lundi 29 novembre 2021

La vie en Kodak - Colorama publicitaires des années 1950 à 1970





Livre de photographies : La vie en Kodak - Colorama publicitaires des années 1950 à 1970
- Catalogue de l'exposition de 2015 au Pavillon Populaire de Montpellier-

Présenté par François Cheval et Gilles Mora, l'ouvrage aborde les Colorama, des images panoramiques de très grandes dimensions, destinées à être exposées dans le hall de la gare de Grand central, à New-York (une gare très passante).

Dépassant le simple objet publicitaire de la marque, le Colorama devient un vecteur de mise en valeur, de propagande d'un mode de vie à l'américaine idéal, célébrant la société de consommation. Ainsi, les familles américaines moyennes de la banlieue, avec enfants, femmes aux foyers, grands parents, sont représentées au travers  d'événements divers, du camping, de noël, séance photos ou voyages... 

Toutefois, on notera que les minorités sont représentés en toile de fond, les cols bleus absents et le bonheur de moments particuliers omniprésents. C'est que le Colorama se fait le porteur d'un bonheur standard d'une certaine catégorie de personnes.

Je dois avouer que les photos publicitaires qui représentaient une scène, une histoire reconstruite, sous la forme d'un idéal, m'ont fasciné depuis l'enfance (ainsi des photos de familles dans une piscine de magazines pour Maisons et Jardins) ; sans parler des illustrations à l'ancienne de Norman Rockell , ou à un niveau plus modeste des illustrations de Marcel Marlier (pour Martine), par exemple...

Il y a un ainsi un côté fascinant à regarder ces images, à la mise en scène construite avec minutie, à l'instar de la photographie sur une chorale, avec tous ces "personnages" différents.

Ce catalogue plaira donc aux amateurs de la chose : une introduction au Colorama, son histoire, sa technique, son sens, avec les textes de François Cheval (un peu abscons pour moi) et Gilles Mora (éclairant), pour présenter de nombreux Coloramas en format 270 x 240 mm, parfois sur deux pages.

Quelques Coloramas visibles en ligne :  http://www.papytane.com/kodak.htm

dimanche 7 novembre 2021

Drôle de drame réalisé par Marcel carné (1937)




Drôle de drame (1937)
Réalisé par Marcel Carmet
Sur l'adaptation de Jacques Prévert (scénario et des dialogues)
du roman His First Offence de l'auteur britannique Joseph Storer Clouston

Début de synopsis : À Londres, l'évêque Soper donne une conférence dénonçant la littérature licencieuse, et particulièrement Le Crime modèle, roman d'un certain Félix Chapel. Dans l'assistance se trouve le cousin de l'évêque, Irwin Molyneux, que l'évêque invite à s'exprimer. Après avoir bredouillé quelques mots, il est interrompu par William Kramps, tueur de bouchers, qui parvient à s'enfuir. La conférence prend fin dans la confusion et l'évêque Soper s'invite à dîner chez Molyneux le soir même pour déguster un canard à l'orange, une spécialité de la cuisinière, Mme Pencil.

Drôle de drame fait partie de ces découvertes de pépites anciennes, dont on a certainement entendu parler pour diverses raisons sans vraiment les connaître.

Ainsi c'est dans cette œuvre que l'on découvrira la réplique :
« — Moi, j’ai dit bizarre… bizarre ? Comme c’est étrange... Pourquoi aurais-je dit bizarre… bizarre…
— Je vous assure, cher cousin, que vous avez dit bizarre.
— Moi, j’ai dit bizarre ? Comme c'est bizarre... »

Réalisé par Marcel Carné, sur l'adaptation et les dialogues de Jacques Prévert , avec lequel il formera un duo sur plusieurs films, Drôle de drame voit apparaître à la distribution Françoise Rosay, Michel Simon, Jean Pierre Aumont, Louis Jouvet et Jean-Louis Barrault.

Carmet et Prévert présentent une délicieuse comédie qui allie plusieurs formes de comiques par strates : un humour français avec d'une part le Vaudeville et celui très personnel de Jacques Prévert, un humour britannique issu du livre dont le film est l'adaptation (His First Offence), un humour américain  issu du burlesque, lequel utilise de nombreux objets (comme les bouteilles de lait).

Eugen Schüfftan, autrefois chef opérateur de Metropolis, apporte de très belles scènes sous l'influence de l'expressionnisme allemand dans la lumière et les décors.

Le DVD  de l'éditeur comporte un livret en 24 pages, le film remasterise en 4k et un supplément très intéressant "Carnet, Prévert : drôle de duo" sur le film (57:12mn).

En conclusion : une belle découverte.



samedi 25 septembre 2021

Série Braises de guerre de Gareth L Powell



Quatrième de couverture :Le Chien à Problèmes est un croiseur lourd, construit pour semer la violence. Doué de conscience, c'est aussi une adolescente dégoûtée par le rôle qu'elle a joué dans le génocide d'une planète entière. Le Chien, reconverti dans le sauvetage des naufragés spatiaux, et sa capitaine, Sal Konstanz, reçoivent l'ordre de venir en aide aux éventuels survivants d'un paquebot en perdition au coeur d'un système contesté. De l'épave émerge une poétesse dissimulée sous une fausse identité pour échapper à l'horreur de la guerre, Ona Sudak. A quelques années-lumière de là, Ashton Childe, un agent des services secrets mis au placard, fait équipe avec un membre d'une faction adverse pour partir à la recherche de la rescapée. Tous risquent de se retrouver, bien malgré eux, au coeur d'un conflit qui menace d'embraser à nouveau toute la galaxie.


La série braises de guerre de Gareth L. Powell est un Space opera assez traditionnel avec peu de High SF, qui ne renouvellera pas le genre, mais sera apprécié par des personnages au caractère assez développés. 

Ainsi le roman n'intègre pas beaucoup de technologie médicale moderne (comme faire repousser des organes perdus), les implants cybernétiques sont assez discrets, ou de post-humanité. 

On se prendra cependant au jeu de l'histoire et des personnages, notamment les intelligence artificielle des vaisseaux spatiaux, des êtres individuels nés en partie de cellules biologiques, avec des noms et caractères amusants.

Le premier tome développe derrière ce décor une sorte de thriller, et le deuxième tome prends un peu le chemin d'un survival horror dans l'espace avec  la nécessité d'une fuite. L'auteur n'hésite pas à rebattre les cartes des adversaires (alliés d'hier et ennemis d'aujourd'hui.... Pour faire face à un danger plus grand peut-être).
Au final la série reste plaisante et plaira aux amateurs de space opera.

A noter que le premier tome est disponible en grand format et poche, et le deuxième tome en grand format. Le 3e tome est édité depuis 2020 en anglais. La traduction devrait suivre


mardi 21 septembre 2021

L'homme H réalisé par Ishiro HONDA (1958)




L'homme H - bijô to ekitainingen (la belle et l'homme liquide) est un film de SF/horreur de 1958, réalisé par Honda Ishiro . Il fait partie de la  célèbre "trilogie des mutants" produite par la Tôhô.

Des pêcheurs abordent un navire étrangement vidé de ses occupants, le Ryujin Maru II, précédemment touché par une explosion nucléaire  ,...
Une activité criminelle est en train d'être commise en pleine ville...
Bientôt des humanoïdes liquides sèment la terreur dans Tokyo... 

Mêlant les genres du thriller d'époque et de l'horreur/SF, il nous entraine dans une histoire où intrigue policière et mystère de disparitions effroyables s'enchevêtrent.

A la suite d'une exposition à des rayons radioactifs, des êtres humains sont transformés en des créatures sous forme liquide, un danger pour l'humanité toute entière.

Honda, avec son équipe habituelle, nous offre des scènes de fuite précipitée de gangsters, de Club où se produisent la nuit danseuses de revue et femme fatale chanteuse , et où se montrent gangsters la clope au bec...

Des descente de police, interrogatoires...Des vision de laboratoires et travail de scientifiques cherchant à connaître le fin mot de disparitions étranges, des créatures anormales.... 









Les effets spéciaux d'Eiji Tsuburaya sont sympathiques pour l'époque (silhouette en surimpression, slime, petits trucs divers) et suffisamment économes pour ne pas déséquilibrer le film par un côté granguignolesque, ou qui apparaitrait comme tel devant nos yeux.

A la distribution nous retrouverons en inspecteur Tomizawa, Akihiko Hirata, l'interprête du docteur Serizawa dans le premier Godzilla, et 
Yumi Hirakawa, actrice présente dans Dernier caprice d'Ozu ou Rodan. Quant à la musique, elle aura été composée par Masaru Satô, le compositeur du Retour de Godzilla.

Ce film est un festival pour l'amateur de films d'époques, qui prendra plaisir à découvrir ce cocktail particulier entre polar et SF horrifique et sa conclusion sous la forme d'une réplique d'un narrateur à propos des hommes liquides *.

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Note : L'édition que je possède est un DVD japonais sans sous-titre anglais (des sous-titres japonais pour malentendants seulement), mais je crois qu'il existe une version sous-titrée en anglais.

Le DVD possède un reportage d'environ 45 mn, constitué d'interviews d'une partie de l'équipe du film à l'époque. Si la distribution et les scènes générales du film sont abordées, le reportage constitue un témoignage rare des techniques utilisées par la société d'effets spéciaux de Tsuburaya pour un film de science fiction. 







Où l'on prend encore plus conscience que les effets spéciaux étaient une somme d'efforts et d'inventivité pour rendre le mieux à l'écran le mystère d'une histoire :
l'utilisation de décors inclinés, de nombreuses tentatives pour obtenir in fine un rendu particulier de slime mouvant mais pas sans trop de bulles, l'utilisation de nombreuses maquettes, des masques en silicones aux effigies des acteurs ...





Espérons que les jeunes spectateurs d'aujourd'hui, habitués aux effets spéciaux numériques modernes, pourront se familiariser aux effets à l'ancienne avec ce genre de film qui possèdent un charme certain.


* évoquant d'illustres prédécesseurs comme la chute de la chose d'un autre monde avec son "watch the sky"...