûgo, est le cadet d'une famille au contexte particulier : son père est un homme austère et autoritaire qui mesure tout à l'aune de la réussite scolaire. Après un échec à l'entrée d'un lycée très côté, Yûgo décide d'entrer dans un lycée agricole du fin fond de Hokkaidô pour s'éloigner de la pression familiale et de celle des examens -les deux se confondant un peu -. 

A l'instar d'un candide citadin, il découvrira un monde qu'il ignore et tous ses questionnements et incertitudes : économiques, éthiques et philosophiques... Évitant l'écueil du "sur-place", l'auteur du manga fait évoluer les personnages et leurs relations, en même temps que le passage des saisons(au tome 13 nous sommes déjà en première) et Yûgo, lui même finit par se connaître et trouver le courage de commencer à s'affirmer face à son père.


A noter que l'oeuvre est adaptée en animé et en un film live.

lundi 8 mai 2017

Instantanés mangas 08 Mai 2017

Les instantanés sont de courtes chroniques quand manquent de nombreuses choses dont le temps...



Une vie dans les marges de Yoshihiro TATSUMI (2 tomes imposants), aux exigentes éditions Cornelius, est une autobiographie d'un mangaka, témoignage rare et passionnant de l'évolution de ce genre, de ses techniques, de ses polémiques et de la société toute entière, de la fin de la guerre aux années 60. Il intéressera même les lecteurs plus portés sur l'histoire que le manga.



Dr DMAT (1 à 9 tomes) d'Akio KIKUCHI (dessin) et Hiroshi TAKANO (scénario) aux éditions Kazé relate les aventures d'une équipe mobile d'intervention médicale d'urgence, composée au moins d'un médecin (les secouristes au Japon sont légalement limités dans les soins qu'ils peuvent donner) et dont le but est de se déplacer sur le terrain lors de toute sorte de catastrophe. Bien que je ne sois pas spécialement amateur des séries médicales (mon intérêt s'est limité à deux ou trois saisons d'Urgences il y a fort longtemps), ce manga - avec son lot de pathos est relativement addictif. Il finit toutefois par lasser un peu vers les 3 derniers tomes.

jeudi 8 octobre 2015

Everyday de Kiriko Nananan



Everyday (Kabocha to mayonnaise - potiron et mayonnaise) est un manga de Kiriko Nananan, publié en 2004 au Japon (2005 en France).

Biographie de l'auteur (source : édition française - Glénat)
Kiriko NANANAN, ce nom étrange cache l'un des visages les plus originaux de la bande dessinée des femmes au Japon. Depuis ses débuts avec Hole, dans la revue Garo en 1993, Kiriko Nananan aborde de l'intérieur les sentiments et la sexualité féminine. Son regard sur la jeunesse japonaise est d'une tendresse non dépourvue de cruauté, comme l'atteste le glaçant Heartless Bitch ou Blue, mélancolique page d'amour entre deux lycéennes. L'“intériorité” de ses récits s'accorde avec un dessin lisse et contrasté, et avec un découpage singulier, alternance de gros plans de visages, de silhouettes ou d'objets décadrés. L'expression “une sensibilité à fleur de peau” acquiert avec elle tout son sens.



L'auteure, nous raconte avec dessin intimiste et relativement dépouillé, l'histoire de la jeune Tsuchida, une fille sensible et paumée, perdue entre un ancien amour, Haigo et son petit ami actuel Sei. Le manga nous parle du quotidien et de ce que l'on peut faire par amour dans celui-ci. Un manga, presque un roman graphique d'une grande justesse.


lundi 28 septembre 2015

Quelques chroniques de BD



Niourk de Stefan Wul - adaptation en BD d'Olivier Vatine (3 Tomes)

Synopsis : Sur une Terre post-apocalyptique où l'Humanité a régressé au stade primitif après une catastrophe nucléaire ayant asséché les océans et donné naissance à des chimères mutantes, quelques tribus survivent à l'état sauvage. Parmi elles, la horde de Thoz, où vit l'enfant noir, rejeté par les siens. Lorsque le vieux sorcier de la tribu le condamne à mort, l'enfant noir se met en marche pour Niourk, la ville des dieux, où ne subsistent que ruines et étranges mécanismes, vestiges de la civilisation du XXe siècle.
Poulpes mutants, mégalopole fantôme et androïdes vénusiens : redécouvrez le plus grand succès de l auteur culte Stefan Wul, un classique de la science-fiction remis à neuf par un maître du genre : Olivier Vatine.


Stefan Wul occupe une place particulière dans la SF : pour être arrivé dans la littérature de genre par la bande (chirurgien dentiste se mettant à écrire suite à une réflexion de sa femme), comme un défi ; pour avoir eu une activité littéraire concentrée pendant une unique décennie (les années 50), à l'exception d'un dernier ouvrage dans les années 70 (Noô, en 77) ; pour avoir eu deux de ses romans adaptés en dessins animés par René Laloux (Oms en Série devenant La planète sauvage sous les traits de Roland Topor, l'orphelin de Perdide devenant Les maîtres du temps sous les traits de Moebius)...

Certains  de ses romans, que j'ai dû lire il y a plus de 20 ans, avaient une certaine puissance évocatrice.
C'est donc avec un grand intérêt que j'ai renoué avec cette adaptation en bande dessinée de Niourk par Olivier Vatine* chez Ankama Edition, dont le trait est parfaitement adapté au roman de 1957.



Alors pour qui ? Pour ceux qui avaient apprécié le roman, pour ceux qui voudraient découvrir Wul par la BD, pour les amateurs de bonnes BD de SF...

Voir aussi l'avis de : Anudar


* Olivier Vatine est pour les anciens comme moi, le dessinateur des quatre premiers tomes d'Aqua Blue au début des années 2000.



Biomega, manga de Tsutomu NIHEI, publié au Japon entre 2004 et 2009 (6 tomes)

Synopsis : En l'an 3005, après sept siècles d'interruption, une mission de recherche est envoyée sur Mars. Arrivés sur les ruines d'une ancienne colonie laissée à l'abandon, les membres d'équipage y rencontrent une femme.
Mais, alors qu'ils reviennent sur Terre, leur appareil s'abîme en mer et le corps de l'un d'eux est retrouvé flottant dans l'espace et atteint d'un étrange virus (le N5S), dont il répand des spores à la surface de la planète.
Six mois plus tard, sur Terre, l'agent Zoichi Kanoe est envoyé par la Toa Industries sur l'île artificielle de 9J0. Il y découvre une population ravagée par le virus. Ce dernier aura d'ailleurs infecté toute la planète d'ici une quinzaine d'heures.

Les amateurs de Manga le connaissent sans doute plus pour sa série Blame ! dont le dessin est proche. Celui-ci, un peu différent par rapport aux mangas traditionnels,  évoque autant les comics américains, que les auteurs européens tel que Moebus ou Druillet.


Le découpage ne rend pas toujours l'action bien lisible, mais le dessin est dynamique et sert une histoire qui commence comme une apocalypse zombie assez gore (pour les deux premiers tomes), et change totalement d'optique ensuite en ce qu'elle se déplace en une sorte de voyage initiatique  dans un milieu qui emprunte à l'heroic fantasy (dans les tomes suivants).
Ainsi, si l'on souffre avec les personnages dans la première partie, une distance se fait dans la seconde partie et le lecteur devient un simple spectateur d'un étrange voyage.

Au final, malgré un potentiel certain, l'histoire n'est pas toujours bien maitrisée par l'auteur qui semble avoir choisi de changer de direction en cours de route. Ce côté hybride rend malaisée la recommandation de cette oeuvre, mais pourquoi pas ?

lundi 23 février 2015

Kamakura Diary, manga de Yoshida Akimi (T1 à T5)

A la recherche d'informations (sur les pages japonaises, il y a longtemps) concernant les futurs projets de Kore Eda Hirokazu, j'appris qu'il allait tourner une adaptation d'un Manga de YOSHIDA Akimi "Umimachi Diary", manga que je trouvais bientôt en rayon (sous le titre Kamakura Diary), déjà en cours de traduction. Par curiosité j'achetais le premier tome pour me trouver bientôt happé par cette histoire à la tonalité très proche de l'univers du réalisateur*, avant de dévorer la totalité des 5 tomes traduits**.


Kamakura Diary (海街diary - littéralement "journal d'une ville au bord de la mer"), c'est l'histoire de soeurs vivant dans une maison familiale à Kamakura, une très belle ville au bord de la mer.

Lorsque débute l'histoire, les trois soeurs KÔDA vivent sans leurs parents - elles se prennent en charge elles-même et sont déjà adultes -. Leur père avait en fait quitté la maison après avoir commis un adultère. Leur mère, ensuite, était partie également avec un autre homme, la grand mère devenant avant son décès le pilier de cette maison.

N'ayant plus entendu parler de leur père depuis ce temps, les trois sœurs apprennent avec surprise le décès de ce dernier dans un village lointain. Elles auront alors à se réapproprier et accepter un père dans la vie qu'il avait eu... Et découvriront leur demi-soeur ASANO Suzu à qui l'ainée, Sachi, proposera de venir vivre avec elles.

Kamakura Diary est un manga, adulte, de la sensibilité, ancré dans la réalité du quotidien, un quotidien dont la douleur reste présente. Cette oeuvre choisit de dire les sentiments dans leur justesse, quelque soit la complexité de la situation, en évitant le pathos et le simplisme.



*****

Concernant l'adaptation française, je pinaille sans doute un peu, mais certains choix de traductions m'étonnent :

- Ainsi du T3  avec son "jus sucré ou sur" (deux signes sur l'image - le kanji amai et le kana su - renvoient à des caractères signifiant sucré/doux et acide ) :




- les "tentures" pour parler de rideaux ou tentures de rideaux sans doute (p128_T3)
- les légumes saumurés (en fait pour parler de tsukemono, de "pickles japonais" p48_T5, mot qui commence à être popularisé auprès des amateurs de cuisine japonaise)
- "et tout le Saint Frusquin" (p159_T5), une expression éventuellement surannée et très francophone - ce qui rend quelque peu étrange, voir artificielle, son utilisation dans la bouche de japonais. 

Pour le reste ne boudons pas notre plaisir, l'histoire est belle et bien rendue en français.


*****

* Le dit film est semble-t-il en production et devrait sortir en juin 2015 au Japon. Haruka Ayase jouerait la grande sœur.
** Manga en cours de publication (rythme irrégulier). Il existerait pour l'instant 6 tomes dans la langue de Kawabata (le 6e tome a son adaptation prévue pour mars 2015).

lundi 19 janvier 2015

Ergo Proxy, série animée de Shûko Murase (2006)


synopsis : Dans un futur post-apocalyptique, une créature difforme s’éveille d’un long sommeil et s’échappe du laboratoire secret de Romdo, une cité-dôme sombre qui abrite humains et AutoReivs (des robots) dans une harmonie apparemment parfaite. Un « paradis » isolé où les résidents sont invités à consommer et à jeter sans modération et où le crime n’existe pas, grâce au contrôle presque absolu des autorités. Étant la petite fille du régent de Romdo, Re-l Mayer n’en semble pas moins hostile à ce système. En tant qu’inspectrice des Renseignements, elle est chargée d’enquêter sur un mystérieux meurtre, perpétré par un AutoReiv infecté par le virus cogito. Elle est également l’agent de probation de Vincent Law, un jeune immigrant engagé au traitement des AutoReivs infectés. Entraînée dans une spirale événements hors du commun, elle va tout faire pour tenter de découvrir la vérité…

Réalisée par le studio Manglobe à qui l'on doit le fameux Samouraï Champloo, cette série animée en 23 épisodes comporte une tonalité dystopique et post-apocalyptique : 

Dans ce futur post-apocalyptique, la terre a été dévastée par certaines réactions en chaines issues de l'industrialisation à outrance de matières premières. Rendue inhabitable, les humains se sont retranchés dans dans des villes sous dômes, qui fleurent bien le meilleur des mondes de Huxley ou la cité et les astres de Clarke (dans une tonalité plus optimiste).

Ces citées états sont entretenues par des androïdes intelligents serviables, les autoReivs. Ils sont à la fois une force (pour leurs capacités à maintenir la technologie protectrice) et une faiblesse de cette humanité sous bulle (qui n'a pas pu s'adapter à son nouvel environnement)

Lil (Real) Meyer et Vincent Law, les deux protagonistes principaux de l'histoire, vivent dans la ville de Romdo. Elle est inspecteur et lui un immigrant d'un autre dôme, que l'on devine détruit. Quant un autoreiv, infecté par le virus cogito (qui rend autonome et donne son libre arbitre aux autoreivs), tue un humain, leur univers va basculer. A cela se rajoute la présence de proxy, êtres aux pouvoirs extraordinaires.

Après une mise en place d'un univers intriguant (avec une thématique supplémentaire évoquant ghost in the shell , sur la frontière entre l'intelligence artificielle et humaine), la série change de propos en abandonnant les bases établies pour dériver sur un questionnement assez brouillon de l'identité et de l'individu (sommes nous faits par des causes externes ou internes) au travers du voyage initiatique de Vincent Law et Lil Meyer pour retrouver le passé de ce premier. De nombreux "name dropping" font d'ailleurs référence à des philosophes.

Le rythme de l'histoire n'est sans doute pas assez bien maîtrisé et l'on peut noter quelques lenteurs au milieu de la série avant que des explications tombent sur la fin (sans que tout soit explicité). Le découpage d'un certain nombre d'épisodes est aussi bien confus et l'on abuse des flash backs, retour en arrière à l'intérieur d'épisodes.

Au final une série protéiforme, bourrée de bonnes idées, qui mérite un regard mais manque de maîtrise dans le  rythme et l'histoire.

Il en restera également quelques scènes percutantes (comme celle du quartier autonome, entretenu par les autoreivs, dans l'attente d'habitants qui n'existent pas... Cela m'a évoqué Bradbury également).

A noter une bande son très rock, avec Kiri par Monoral (groupe composé de deux métis japonais -marocain/américains) en ouverture et paranoid android de Radiohead.

mardi 8 octobre 2013

Touch dessin animé adapté du manga de Adachi Mitsuru



Touch est un manga de Adachi Mitsuru (1981 à 1987) et dont l'adaptation  animée (1985 à 1987) comprend 101 épisodes

J'avais vu la version française de cet animé lors de sa première diffusion en France, intitulée " Théo ou la batte de la victoire (sic)". Elle fait disparaître la richesse de sens que comportent les noms des jumeaux en japonais. J'ai ensuite regardé il y a quelques années la version japonaise de ce dessin animé, bien plus élaborée au niveau des voix. J'ai commencé un nouveau visionnage à l'occasion de la lecture, il y a peu, de la version papier (en japonais) de cette oeuvre. Cette chronique comporte certains éléments découverts par le lecteur au fil de l'eau. Donc lisez ceci à vos risques et périls.

Dans la famille Uesugi naquirent deux vrais jumeaux Tatsuya et Kazuya. La même année leurs voisins, les Asakura, donnèrent naissance à une fille, Minami. Leurs parents respectifs s'entendant aussi bien que leurs enfants, ils leurs construisirent une petite pièce pour s'amuser, celle-ci se transformera ensuite en chambre d'étude. Avec le temps les deux frères jumeaux réalisèrent que Minami devenait une femme et un triangle amoureux s'installa sous fond de vie collégienne et de base ball....

Bien qu'ils soient jumeaux, Tatsuya et Kazuya sont de caractères très différents :
Tatsuya n'est pas bon élève et évite tous les efforts, il est un peu effronté, turbulent, mais a une gentillesse intérieure. Un vilain petit canard pas très populaire.
Tout le contraire de Kazuya, sérieux, appliqué, premier de la classe et star de l'école. Il poursuit le rêve de participer au Koshien, le grand tournoi des scolaires, d'abord pour réaliser une promesse faite à Minami, qu'il aime, et enfin parce qu'il s'est passionné pour ce sport.
Minami ressemble sans doute plus à Kazuya, sérieuse et appliquée. Elle est la star féminine de l'école et tout le monde, imagine que ce "couple parfait" sortira bientôt ensemble et se mariera un jour. Mais en fait Minami préfère Tatsuya, lequel s'efface au profit de son frère.

Ce triangle amoureux est assez classique et l'on pourrait en rester là, mais il sera bouleversé par le décès héroïque et soudain de Kazuya, percuté par une voiture en sauvant un enfant.

Tous seront très affectés, et Tatsuya au premier plan. Il se retrouvera progressivement à marcher sur les pas de son frère pour réaliser son rêve interrompu. Il aura aussi à dépasser son sentiment de culpabilité de prendre la place de celui-ci, pour enfin trouver la force de s'affirmer en tant que Tatsuya.

En un sens une analyse psychologique pourrait même être réalisée : Kazuya est l'idéal. Cet idéal ne pouvant être atteint, rien ne sert alors de faire des efforts. Il faut alors voir la disparition de l'idéal pour ne plus faire de comparaisons et se voir avancer.

Au final, malgré mon absence d'intérêt pour le base ball, je me suis surpris à regarder les scènes de sport, en raison de leurs dynamisme et suspens. Et en dehors de ces scènes, il y a un je ne sais quoi dans cette œuvre qui montre la vie telle qu'elle est, un talent d'observation... Sans doute est-ce dû à l'auteur du manga, qui m'évoque parfois Jiro Taniguchi. Le manga vaut ainsi également le détour, bien qu'il colle assez au texte.



Alors pour qui ? Pour les amateurs de mangas de sports, sans que cela soit exclusif. Pour les amateurs d'histoires bien tournées, attachés par un certain réalisme des sentiments.

jeudi 12 septembre 2013

Un condensé de quelques billevesées en perspectives...



"Les millers, une famille en herbe" (we 're the millers) : une bonne petite comédie, assez classique malgré une situation de départ un peu iconoclaste. on rit des situations absurdes dans lesquelles sont poussées une fausse famille en van après avoir volé des trafiquants d'herbe... Les acteurs sont parfais dans leurs rôles dont Jenifer Aniston et le surprenant Tom Sisley en méchant de service.


Les ailes d'honnéamise : mes souvenirs était un peu plus beau que cette nouvelle "séance". Dans ma mémoire l'aspect religion - péché - n'était pas aussi présent, mais nous avons un beau voyage nippon façon l'étoffe des héros.

Pacific rim... Les diverses chroniques lues à droite et à gauche sur ce film ont toutes raisons sur diverses faiblesses, mais elles n'ont pas entrainé chez moi de déception. Nourri aux fictions américaines et japonaises, j'ai beaucoup aimé le film pour tous ses clichés - parfaits selon moi dans ce genre de film... un petit retour en enfance... 

Jobs... Le film est bien tourné, mais je n'ai pas grand chose à dire dessus. Il est intéressant de voir que l'on réalise une biopic non pas sur un chanteur mais un capitaine d'industrie... Le film passe peut-être un peu trop vite sur la reprise en main d'Apple par Jobs, alors que ce point était vraiment intéressant.


Une chanson qui me transporte en ce moment et me donne un peu de courage : haruyo koi, une chanson de Yummin qui a eu de nombreuses covers (musique classique, version anglaise, ect) :







jeudi 7 mars 2013

pluto de naoki urasawa - T3


L'auteur continue avec brio son histoire dans l'univers d'Ozamu Tezuka. De nouveaux personnages font leur apparition et l'histoire semble se mettre en place, atteindre une vitesse de croisière. Ce nouveau tome m'apparaît parfaitement maîtrisé dans sa lisibilité graphique (j'avais un petit bémol dans le tome 1) autant que dans son scénario, empreint d'humanisme.

Il appuie l'ambiance de ce futur  avec quelques touches bien réparties : les couloirs séparés pour les humains et les robots, le fait qu'Ura, la soeur robot d'Astro soit une empathe (paradoxe), que l'intégration de robots intelligents en tant que "personnes" ne se fera pas sans mal -le racisme n'est pas loin et l'humain a tôt fait d'opérer des distinctions. Quelques problèmes sociétaux sont évoqués : les robots deviennent des "cols bleus" corvéables qui de fait prennent la place de la main d'oeuvre peu qualifiée.

Naoki Urasawa dresse ainsi dans ce tome 3 le portrait d'une société comportant de grandes tensions sous-jacentes, voir au bord de bouleversements, dans le cadre de laquelle, l'enquête progresse sur la fin avec de nouveaux indices.

"- Moi je pense que les robots et les humains se rapprochent de plus en plus, et cela n'entraîne pas que des bonnes choses. [Epsilon, d'Australie]
- C'est à dire ? [Hercule]
- Moi je pense que ce ne sont que les premiers germes et il faut les détruire ?
- les premiers germes ?
- les germes d'une haine qui provoquerait une réaction en chaîne."

mardi 6 septembre 2011

Lupin le troisième

Arsène Lupin - le gentleman cambrioleur - est un personnage de fiction inventé par l'écrivain Maurice Leblanc (1864-1941). Séducteur mais faillible, hésitant entre aristocratie et plèbe...

Lupin dit le 3e ("lupin san sei"), car petit fils d'Arsène Lupin, est une invention de l'auteur de mangas Kazuhiko Kato sous le pseudonyme de Monkey Punch. Ses aventures furent relatées pour la première fois dans la revue "Manga Action Weekly" entre 1967 et 1969 (94 numéros).

Le succès de la série permis ensuite le développement de ses aventures en animation (TV, AOV, cinéma), notamment dans trois séries télévisées :
- Série 1 de 1971 à 1972 (23 épisodes);
- série 2 de 1977 à 1980 (155 épisodes);
- série 3 de 1984 à 1985 (50 épisodes).

La deuxième série de Lupin le troisième fut partiellement diffusée en France à la télévision sous le titre "Edgard de la cambriole (sic)" ou "Edgard détective voleur (sic)", pour des raisons de droits d'auteur avec les descendants de Maurice Leblanc.

Cette diffusion tronquée (52 épisodes sur les 155 de la série n°2)  et son adaptation (les noms ridicules dont sont affublés certains personnages comme "goemon yakitori", le casting des voix et les expressions utilisées par les personnages) ne rendent pas justice à une excellent série, laquelle constitue un formidable hommage à l'oeuvre de Leblanc.

La première série est sans doute un peu plus proche du manga et un peu plus sérieuse, nostalgique. La seconde semble plus équilibrée. La 3e série, avec un côté "cartoon" est décevante. Penchons nous un peu plus sur cet univers.
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Lupin le IIIe possède quelques points communs avec son "ancêtre": c'est un voleur qui ne s'en prend qu'aux riches (ou banques bien pourvues), possède une certaine classe et un bon coeur.

Il est par contre un peu moins séducteur que dragueur, et certainement moins doué qu'Arsène dans le domaine. L'univers de Lupin le IIIe possède en fait un soupçon de sensualité qui rajoute un peu de piquant et évite l'infantilisme de certaines séries.

Le héro échoue également dans certaines de ses entreprises de "dépossessions" d'autrui mais fait contre mauvaise fortune bon coeur.

D'autres éléments font un peu penser à James Bond ou Fantomas: il voyage à travers le monde et utilise moult déguisements ou gadgets pour arriver à ses fins tout en faisant face à ses divers ennemis.

L'ambiance qui se dégage de cet univers est servie par la musique extraordinaire d'ÔNO Yûji (son site officiel ici), aux influences jazzy, à (re) découvrir sur youtube:

"super hero":




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L'un des éléments de son succès est l'équilibre procuré dans la narration par les personnages récurrents de la série car Lupin n'est pas un héros solitaire (et cela offre la possibilité au spectateur de s'identifier à des personnages bien différents).

Jigen: le garde du corps et ami de toujours, est le tireur d'élite. Chapeau vissé sur le crâne et barbe mal taillée, assez laconique. Il apporte sans doute une couleur américaine de roman noir, assez bluesy.

Goemon: le samouraï japonais, rônin au sabre forgé dans un métal incassable (lequel peut découper toute sorte de métal). Dans la première série il constitue un adversaire (non un ennemi), mais sa position va évoluer à partir de la 2e série. Il constitue un contrepoint moral en réprouvant certaines manières de faire et représente la tradition japonaise. Ce qu'il apporte dans la série est une sorte de nostalgie du passé assez romanesque.

Fujiko: l'aventurière, voleuse professionnelle et souvent rivale de Lupin. Ses relations avec Lupin, qui l'idolâtre, sont un peu troubles. Une belle femme aux formes généreuses. Elle est passée maître dans l'art du déguisement. Elle apporte une touche féminine et une forme de sensualité, l'éros de  la série (la voix sensuelle de la série originale est parfaite pour ce rôle).

Zenigata keibu (l'inspecteur Zenigata):
"némézis" de Lupin, il lui colle systématiquement aux basques. Au début il travaille pour la police japonaise mais est ensuite affecté à interpol avec la mission exclusive de pourchasser lupin dans le monde entier. Infatigable dans sa traque du voleur, son courage et sa volonté inébranlable compensent son manque de subtilité. Habillé d'un pardessus fatigué. Sa fonction dans la série est de procurer un adversaire tenace mais sympathique de Lupin.

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L'image déformée que véhicule le manga japonais en France et ses déclinaisons animées est en partie due à une traduction ou adaptation laissant parfois désirer. Cet article est un occasion pour partager un coup de cœur sur une œuvre bien plus intéressante que sa traduction partielle actuelle.

Lupin le troisième est ainsi une œuvre qui mériterait d'être redécouverte par le biais de la traduction des mangas originaux de Monkey Punch et une nouvelle adaptation de ses déclinaisons animées (je pencherais plutôt sur un sous-titrage de qualité qu'un doublage qui nécessiterait de porter une grande attention aux voix des personnages), notamment la première (non encore traduite) et deuxième série TV. Ces traductions se devraient de respecter les noms originaux.

A noter "le Château de Cagliostro", film d'animation de Hayao Miyazaki sur Lupin III sei. Ce film a été diffusé il y a quelques années dans l'étrange festival et comporte trois versions doublées.

Article précédemment publié sur tabi.

dimanche 12 juin 2011

pluto de naoki urasawa - T2



Quatrième de couverture =  Les forces de police sont en émoi : une nouvelle victime a été retrouvée. Il s'agit, cette fois, d'un juriste qui est l'un des initiateurs de la loi internationale sur les droits des robots et tout laisse penser que avant de mourir il allait contacter le professeur Ochanomizu du ministère des sciences. Pendant ce temps, l'inspecteur Gesicht qui poursuit sa tournée des robots les plus puissants de la planète, rencontre un robot à l'apparence d'un petit garçon ? qui, Gesicht le devine tout de suite, est bien plus perfectionné qu'il ne l'est lui-même. Il se prénomme Astro...

La menace se précise sur les humains artisans des droits des robots et sur les modèles les plus évolués. Si l'enquête avance lentement, nous découvrons le passé de ce monde, tandis que les robots essayent de surmonter leurs traumatismes post-conflits. Le célèbre Astro apparaît avec un dessin plus réaliste que l'original.

Dans ce monde, la perfection robotique passe par l'imitation de l'humanité : sur cette voie, il arrive des moments où la sensation d'imitation  des sentiments disparait pour ne laisser que les sensations et émotions brutes. Les robots évoluent ainsi vers une intelligence émotionnelle. Elle n'est pas sans apporter son lot de questionnements sur le sens de l'humanité et ses débordements.

Un excellent deuxième tome qui confirme la qualité de cette série. On croise les doigts pour la suite.

mercredi 11 mai 2011

pluto de naoki urasawa - T1


Quatrième de couverture =  Dans un monde futuriste où les robots vivent comme des humains, des crimes mystérieux se succèdent. Des robots et des chercheurs renommés sont assassinés dans des circonstances très étranges. Toutes les victimes sont retrouvées avec un ornement en forme de cornes sur leur tête. Gesicht, un inspecteur robot, est chargé de l'affaire. Il découvre que les victimes sont des vétérans du dernier conflit d'Asie centrale, et que les robots visés sont les sept robots les plus puissants de la planète, dont il fait lui-même partie ! L'inspecteur Gesicht part alors à la rencontre des personnes et robots menacés pour tenter de les protéger du danger.

Contrairement à ce que pourrait suggérer le titre de ce blog je lis assez peu de mangas (1). Cependant la lecture du tome 1 de Pluto, série SF, est une vrai bonne surprise.

Le premier volume, découpé en épisodes (structure classique du manga) apporte  par petites touches des informations sur l'univers de l'œuvre et sur l'intrigue. Le dessin est au service du texte, mais les scènes ne sont pas toujours très claires (2).

Le héros, Gesicht, est un enquêteur chargé de découvrir l'auteur d'un meurtre sur un robot et un humain : dans ce futur relativement proche, les robots dotés d'intelligences artificielles sont émancipés et soumis à une interdiction de faire du mal aux humains, à l'instar des lois de la robotique d'Isaac Asimov. Les modèles les plus perfectionnés, dont Gesicht fait partie, ressemblent à s'y méprendre aux humains.

Ces robots sont sujets aux émotions et peuvent pour certains faire des rêves. Ils ont une famille et/ou des projets, tel le robot North 2, ancienne machine de guerre qui voudrait devenir musicien.

Sur les lieux des crimes, aucun indice ne mène à l'auteur. Un humain ? Pourtant il faudrait une force surhumaine. Un robot ? Pourtant les robots sont soumis à l'interdiction de faire du mal. Les recherches de Gesischt vont l'amener à rendre une visite à un robot en prison, connu pour être le seul meurtrier d'un humain... Le mystère s'épaissit.


L'œuvre en question ici, basée sur un personnage de la série Astro d'Osamu Tezu, interroge au final sur la notion d'humanité (à partir de quand et sur quels critères une intelligence devient autonome et sujet de droit) et de respect des différences.

Cette tendance représente un peu l'image que porte le robot dans la fiction japonaise, bien différente de celle de la littérature occidentale, très souvent marquée par la notion du péché de l'homme qui se prend pour un dieu créateur (la créature se rebellera souvent contre son maître  (l'île du docteur moreau ou le Docteur Frankenstein...)

Au final, une excellente rencontre à conseiller...




(1) principalement des "yonkoma" (c'est à dire des "strip" issus des journaux à l'instar de Mafalda, Snoopy, Garfield...)  relatant le quotidien de la vie japonaise : sazae san, crayon shinchan, atashinchi, peesuke...
(2)  je pense à la discussion entre le héros et un gardien de prison à propos de la difficulté à distinguer les robots des humains.