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jeudi 9 novembre 2023

La griffe du passé réalisé par Jacques Tourneur (1947)

 


début de synopsis (wiki) : Jeff Markham est pompiste dans une petite ville. Il est abordé par un homme qui se révèle une de ses anciennes connaissances. L'homme déclare à Jeff que Whit Sterling, un ancien employeur, a retrouvé sa trace et entend bien se faire payer une dette que Jeff a envers lui.
Afin de poursuivre la découverte des réalisations de Jacques Tourneur, un ami m'avait prêté quelques temps ce film dans une édition de Renée Château vidéos. Le DVD, assez rare, n'a pas eu d'autres éditions à ma connaissance. Si je me trompe n'hésitez pas... Le DVD ne possédait pas de bonus et le film ne semblait pas restauré.

A côté de sa trilogie de films fantastiques, Jacques Tourneur a réalisé quelques westerns et films noirs dans sa période américaine.

La griffe du passé (out of the past), film réalisé en noir et blanc en 1947, réunit à l'écran Robert Mitchum, dont ce fut le premier rôle principal, et Kirk Douglas pour les rôles masculins, et Jane Green, Rhonda Flemming dans les rôles féminins. En 96 minutes, Tourneur nous dévoile une histoire qui comporte tous les attributs du film noir : le Détective privé cynique, la femme fatale manipulatrice, les antagonistes rusés,  tout ce monde porté vers un destin tragique.

Adapté d'un roman de Daniel Mainwaring "Build my gallows high", l'histoire aurait des similitudes avec le Faucon Maltais. Le directeur de la photographie est Nicholas Musuraca, le même que sur La Féline...

Un film à voir pour les amateurs de films noirs emblématiques.

lundi 5 décembre 2022

Les voyageurs du crime






Un vendredi, je fus en route pour découvrir le théâtre des papys trublions, qui ne font plus de la résistance depuis longtemps, mais peuvent pousser au crime...

Lorsque Conan Doyle et son ami Bernard Shaw montent précipitamment dans l'Orient Express à la suite de désordres civils en Turquie, cela ne peut que mal finir...


Si toi aussi tu apprécies de regarder en charentaises les vieux épisodes de Sherlock Holmes ou poirots, plus généralement les vieux whodunit -même un peu abracadabrants- cette pièce sera pour toi.

Il y a bien quelques vociférations théâtrales parfois difficiles à suivre, mais aussi des bons mots, du rythme et une chute amusante, que nous tairons.

Les voyageurs du crime, est une pièce d'un cycle de trois, succédant au cercle de Whitechapel et précédant un futur opus dans la même veine. 

Les prestations des acteurs jouant Bernard Shaw (servi par des répliques caustiques assez drôles), Conan Doyle et Bram Stoker auront été très plaisantes ...

dimanche 16 mai 2021

Sherlock Holmes en toutes lettres

Sherlock Holmes en toutes lettres est un ensemble de 5 nouvelles aux éditions Payot Rivages Noir, issu d'un recueil compilé par Otto Penzler de 2015 (The big book of Sherlock Holmes stories). Cet ouvrage présente des "holmeseries", ces pastiches, inspirations, curiosités en forme d'hommage au canon holmesien. et dont les histoires s'inspirent de certains aspects de l'œuvre originale.





Le reclus Brun de David Gruss (aka l' auteur de la nuit du chasseur)  est une forme d'hommage étrange et atypique au grand détective où la nature réelle ou fictionnelle de Sherlock Holmes est incertaine pour le lecteur qui suit le témoignage à la première personne de la narratrice et dévoile l'auteur du crime dès le début à l'instar d'un columbo.

Zolnay le trapéziste de Rick Boyer est plus conventionnel mais sans doute le pur, le plus honnête dans ses intentions, avec des recherches historiques des faits divers de  l'époque, augmentant le sentiment d'immersion dans le Londres holmesien. Les dialogues entre Holmes et Watson sont sans doute un peu en deçà de ce que l'on pourrait attendre de ces héros.

L'aventure du locataire de Dorset Street de Mickaël Moorcock, auteur que l'on ne présente plus, est assez original dans son genre, imaginant un déménagement temporaire de notre duo, le temps de travaux au 21st Baker Street. Où, changeant de quartier, l'observation d'un américain arrivé récemment des Etats-Unis d'Amérique, va initier une nouvelle enquête de Sherlock Holmes. Assez sympathique et dans le canon, sans doute.

Meurtre en musique d'Antony Burgess (Aka l'auteur du roman Orange Mécanique) explore la passion de Sherlock pour la musique et sa composition. Les musiciens auront sans doute quelques clés d'entrées supplémentaires car Burgess était également compositeur. Nouvelle où l'on apprend que pour le célèbre détective, l'art serait plus important que la morale. je ne saurais dire si cette assertion est conforme au caractère canon du locataire de Baker Street, mais c'est en tout cas original...

mardi 4 février 2020

Animé Holmes of Kyoto (2018)

Holmes of Kyoto
(京都寺町三条のホームズ, Kyōto Teramachi Sanjō no Hōmuzu)
Série animée de 12 épisodes (2018)
Adapté de Lights Novels de Mai Mochizuki

Holmes of Kyoto, inspirée par le célèbre détective Sherlock Holmes, sera une bonne surprise pour un amateur des detective Novels de Conan Doyle.

Pour certaines raisons Aoi Mashiro, jeune lycéenne, hésite à vendre des rouleaux d'estampes apparemment  antiques de son grand-père et rentre dans le magasin d'antiquités "Kura" à Kyoto pour les faire évaluer. Elle sera accueillie par un jeune commissaire priseur, Kiyotaka Yagashira , petit fils du propriétaire de ce magasin, lequel est connu dans ce quartier de Kyoto, autant pour ses compétences sur les antiquités que pour ses qualités dans l'analyse déductive chère au célèbre détective de 21 Baker Street.

Le talent de l'auteur du matériel originel Mai Mochizuki, est d'avoir su établir le déroulement de ses intrigues dans la ville de tradition nippone par excellence, et de les faire tourner (le plus souvent) autour de l'analyse d’œuvres et de leur sens, de la question de leur authenticité. 

Tout cela en prenant comme moteur la passion japonaise pour le kottôhin  (こっとうひん - 骨董品), traduction littérale pour antiquités. Le Japon a en effet un rapport particulier avec les choses anciennes, et - s'il fait moins cas de la conservation des immeubles (qui avec les tremblements de terre sont traditionnellement moins protégés), apporte un soin particulier aux objets (ie biens mobiliers corporels anciens) et à leur transmission.

Avec une légère digression supplémentaire, le Japon a développé ainsi une technique particulière de réparation de porcelaines ou céramiques le Kintsugi (金継ぎ).


 
Cette transmission suscite certaines passions comme une émission japonaise Kaiun ! nandemo  kantei dan (開運!なんでも鑑定団 -かいうん!なんでもかんていだん) qui fascine les téléspectateurs, et où des gens peuvent venir faire expertiser leurs objets de valeurs par des spécialistes reconnus, ou comme la dépense par certaines personnes de l'argent de leur retraite pour certains de ces objets (avec des ambitions de posséder du beau et de se constituer un patrimoine)... Qui peuvent se révéler être faux ou des reproductions (parfois anciennes) mais de moins bonne qualité que celle affirmée lors de la vente. Il y aurait en effet pas mal d'escroqueries autour.

Cette parenthèse mise de côté, l'oeuvre réussit à dépeindre un "Holmes" pétrit des bonnes manières de Kyoto, utilisant une méthode analytique des faits, interprétés par ses connaissances, mais se laissant parfois aller à une analyse psychologique d'antagonistes que ne renierait pas Hercule Poirot, peut-être.


Les intrigues présentées s'insèrent ainsi parfaitement dans l'ancienne capitale japonaise et ses traditions anciennes, amenant à concevoir cette ville comme un personnage à part entière. Dépassant le cadre des spécialistes d'objets anciens, l'auteur amènera, dans une forme d'hommage ou clin d'oeil, son héros à faire une incursion dans le detective novel le plus classique.


Bien touchante et délicate est aussi l'évolution de la relation entre les deux héros, pour finir par un "tsuki ga kirei yo" ("La lune est belle"... Pour ceux qui se demandent le sens que peuvent cacher ces paroles...Une petite recherche sur internet...)


Toute aussi passionnante sera l'opposition récurrente entre deux forts caractères, notre Holmes Kyotoïte et son Moriarty local, en la personne d'Enshô, ancien moine Bouddhiste et copiste de génie.


mercredi 12 septembre 2018

Blood rain réalisé par Kim DAE-SEUNG (2005)



Synopsis : En 1808, l'enquêteur Wong Gyu est envoyé sur une île située au large des côtes coréennes. Chargé au départ d'élucider un incendie criminel, il se retrouve à enquêter sur une série de meurtres. Personne ne semble vouloir coopérer et Wong Gyu prend rapidement conscience de la complexité de cette affaire, notamment liée aux us et coutumes des habitants de l'île... 

blood rain, commençant comme un detective novel classique (à l'instar d'un 10 petits nègres d'Agatha Christie), sur une série de meurtres révélant une vengeance, dérive vers une critique sociale féroce d'une époque avec une réalisation qui ne nous épargne pas les scènes gores. Par certains côtés cette excentration de l'intrigue dans une île lointaine, évoque beaucoup les romans du japonais Seishi Yokomizo.

Le film est une réussite par ses décors, ses acteurs, son scénario. Un très bon film d'époque mais à la réalisation un peu trop crue pour moi sans doute...

Les Bonus de cette édition sont aussi très intéressants : présentation du contexte historique de l'époque, des méthodes scientifiques et du système pénal coréen... Du projet du film, lequel documentaire revient en détails sur la préparation du scénario qui a pris trois ans, et a nécessité de monter des décors en extérieurs, ou de préparer les acteurs aux bonnes manières de la cours coréenne du 19e siècle et de lutter contre les éléments (la chaleur et la mousson).

Au final, ce film à la réalisation minutieuse, plaira aux amateurs de films coréens, socio-historiques, detective novels, mais rebutera les personnes allergiques à la mise en image gratuite (ou réaliste ?) gore de la violence de l'époque.


mardi 31 juillet 2018

La Foret, série française réalisée par Julius Berg (2017)



La Forêt est une excellente série policière en 6 épisodes de 52 minutes... Et Française de surcroît, ce qui mérite d'être noté. 

Créée par Delinda Jacobs et réalisée par Julius Berg, elle prend place dans un village entourée d'une magnifique forêt qui recèle ses mystères.

Ainsi un soin particulier a été apporté aux décors extérieurs, autant que certains décors intérieurs (papiers pains, vaisselle, etc).
Le rythme de la narration, les rebondissements de l'histoire sont assez bien pensés pour nous faire passer un bon moment. 
Il y a toutefois quelques imprécisions dans la fiction comme"je suis un gendarme mais je touche des indices avec les mains" ou des facilités de narrations qui représentent quelques imperfections, mais rien de bien méchant.

Cette série à la réalisation soignée et a remporté en 2017 le prix de la meilleure série au festival des fictions TV de La Rochelle, n'a pas à rougir de séries britanniques. Elle m'a d'ailleurs évoqué the Loch, pour quelques similitudes : un village en apparence tranquille, un événement qui frappe au coeur la fourmilière tranquille de cette petite communauté pour révéler ce que l'humain peut avoir au fond de l'âme. Et quelques éléments étrangers là pour découvrir la réalité.

A noter une sonorisation assez étudiée et efficace de l'auteur compositeur Etienne Forget, qui participe de cette cette ambiance particulière.

Enfin le casting est choisi également avec soin : un Frédéric Diefenthal bien dirigé, une Suzanne Clément (actrice québécoise) excellente, tout comme Alexia Barlien, ou Samuel Labarthe.. Ect... Mais de fait le casting ne comporte pas de fausses notes.

En conclusion ? Une réussite, disponible sur Netflix.

vendredi 9 février 2018

Le crime de l'orient express film de Kenneth Branagh (2017)





Comment arriver à intéresser le spectateur à un projet cinématographique, basé sur un detective novel dont l'histoire est connue dans le monde entier ? 

Si une histoire d'Agatha Christie est représentative du whodunit, le succès phénoménale d'une de ses oeuvres la plus célèbre - le crime de l'Orient Express -, nécessite de placer l'intérêt du spectateur ailleurs, et plus que de mettre en scène un howdunit, Kenneth Brannagh se focalise sur la dimension psychologique des acteurs du crime (auteurs et "chercheurs de vérité") dans une sorte de tension dramatique de théâtre, ce qui fait la force et la faiblesse du film, sans aucun doute.

L'originalité de ce film tient ainsi dans l'interprétation psychologique de Poirot, un homme fatigué et fragile, en proie au doute au regard de sa philosophie, parcouru de tocs et incertain du sens à donner à l'existence.

Cet état d'âme est mis en place par l'excellent jeu d'acteur du vieux briscard qu'est Branagh et un prologue à la montée dans le train non "canon" (1), présentant son état émotionnel et les acteurs du drame en train de se jouer.

L'histoire du crime de l'Orient-Express est ensuite celle que nous connaissons, mais avec quelques variantes dans les péripéties et personnages ; ce voyage prenant toutefois la forme d'une mise à l'épreuve des principes de Poirot au regard de ses motivations à poursuivre les criminels.

Dans la distribution, Kenneth Branagh est excellent et a sans doute énormément travaillé son accent, lequel est "propre" (mais bien plus français que belge), ce qui m'a évité une irritation constante.

Le casting est 5 étoiles, avec des bouilles haut en couleur, comme avec Johnny Depp ou Willem Dafoe...

Les décors sont beaux et les images sont bien mises en scène.

Toutefois - est-ce un défaut de Kenneth ? - l'aspect théâtrale, croisé avec un process hollywoodien, alourdit le film (2) et la scène finale amène le retour d'un pathos de grande production : la confrontation avec tous les suspects est ainsi trop explicative, sur la solution, sur les états d'âmes de Poirot, sur l'utilisation d'une musique mélodramatique (au piano) qui sonorise inutilement cette partie.... Et une fois le "rideau", générique tombé, démarre une chanson (avec paroles)... On a l'impression d'avoir un réalisateur aux prises avec des producteurs imposants une vision hollywoodienne standard à partir de ce moment

Au final, la découverte fut intéressante  et la séance de cinéma, sans être spectaculaire, vécue avec plaisir. Pour les amateurs d'Agatha Christie et les nostalgiques de Kenneth Branagh



 PS : selon un ami, ce film serait bien loin de tenir la comparaison avec la version de cette histoire, offerte par Syndney Lumet (1974). Il me faudra y jeter un coup d'oeil un de ces jours.

(1) enfin je crois. Détrompez moi s'il est présent dans l'oeuvre originale.
(2) dans le prologue : faire résoudre un problème entre trois représentants des différentes religions à Jérusalem par Poirot...

mercredi 29 juin 2016

La mort en plein ciel d'Agatha Christie

La mort en plein ciel (1936) - Death in the clouds (1935)
Traduit par Louis Postif (1936)



Agatha Christie occupe une place centrale dans mes lectures de policiers à l'ancienne ou detectives novels. Pour les avoirs découverts pendant les grandes vacances, les personnages familiers d'Hercule Poirot et Miss Marple m'évoquent les lectures d'été.

Par désœuvrement je m'étais mis à lire une année tout ce qui me tombait sous la main dans la bibliothèque de mes parents, dont ces Agatha Christie dans une édition des années 70 au club du masque.

Et puis récemment, je suis retombé sur un de ces volumes : la reluire est à présent décollée, mais conserve sur sa couverture une illustration que j'apprécie (aucune information sur son auteur). Le masque ne présentait pas encore la sobriété des couvertures des années suivantes.

La traduction fut réalisée par Louis Postif (1887~1942) en 1936, aussi connu pour être un des premiers traducteurs de Jack London. Sans que la qualité de la traduction soit en cause*, le Masque fera retraduire l'intégralité des romans d'Agatha Christie dans les années 90 : c'est qu'il semble qu'à l'époque les éditeurs avaient l'habitude d'effectuer des coupes pour des raisons qui leur étaient propres (lire à ce titre l'intéressant papier suivant).

Je n'avais jamais autant eu conscience, avant cette relecture, de l'originalité et talent de l'auteur qui savait si bien se jouer des règles traditionnelles qui bornent le genre du roman policier classique (le fameux décalogue de Knox).

Dans les premiers chapitres nous rentrons ainsi dans la pensée des différents personnages, dont le détective,

L'auteur nous décrit une ambiance assez originale - au moins pour l'époque** -  un avion traversant la Manche pour rejoindre l'Angleterre... Une victime française, usurière de son état. Et parmi les passagers... Hercule Poirot, le plus célèbre détective Belge du monde.

S'ouvre alors une enquête se déroulant entre Paris et Londres, avec plusieurs suspects hauts en couleurs.

L'accent est mis sur les étapes de la recherche du criminel, comme un jeu de piste avec différentes énumérations et raisonnements des enquêteurs. 

Paradoxalement, si Poirot met en avance le raisonnement (la mise en marche de ses cellules grises), avant des "analyses psychologiques" décriées, il reste toutefois un fin observateur de ses interlocuteurs.

Ce roman nous dépeint une société anglaise d'époque avec ses préjugés et sa xénophobie (tel un premier juré qui décide de déclarer coupable Poirot, parce qu'il est étranger, et donc suspect...décision vite cassée par le juge, connaissant la réputation du détective), voir son racisme [p135]. Dans la majorité des cas, Agatha Christie choisit de s'en moquer un peu.

Mais ce qui me surprend toujours chez elle, c'est la figure récurrente de l'auteur de roman policier dans ses propres fictions, qui semble autant tenir du double (comme d'un caméo)  que du personnage comique duquel on se moque. Cela apportait-il à l'auteur une certaine distanciation et relativité par rapport à son ou succès ? Ou lui donnait l'occasion de caricaturer gentiment des auteurs de sa connaissance ?

On assiste ainsi dans la mort en plein ciel, à une sorte de jeu de miroirs savoureux, avec l'interrogation de Mr Clancy par le détective.

Le roman porte également son mot d'interrogation sur le sens de la recherche du coupable d'un meurtre. Plus que la justice, c'est la nécessité de disculper les innocents qui conduit à la recherche des criminels pour Poirot.


Au final,après la lecture d'un Patricia Wenthworth, nulle comparaison n'est possible. Agatha Christie fut vraiment la grande reine du crime et ce roman est à lire ou à relire...

*****

C'est un français. On dit qu'une femme doit se méfier d'un français. (Jane pensant au sujet de Jean Dupont)



* Cette version a quelques mots surannés comme écrivassier [p37] au lieu d'écrivaillon peut-être plus courant (?).
** mais je ne connais pas d'autre roman avec whodunit où le meurtre se déroule en plein ciel.

vendredi 10 juin 2016

un pas de trop de Patricia Wentworth

Un pas de trop de Patricia Wentworth
(1878-1961. Premiers romans policiers en 1921. Patricia Wentworth est, de 12 ans, l'ainée d'Agatha Christie)
Aux éditions 10\18 collection grands détectives


Quatrième de couverture : L'apparence bucolique et paisible de la campagne anglaise peut parfois cacher les crimes les plus retors, et l'inspecteur Lamb de Scotland Yard le sait mieux que quiconque... Lucas Dale, le propriétaire plein d'assurance de la superbe demeure de King's Bourne vient d'être assassiné... Entre un mystérieux visiteur américain, une ex-femme haute en couleur et passablement aigrie et un fiancé fou de rage, la victime ne manquait pas d'ennemis, mais qui a appuyé sur la détente ? Secondé par le jeune inspecteur détective Abbott, à qui il s'est mis en tête d'apprendre les rudiments du métier, Lamb, armé de son flegme britannique et de son sens de l'observation, devra démêler la vérité des faux-semblants dans cetteaffaire où il sera beaucoup question d'amour... et de haine.

Si je devais opérer une analogie, les detective novels ont toujours représenté pour moi un instant de lecture agréable, c'est à dire une pause au coin du feu, à la saison froide, tandis que la tarte aux pommes refroidit et le thé - anglais - s'infuse de façon excessive sur le bord de la table.

C'est une sensation de confort et tradition littéraire que je souhaite retrouver dans un chemin balisé :
Le drame se place bien souvent dans un village anglais "bien sous tout rapport", et dans lequel le meurtre va faire tomber l'apparente civilité de ses habitants et délier des langues. L'arrivée de l'enquêteur extérieur, plus que d'exécuter la justice, est de rétablir l'harmonie sociale du lieux.

A l'exception de la victime et de son meurtrier, il y a souvent une tendance au retour de l'happy end des protagonistes qui n'ont pas brisé le tabou de la paix sociale.

Dans un cadre de littérature de genre aussi précis, il faut toutefois un peu de piquant : un style, quelques innovations, un enquêteur intéressant, une fin un peu originale, etc... pour éviter de s'ennuyer. D'autre part les éléments constitutifs du genre ne doivent pas être trop appuyés pour ne pas se lasser.

Dans Un pas de trop de Patricia Wentworth,  il manque malheureusement un peu de cette épice particulière réveillant le goût du lecteur : l'inspecteur Lamb de Scotland Yard et son adjoint Frank Abbott sont un peu palots et -spoiler - ne découvrent l'auteur du meurtre qu'au dernier moment grâce à un témoin direct (à l'instar d'un deus ex-machina). La sensation de progression vers la vérité disparaît un peu et certains passages  apparaissent ainsi un peu superflus, sauf pour mettre en scène la vie du village, sans doute. Cela crée un problème de rythme. 

D'autre part le fait que tous les suspects (du point de vue du mobile) se soient donnés le mot pour fréquenter le lieu du crime au "mauvais moment" m'apparaît un peu excessif.
Le pathos est bien présent avec quelques excès de style (à noter la promesse de mariage dans les 2, 3 dernières pages du roman).
 

Toutefois Un pas de trop n'est pas un mauvais roman, mais à réserver pour les fans n'ayant rien à se mettre sous la main.

jeudi 3 septembre 2015

Elementary - Saison 1



Chronique de saison  :  Elementary - Saison 1, créée par Robert DOHERTY pour CBS
3 saisons actuellement (72 épisodes de 42 mn environ) - une 4e est prévue


En regardant la série américaine Elementary, l'on ne peut s'empêcher de la comparer avec le Sherlock Holmes de la BBC de Mark Gatiss et Steven Moffat. Deux variations modernes de cet archétype du détective créé par Arthur Conan Doyle. Si la BBC transposait à l'époque actuelle son héros britannique, elle respectait à la lettre et avec un certain classicisme, le canon holmésien (notez je n'ai vu que la saison 1 de la série de la BBC).

Les auteurs d'Elementary ont choisi par contre de s'inspirer pour l'essentiel de l’œuvre de l'auteur mais aussi d'adapter leur héros au monde moderne et de le placer dans un environnement familier mais étranger (aux USA) : Sherlock Holmes, fils d'un riche homme d'affaire, s'installe à New York et reçoit l'assistant d'un coach de désintoxication engagé par son père, la docteur Joan Watson, ancienne chirurgienne. Doué d'un talent d'observation extraordinaire, il est consultant (gratuit) pour la police de New York.

On prend plaisir à le voir évoluer dans ce nouvel environnement et à retrouver - parfois - certains personnages de l'univers original, mis dans un autre contexte. Tout au plus un soupçon de déception pour la fin de la saison 1 où certaines réponses sont déjà apportées.

La VO de la série met en relief l'accent britannique de Jonny Lee Miller, excellent Sherlock moderne, au milieu d'un anglais américain usuel. Elle oppose à ce Holmes tatoué, génie quelque peu asocial, une Docteur Watson toute en douceur, jouée par la formidable Lucy Liu.
La grande intelligence de la série est sans doute d'avoir su présenter un héros abstinent, ancien drogué, dont la lutte contre ses démons humanise plus que le "Sherlock" historique, dont la drogue est un palliatif à l'ennui.
Il émeut, avec son amour (un amour au delà du platonique de l'original) tragique pour Irène Adler. [spoiler -passez la souris] Et la fusion du personnage d'Irène avec Moriarty en fait une relation des plus toxiques, rendant le destin de Sherlock Holmes parfois pathétique.... 

Un léger bémol : la touche finale de la série, qui voit l'affrontement entre Holmes et Moriarty se produire, a quand même un côté quelque peu WTF et en dessous de la qualité du reste de la fiction.

Une série à voir pour les amateurs de séries de détectives et de Sherlock Holmes.

lundi 23 décembre 2013

Le phare de PD James


Le phare constitue ma première incursion dans l'univers de PD James, nom de plume de Phyllis Dorothy James, écrivain anglais de polars de facture classique, avec énigme (le fameux whodunit). Son héros principal est Adam Dagliesh, policier de Scotland Yard, poète à ses heures perdues et marqué par la disparition de sa femme, morte en couches.

Quatrième de couverture : Au large de la Cornouailles anglaise, Combe Island abrite une Fondation qui permet à des personnalités de venir jouir de la quiétude de ce lieu coupé du monde et de se ressourcer à l'iode marin. Outre les résidents permanents, Nathan Oliver, un écrivain de réputation internationale, y séjourne régulièrement, accompagné de sa fille Miranda et de son secrétaire Dennis Tremlett. Jusqu'au jour où l'un des habitants de l'île meurt dans des conditions pour le moins suspectes. Chargé de mener une enquête discrète, car Combe Island doit prochainement servir de cadre à un sommet international, le commandant Dalgliesh acquiert très vite la certitude qu'il s'agit d'un crime. Mais une autre menace, beaucoup plus insidieuse, guette l'île...

Dans le phare, un meurtre est commis sur une petite île britannique : Adam Dagliesh et son équipe vont devoir démêler les secrets de cette petite société en vase clos pour trouver le coupable. La lecture de ce roman est un plaisir pour les amateurs de whodunit comme moi. La qualité de ceux-ci dépend de plusieurs facteurs : la personnalité des enquêteurs, les caractères fouillés des suspects à travers lesquels on découvre la victime, une intrigue qui se dévoile progressivement, un côté quand même pas trop artificiel et une "certaine vision de la société (assez surannée*)".

*****
(la jeune Millie, une des suspectes) "Il était triste presque tout le temps. Il m'a posé des questions sur grand-mère et comment c'était quand elle avait commencé à avoir l'Alzheimer, alors je lui ai raconté. Il m'a dit qu'en vieillissant, tout le monde a peur de l'Alzheimer. Que ça retire aux hommes le plus grand pouvoir qu'ils possèdent. Il a dit que c'est un pouvoir aussi grand que celui de n'importe quel tyran ou de n'importe quel dieu. Nous pouvons être notre propre bourreau (...)".

*****

(Adam Dagliesh) Il répondit doucement "Je n'ai pas le temps de m'engager dans une discussion pseudo-philosophique sur la justice et la vérité. (...) L'assassinat détruit l'intimité - celles des suspects, de la famille de la victime, de tous ceux qui entrent en contact avec la mort. (...) c'est une réalité qu'il faut admettre. Cependant, avant tout, le meurtre détruit l'intimité de la victime."

*****

(Jo Staveley, une des suspectes) "J'ai toujours cru que c'était l'avantage de notre bonne vieille Eglise d’Angleterre : on est libre de croire plus ou moins ce qu'on veut."
* nous ne sommes pas dans un roman noir porté sur la critique sociale.

jeudi 10 octobre 2013

Galileo



Galileo est une télésérie japonaise issue des romans de Higashino Keigo, un auteur de polars qui commence à connaître un certain succès* en France suite à quelques traductions.

La série, qui comporte deux saisons, a pour sujet des  décès étranges, que la science ne semble pouvoir expliquer. L'inspectrice en charge de l'enquête** , dépassée par des faits inexplicables, fait appel à un scientifique de génie, "Yukawa Manabu"*** pour trouver une explication scientifique, celle ci permettant de démasquer le coupable, s'il existe.

Les scénarios, très intéressants, sont rehaussés par le couple improbable et opposé de cette inspectrice, connaissant la nature humaine et du scientifique, un peu autiste du point de vue social, passionné par les problèmes qu'elle lui présente.

Une série à découvrir, si l'on est amateur de Polars.





* L'auteur a gagné le prix du Polar international de Cognac en 2010 pour "La maison où je suis mort autrefois", édité par Actes Sud.
** Les actrices Shibasaki Kō - "Utsumi Kaoru"- pour la saison 1 et Yoshitaka Yuriko -"Kishitani Misa" - pour la saison 2. De belles actrices qui jouent correctement. Je préfère sans doute la deuxième.
*** joué par Fukuyama Masaharu, excellent dans son rôle avec son petit côté naturellement auguste ou légèrement hautain.Il faut savoir qu'au Japon c'est avant tout une star du rock mainstream.

dimanche 28 avril 2013

Sherlock Holmes - série britannique de 2010 - saison 1



Il existe des héros de fictions qui reviennent toujours, métamorphosés, remis au goût du jour, apparaissant également dans des écrits ou vidéos apocryphes détachés de l'oeuvre principale...  Ces héros sont également souvent imités. Ils représentent au fond une part de notre mythologie moderne.

Il en est ainsi de la série dédiée au détective privé Sherlock Holmes et à son compagnon le Docteur Watson.   Cette oeuvre a été l'objet de nombreuses analyses et tout a été dit à son sujet. Nous noterons seulement qu'elle a généré l'archétype du détective cérébral, génie surdoué, contrebalancé par un compagnon qui lui apporte l'équilibre qui lui manque.

La série TV britannique de Mark Gatiss et Stephen Moffat (2010) est une brillante adaptation à l'ère moderne du célèbre Détective tout en respectant l'essence de l'oeuvre (ce que les holmésiens appellent le "canon")

L'un des succès de cette adaptation réside dans l'équilibre entre un sherlock holmes génial, fantasque équilibré par un docteur Watson qui représente bien plus qu'un faire valoir, une porte pour le détective vers la société et un partenaire à la hauteur.

L'autre ingrédient majeur est l'utilisation des objets et moyens de communications modernes : Sherlock utilise les sms, le Docteur Watson relate leurs enquêtes sur un blog... Le héros n'est ainsi pas un détective passéiste hors de son temps.

En fait, les auteurs de la série ont pris les éléments principaux de Sherlock Holmes pour les moderniser : le réseau d'information du Sherlock constitué par les petits gamins des rues chez Conan Doyle deviennent des SDF de la Londres moderne, par exemple.

Les acteurs sont brillants et tout à fait adaptés à leurs rôles :  Benedict Cumberbatch en tant que Sherlock Holmes et Martin Freeman en tant que John Watson.

Les deux premiers épisodes sont des enquêtes bien menées au rythme posé. Le dernier voit son tempo accéléré par  la confrontation avec un Moriarty, génie du crime extrêmement dangereux

Alors pour qui ? Du bonheur pour les spectateurs qui comme moi ont été élevés aux livres d'Arthur Conan Doyle.


Et voici ce qu'en pense Monsieur Henri (ici et là).

mardi 10 juillet 2012

Le bois du coucou de Leonard Gribble




Quatrième de couverture : « Quant à vous, Slade, de toute cette affaire, vous ne retirez qu'une belle peur : celle que vous avez éprouvée en voyant ce visage collé à la vitre du pavillon, dans la nuit...
— Mais j'ai beaucoup plus peur encore quand je pense à ce qui se serait produit si, me jetant à sa poursuite, j'étais parvenu à m'assurer de sa personne... »
A qui appartenait ce visage ? pourquoi le mort portait-il un pistolet dans sa poche ? Qui perdit un mouchoir taché de sang ? Qui un pendant d'oreille ? Et pourquoi, certains jours, laissait-on flotter un foulard à certaine porte ? Le lecteur tout comme le commissaire butera sur ces questions qui en appellent tant d'autres dans ce roman passionnant au dénouement inattendu et pourtant logique.
Qui a tué Lavesty ?


Leonard Gribble est un auteur de polar britannique dont j'ignore tout et internet n'est pas très disert non plus à ce sujet (notamment Wiki).

Babelio nous apprend toutefois qu'il est né en 1908 et mort en 1985, a aussi publié sous les noms de Sterry Browning, Leo Grex, Piers Marlowe, Dexter Muir et Bruce Sanders.

Bibliopoche.com nous donne un aperçu de son "existence" éditoriale en France : ses livres ont été publiés principalement entre les années 50 et 70.


Le bois du coucou (the inverted crime) entre ma possession est une édition du Masque, trouvé dans un vieux fond familial.  Le club du masque supporte assez mal le passage du temps soit-dit en passant...

La couverture est une photo d'objets, représentant peut-être des éléments du meurtre en question. Cela donne un petit côté cluedo à la chose.

L'auteur relate l'enquête du commissaire Anthony Slade de Scotland Yard, son héros récurrent, dans le cadre d'une "detective novel" (roman policier) classique, voir traditionnelle  : certains personnages sont caractérisés par leur niveau au bridge, les hommes se retrouvent dans des clubs à discuter d'affaires importantes avec un whisky tout en fumant (nous sommes loin des interdictions actuelles). 
En un sens tous les clichés y passent : le meurtre dans la vieille demeure au moment de la réunion d'invités, la montre cassée qui indique - sans doute - l'heure de la mort du mort; ou est-ce un leurre... 

Que des clichés, même si c'est parfois bon les clichés comme le vieux lit de camp que l'on retrouve chez la grand mère en sachant qu'au réveil un pâté aux prunes d'Angers nous attendra pour le dessert. Mais je m’égare

Quant à l'histoire, le commissaire Slade répond à l'invitation d'une ancienne amitié de travail qui s'inquiète pour son neveu, entiché d'une américaine mariée à Lavesty un rustre peu recommandable...Lavesty, bien sûr, aura une durée de vie similaire à un acteur intérimaire sur la série Star Trek originelle*.

La narration est un peu hachée et nous passons de l'idée d'aller prévenir un meurtre à la scène de l'après décès sans crier gare... L'apparition des personnages et leur présentation manque un peu de fluidité : on perd le fil... L'enquête n'est pas vraiment palpitante malgré le confort moelleux des clichés traditionnels.

Conclusion : Un detective novel pas transcendant, à la limite pour les vacances...

*cad très brève.

mercredi 3 août 2011

Agatha Christie, une auteure Steam-punk portée sur le pulp?

Je ne sais pas pourquoi mais les romans policiers étaient nombreux sur le lieu de mes vacances. 10 ans que je n'étais pas revenu là-bas. L'été sera donc l'occasion de renouer avec les classiques lectures de l'été : un Agatha Christie, "Les quatre", dont la lecture remonte à bien plus loin.

LES QUATRE - THE BIG FOUR(1927) - traduction de Gérard de Chergé (1990 - nvlle trad.)
Quatrième de couverture = Une enquête sur les Quatre ?
Quels Quatre ? S'agit-il d'un quatuor musical ? Des quatre grands ? Du Pacte à quatre ?
Oh non ! Tout cela ne saurait constituer matière à enquête pour l'illustrissime Hercule Poirot... Et les Quatre en question sont des adversaires à sa mesure : un quatuor criminel ! Une bande de criminels internationaux dont le but n'est rien moins que de s'assurer la domination du monde... Bigre ! Voilà des ennemis comme le célèbre détective n'aurait osé en rêver... Et une rude bataille en perspective !

Sans aucun souvenir de la chose, le contenu est surprenant et emprunte par bien des égards au roman d'aventure et d'espionnage (voir aux pulps?) avec les machinations mondiales d'une société secrète composée de 4 "têtes" (un chinois manipulateur, une scientifique française, un riche américain, un exécuteur anglais). Aujourd'hui, on dirait qu'il y a peut-être un peu de steampunk dedans - ce qui est bien singulier pour l'image que j'en avais et me permet d'insérer un titre accrocheur. 

Pour le reste nous sommes dans une "Détective Novel" un peu particulière où sévit Hercule Poirot : en effet, par rapport au canon classique de la Reine du policier les criminels sont connus rapidement et le roman s'oriente sur l'opposition entre d'une part le détective, son ami le capitaine Hastings et d'autre part le quatuor infernal. 

Le roman apparaît ainsi un peu daté : la narration est hachée(1), ensuite l'aspect de la machination mondiale n'est absolument pas intégrée dans l'intrigue (plans, motifs et buts des criminels), l'auteur s'intéressant uniquement à l'opposition entre Poirot et ses adversaires.

L'histoire reste cependant plaisante et permet de passer un bon moment.

A noter dans ce roman d'Agatha Christie :
- la présence d'un "rayon de la mort" un peu steampunk : " (...) et donnent une description incomplète d'une puissante installation radio capable par une concentration d'énergie encore jamais atteinte jusque à présent, de focaliser un rayon d'une énorme intensité sur un point donné."

- Il s'agit peut-être d'une  "nouvelle force d'attraction magnétique" (p42)


- issue de rayons gamma émis par une substance, le radium C, dérivée du radium (p47)

- Où l'on apprend que l'on se brosse encore entre gentlemen à cette époque :
" Ah ! nous arrivons en gare. Ma brosse à habits, où se cache-t-elle... ?  Ah ! la voici. Voulez vous me brosser; mon bon ami ? Je vous rendrai le même service."

- Et l'on révolvérise (2) autant que l'on poignarde...

(1) Mais un tour sur wikipédia nous apprendra que le roman serait issu d'une série de nouvelles, ce qui explique sans doute cet aspect. 
(2) terme familier présent dans les dictionnaires.

samedi 11 décembre 2010

Une étude en rouge & le signe des 4 - Arthur Conan Doyle


Editions Le Masque - traduction de Catherine Richard

Parler de Sherlock Holmes, le célèbre détective imaginé par Arthur Conan Doyle, peut apparaître comme une gageure : tout a déjà été écrit dessus... Et puis on s'en fout : il s'agit tout au plus de pérorer de nouveau dans un sillon déjà profondément tracé.

Et si je vous parlais du grand Ouest américain, de mormons, d'une vengeance amoureuse ? Vous me diriez western ? Et je vous répondrais par Sherlock Holmes et son premier cas développé dans "Une étude en rouge" (1887) et relatant sa rencontre avec le Docteur Watson. 

Découpé en deux parties, de façon assez inhabituelle, le roman présente d'abord l'enquête proprement dite puis revient sur les événements qui ont suscité le crime en question. Le découpage de ce roman est ainsi utilisé par l'auteur pour illustrer les fondamentaux de son héros : "un raisonnement rétrospectif ou analytique" pour résoudre ses enquêtes en partant des faits existants afin de reconstituer l'histoire à l'origine du crime .

Mais je pourrais également vous parler d'amour avec un grand A (élémentaire mon cher Watson), d'un trésor extraordinaire et d'une course poursuite en bateau... Penseriez vous alors à un épisode de Starky & Hutch ? Que nenni, il s'agit de la deuxième enquête "le signe des 4" (1890).

Le deuxième "volet" des  aventures de Sherlock Holmes est plus conventionnel quant à sa structure : rappel des méthodes du détective et de la qualité de "hagiographe" du Docteur Watson en introduction, découverte du nouveau cas et enquête, résolution avec course poursuite et en conclusion la confession complète du criminel.


Ces deux romans restent passionnants malgré leur "age vénérable" et conservent un  certain charme de cette époque victorienne...