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samedi 21 avril 2018

Brève chronique : Spectral, film réalisé par Nic Matthieu (2016)



Synopsis : En Moldavie plongé en pleine guerre civile, une unité de la SEAL Team 6 est anéantie durant sa mission dans la capitale Chișinău par des entités à l’apparence surnaturelles extrêmement dangereuses. Une unité spéciale de la Delta Force dirigée par la CIA est envoyée enquêter sur ces entités accompagnée d'un scientifique de la DARPA pour aider à comprendre le phénomène.

Spectral : quand l'ami netflix nous fournit en drogue et flatte nos mauvais penchants, cela donne spectral, un film de série B  bien fun - louchant sur le Aliens de James Cameron - où des marines sur-entrainés vont se retrouver face à des "spectres" et obtenir de l'aide d'une  sorte de Mc Guyver de l'équipement militaire.

Alors tous les clichés des personnages au scénario y sont, mais "c'est ça qu'est bon" comme dirait un ami. 

dimanche 7 mai 2017

King kong contre godzilla (1962)



King Kong contre godzilla, sort en 1962 dans les salles japonaises dans un contexte bien différent du premier opus (1954*)  : avec une croissance économique favorable (jimmu boom 56-57, iwato boom 59-63), la reconstruction du Japon est achevée et le pays se prépare à recevoir les jeux olympiques dans quelques années (1964).

Pendant cette période, l'heure est à l'optimisme et la société japonaise autant que son paysage urbain, va être profondément modifiée avec pèle mêle la (re)découverte de la consommation et des médias, ce qui va influencer Honda Ishirô, de nouveau aux commandes de la réalisation du troisième opus de la franchise**.

A l'occasion du premier film en couleur du kaiju, Godzilla affronte King Kong, dont les droits d'utilisation ont été achetés par la Tōhō à la RKO Pictures***.

Honda continue de tracer ce qui fera l'ADN de la licence, avec une critique sociale et ce mélange de points de vues micro et macro alternés ou la difficile résistance humaine face à des forces qui dépassent l'entendement.

A cette époque, le Japon a pris de l'ampleur et les médias aussi. Ce qui est important est d'être amusant, intéressant, original, pour avoir un bon taux d'audience. Si l'audience suit, les sponsors suivront.. 

- Attention spoilers-
La première scène s'ouvre ainsi sur une émission scientifique sponsorisée par une société, "Pacific Pharmaceutics", dont le producteur déplore la baisse d'audimat (générant l'argent des réclames, fondement de la consommation).
Bien vite, le présentateur fait part de l'observation par un sous marin américain d'un phénomène étrange en Antarctique...

Une autre scène dévoile un repas en famille... Le Japon est tout à son bonheur retrouvé et son insouciance... Les gens sont désœuvrés et l'effroi se regarde par la petite lucarne : ainsi la scène de transition avec le tigre dans la TV est un régal.




Mais l'avidité va encore une fois faire courir le Japon (et le monde) à sa perte : cette course à l'audimat  incite le sponsor à financer une expédition TV vers l'océan indien, pour du sensationnel, suite à la rumeur de l'existence d'un animal géant.

Image d'une version remasterisée au Japon pour le blu ray

Et bientôt va émerger l'idée de mettre en présence les deux monstres sacrés... sans envisager que tout puisse mal tourner...

Sur un scénario plutôt intelligent dans son genre, le film conserve esthétiquement une grande fraîcheur et la couleur met en valeur les architectures extérieures ou intérieures des décors.





Godzilla contre King Kong immerge aussi le spectateur nippon de l'époque dans un exotisme qui n'est pas sans rappeler celui des îles hawaïennes ou caribéennes des années 50 pour les américains, avec cette île tropicale lointaine habitée par des sauvages vénérant un Dieu géant. Honda en profite pour les faire danser sur une musique tribale avec des choeurs -évoquant parfois un péplum - censée apaiser King Kong.


Image d'une version remasterisée au Japon pour le blu ray





Le réalisateur nous propose alors quelques scènes qui évoquent Gulliver et son voyage à Lilliput.

En matière d'effets spéciaux, l'utilisation de dioramas, modèles réduits et acteurs en costumes,  sont bien employés et montrent le savoir faire de la Toho pour l'époque.

Une des caractéristiques intéressantes de ce film est qu'il représente encore Godzilla comme une force négative -née de la folie nucléaire-, avant que sa place évolue dans les films suivants. Alors moins populaire au Japon que King Kong, censé représenter le règne animal, le kaiju semble mis en échec :  l'oeuvre s'achève ainsi sur une fin ambiguë, sans "vainqueur".

Le jeu des acteurs en costume appuie cette ligne de conduite : King Kong est humanisé, hésitant quand à son action. Godzilla est plus froid, pas encore anthropomorphisé - comme dans le cas de Godzilla contre Hedora.


En conclusion, j'ai adoré ce film  pour son scénario**** et son esthétique. Il plaira certainement aux amateurs des anciens films du kaïju. 


* la comparaison entre les thématiques du premier et troisième opus mettent vraiment en lumière l'évolution de la société en quelques années. Ainsi du rôle des médias : vecteur vertueux d'information des citoyens dans le premier opus à une omniprésence du divertissement dans le troisième.

** Il en réalisera 8.
*** ce film restera d'ailleurs longtemps dans les annales comme un des plus gros succès en salles de la franchise.
**** En tout cas le scénario est plus consistant que celui de shingodzilla.

vendredi 26 septembre 2014

Métamorphoses réalisé par Christophe Honoré (2014)


    Synopsis : Devant son lycée, une fille se fait aborder par un garçon très beau mais étrange. Elle se laisse séduire par ses histoires. Des histoires sensuelles et merveilleuses où les dieux tombent amoureux de jeunes mortels. Le garçon propose à la fille de le suivre.

Je dois avouer ne jamais oser aller voir les œuvres avec un tel synopsis, mais emporté par un mouvement de foule (opéré par un ami) vers une salle obscure qui le projetait, j'ai découvert un film  qui m'a intéressé (alors que cet ami a finalement détesté).

Métamorphoses est une interprétation filmée des métamorphoses d'Ovide, poème de près de 12 000 vers, racontant de nombreuses légendes grecques, lesquelles présentent les métamorphoses des dieux ou des mortels de la mythologie.

Le film est un digest de tout cela et le réalisateur prend le parti de placer son histoire à l'époque moderne. Les mythes fondateurs de notre civilisation européenne s'entremêlent ainsi avec la vie dans une citée et dans la nature aux alentours.

Ses acteurs - pour la plus part débutants -ont une certaine fraicheur (dans leur jeu d'acteur au moins) et se mettent tous à poils (de jolies fesses parfois)... Les répliques auraient pu être plus travaillées.

Malgré le parcours initiatique d'Europe qui constitue un fil rouge dans le digest du poème d'Ovide, il en reste un côté un peu foutraque, caractérisé par une succession de tableaux de mythologie, fort beaux pour certains toutefois... Ainsi le film est sans doute trop long de 20 minutes.

Pour conclure, j'ai pris du plaisir à regarder des tableaux d'épisodes des légendes grecques et romaines d'un film au concept intéressant, un peu trop long et sans doute pas totalement maitrisé.

dimanche 22 juillet 2012

un lent boogie.. (maj)



Slow na boogie ni shite kure* (suroo na bugi ni shite kure) est un film de 1981 réalisé par Toshiya Fujita d'après un roman  de Yoshio Kataokoa.


Atsuko asano joue le rôle de Sachine, une jeune fille un peu sauvage, comme un chat errant, partagée entre un petit ami biker Goro (rôle tenu par Masato Furuoya) et un homme d'âge mûr (rôle tenu par  Tsutomu Yamazaki ) vivant une sorte de triangle amoureux compliqué.

L'histoire est assez classique dans l'univers nippon : celui de jeunes révoltés qui auront à acquérir une certaine maturité pour s'insérer dans la société. En tant que spectateur, j'ai parfois eu l'impression de coupes ou de liens manquants par rapport à une histoire originelle (que je ne connais pas bien sûr), à l'instar de l'aversion du personnage tenu par Tsutomu Yamazaki pour la caméra que je n'arrive pas à comprendre. Le territoire est plus vaste que le territoire...

Toutefois l'histoire est intrigante et nous suivons l'évolution des personnages avec plaisir, observons une mise en scène élaborée (les couleurs de l'image, les objets de chaque scène...).

Le film comporte également un certain charme indéfinissable, sans doute en partie dû à sa musique...

Pour les Japonisants / Atsuko Asano sera plus tard connue pour 2 téléséries à succès : 101 me no puropose (la 101e demande en mariage) et papa ha new caster (mon papa est un présentateur du JT).
Tsutomu Yamazaki fut un des acteurs fétiches d'Itami Jûzô, le réalisateur de Tampopo Ramen.






* "passe nous un lent boogie" - traduction libre.
Article publié  également sur tabi.over-blog.com

jeudi 18 août 2011

Conan, de Marcus Nispel (2011)


Une activité professionnelle modérée au mois d'aout m'aura offert l'occasion d'aller voir le nouveau Conan, réalisé par Marcus Nispel et avec Jason Mamoa dans le rôle titre (sortie 17/08/2011).

*****

Concernant la séance au cinéma, le choix de la 3D est à éviter : écran trop sombre avec les lunettes, rendant la visibilité des scènes difficile, ou bien un écran clair sans elles, mais brouillé à intervalles réguliers, lorsque la fameuse 3D est en jeu. Mieux vaut donc s'en passer (1) et trouver une salle traditionnelle (si le film existe en 2D).

Ensuite, une remarque s'impose : à l'encontre de certains prescripteurs affirmant qu'un film doit s'analyser uniquement pour lui-même, il me semble que l'on ne peut s'absoudre d'étudier les rapports avec l'œuvre dont le film est issu.

De fait, le film respecte-t-il l'esprit de l’œuvre littéraire de Robert E Howard? On peut le penser avec les personnages et décors (en tout cas bien plus que le film de John Millius), même si j'ai quand même quelques réserves sur certains costumes un peu baroques, qui m'ont vraiment fait penser à Mad max. 
Pour la trame narrative, je serais plus réservé, mais l’œuvre originelle étant composée de nombreuses nouvelles et d'un unique roman, il est difficile d'attribuer telle ou telle partie du film à l'une de ces histoires. N'ayant pas retrouvé d'emprunts littéraires à ce sujet (mais je peux me tromper), le film a plutôt l'air d'avoir innové.

Sur "l'objet film", en tant que tel, après un bon début sur l'enfance de Conan, force est de constater que nous nous trouvons dans une série B "moderne" à gros budget, c'est à dire excessivement rythmée, avec des flots de sang et un peu de cabotinage de la part du grand méchant ou du héros (ce dernier s'explique trop - revenons brièvement aux rapports avec le personnage littéraire - merde, c'est Conan !). En outre, alors que nous attendons un final "pyrotechnique", la dernière scène apparait assez poussive (le masque des nécromants s'anime un chouilla, les combats sont un peu poussifs - de fait, une scène antérieure opposant Jason Momoa à des guerriers de sables apparaît plus crédible).

Souhaitant ne pas trop se mettre à dos les fans de Conan d'un côté et amener de nouveaux spectateurs avec un savoir-faire moderne en "action movie" de l'autre, il reste l'impression globale d'un film hésitant, victime de l'absence d'une personnalité forte pour imposer une direction à cette œuvre, quitte à prendre du recul avec Howard : le film de John Millius, si décrié par certains quant à ses rapports avec le matériel original, avait quand même de la gueule. 

Cette absence d'ambition se ressent aussi dans la musique de film, elle le sert mais sans génie.

Si une suite est programmé au premier opus, reste à espérer qu'une forte personnalité se dégagera pour une reprise en main.

Alors pour qui ?

Si les fans du Conan littéraire ou de celui de John Millius seront déçus, les amateurs de série B apprécieront (à voir au cinéma ou en DVD avec potes, commentaires et pop-corns en supplément).

PS : je pense que tous les fans de Conan devraient aller voir le film, afin de se faire leur propre opinion à ce sujet.

(1) il est à noter que la moitié des spectateurs autour de moi n'avaient pas lunettes 3D.

lundi 20 juin 2011

Buta ga ita kyôshitsu de Tetsu Maeda



La classe qui éleva un cochon est un film de 2008, basé sur un documentaire de 1993. Il relate l'expérience socio-éducative d'un professeur de dernière année de primaire (la 6 au Japon) qui proposa à sa classe d'élever un cochon pour éventuellement le manger à la fin de l'année scolaire. Le film retrace l'apprentissage démocratique des enfants concernant leur décisions à propos du cochon et tous leurs questionnements sur les animaux élevés pour être mangés, sur la différentiation du regard avec les animaux domestiques.

Sans être révolutionnaires, la réalisation et le jeu des acteurs se mettent efficacement au service de l'histoire dans un monde de plus en plus déconnecté de ce que nous mettons dans notre assiette.

Un film essentiel pour sa réflexion.

Lien IMDB.

PS : Passé récemment sur la TV japonaise, le film doit bien se trouver en version sous-titrée anglo-saxonne...

vendredi 15 avril 2011

Le discours d'un roi - réalisé par Tom Hooper



Synopsis = D’après l’histoire vraie et méconnue du père de l’actuelle Reine Elisabeth, qui va devenir, contraint et forcé, le Roi George VI (Colin Firth), suite à l’abdication de son frère Edouard VIII (Guy Pearce). D’apparence fragile, incapable de s’exprimer en public, considéré par certains comme inapte à la fonction, George VI tentera de surmonter son handicap grâce au soutien indéfectible de sa femme (Helena Bonham Carter) et d’affronter ses peurs avec l’aide d’un thérapeute du langage (Geoffrey Rush) aux méthodes peu conventionnelles. Il devra vaincre son bégaiement pour assumer pleinement son rôle, et faire de son empire le premier rempart contre l’Allemagne nazie.









Ce film ne révolutionnera pas le cinéma pour les différentes tribus de cinéphiles par son sujet - la petite histoire dans la grande histoire- ou son traitement. Mais la réalisation est excellente et les gueules d'acteurs en présence restent incroyables. On est bien loin du clonage hollywoodien et ça, c'est formidablement reposant.

Conclusion : une excellente face B de cinéma.

dimanche 19 décembre 2010

A drift in Tokyo (2007) - réalisé par Satoshi Miki


Takemura Fumiya, sans famille ni ami, est un étudiant qui se laisse vivre et dépense le peu d'argent qu'il possède dans des pachinkos. Aiichiro Fukuhara, un "briseur de pouces" chargé de récupérer l'argent emprunté auprès de certains "organismes," vient lui rendre visite et lui donne 72 heures pour rembourser les 800 000 Yens * qu'il a emprunté.

Cependant, quelques jours plus tard, il lui propose de l'accompagner  en promenade dans Tokyo en échange de quoi il lui donnera de quoi rembourser sa dette : Aiichiro a en effet décidé de se livre à la police, but de ce trajet, après le décès accidentel de son épouse lors d'une dispute. Takemura trouvera l'occasion de se créer des liens et une histoire.

La promenade dans Tokyo prendra ainsi l'allure d'un voyage initiatique pour nos deux personnages, lesquels rencontreront lors de leur pérégrination des personnes originales et touchantes.

Sans pouvoir affirmer être en présence d'une œuvre exceptionnelle, le film se classe dans le groupe "face B", genre de films plaisants et sans ambition majeure, que l'on prend plaisir à revoir quelques années après.

A drift in Tokyo (ou tenten en japonais) de l'excellent Satoshi Miki**, est réalisé avec des acteurs récurrents de ses œuvres, à commencer par l'un des premiers rôles Odagiri Joe (Takemura Fumiya).

* vers 7500 €.
** également le réalisateur de deux téléséries assez jouissives (jikô keisatsu et atami no sôsakan). A noter que le film contient un clin d'oeil à jikô keisatsu, à travers la présence furtive de l'agent de police Mikazuki.