jeudi 5 janvier 2023

L'armée des ombres réalisé par Jean-Pierre Melville (1969)


 

 

L'armée des Ombres réalisé par Jean-Pierre Melville, surprend par des scènes plus sobres qu'ailleurs. Les couleurs ternes en nuances de gris, sont en résonance avec le thème de la résistance sous l'occupation. Et pourtant la photographie est étudiée au millimètre, les acteurs bien placés.

Le film commence par une scène assez forte d'un défilé de troupes nazies sous l'arc de triomphe. Le bonus nous apprendra plus tard que Louis Malle l'avait placé en conclusion du film lors d'un  premier montage, pour ensuite préférer une fin relatant le destin des résistants.

L'histoire est ensuite découpé en scénettes avançant chronologiquement et adapté du livre éponyme de Joseph Kessel... Elle témoigne de ces héros de l'ombre, des personnes le plus souvent ordinaires et poussés par la situation de l'occupation à des compromissions terribles avec une humanité que l'on attend en temps de paix.

J'en retiendrais la scène où le personnage de Lino Ventura, Philippe Gerbier, capturé une première fois et emmené à un commissariat, incite un autre compagnon d'infortune à s'évader et profite de sa poursuite par les soldats allemands pour réussir sa propre évasion.


 

 Mais aussi la décision du groupe de résistants face à celui qui a trahi..

Ou bien du parcours tragique du personnage de Simone Signoret, Mathilde.



 

La scène de fin, sans concession, comporte des inserts de textes sur les destins tragiques des résistants du film.

La distribution parfaite, montre des acteurs et actrices excellents dans leurs rôles respectifs : outre Ventura et Signoret, nous citerons Jean-Pierre Cassel, Paul Meurisse, Claude Mann...

Bonus : un reportage (27mn31) sur le film et son contexte est présent dans le DVD. Il comporte une introduction récitée par narrateur invisible d'une voix monocorde. Heureusement qu'elle ne dure pas. Le reportage présente ensuite plusieurs témoignages de collaborateurs de Louis Malle sur ces films : la monteuse, le directeur des lumières (et de la photographie je crois), pour parler de l'époque, du film et de sa réception... Construit comme une "Épure tragique", ce film, sorti au lendemain de 1968, qui "exaltait la vertu  au sens grec" a eu un hiatus avec son époque, suite aux révoltes étudiantes... Dont l'apparition (pour la première dans un film) d'un acteur jouant De Gaulle. Y sera évoqué les relations exécrables entre Jean-Pierre Melville et Lino Ventura, qui sublimera cette animosité dans l'interprétation contenue de son personnage.

Alors l'armée des ombres, pour qui ? Tous les amateurs de grands films.

lundi 19 décembre 2022

Troll réalisé par Roar Uthaug (2022)

 


Synospis (adapté de wiki) : au nord de la Norvège, à Dovre, un troll se réveille après l'explosion de la montage pour la construction d'un tunnel. Après avoir été piégé durant un millénaire dans une montagne, le monstre semble se diriger vers la capitale, Oslo, en détruisant tout ce qu'il rencontre. Nora, une archéologue, est appelée par les équipes de la Première ministre pour tenter de comprendre.

 

Œuvre de série B norvégienne réalisée par Roar Uthaug (réalisateur de Tomb Raider 2018 pour la MGM) pour Netflix , Troll constitue un hommage respectueux aux films de monstres et de kaïjus : dans l'affrontement avec le monstre et son symbolisme de fureur de la nature, le réalisateur n'oublie pas de porter un regard plus intimiste sur le parcours d'une relation père-fille  (dysfonctionnelle) et ceux qui leurs gravitent autour. 



Parsemé de clins d'oeils peut-être à king-kong, et godzilla, il n'oublie pas de créer une histoire autour des légendes norvégiennes...

Le film contient bien quelques scènes un peu kitsch à l'instar du transport de cloches par hélicoptères, mais rien de bien méchant...

L'amateur du genre passera donc un très bon  moment de visionnage...

dimanche 11 décembre 2022

Juliette ou la clé des songes de Maurice Carmet (1950)

 


Juliette ou la clé des songes est un de ces films en noir et blanc réalisé par Marcel Carmet, participant de ce fantastique français d'une époque, où intervient l'onirisme et le conte à la saveur de poésie symbolique, avec une fin en nuances de gris... 

Avec une distribution faisant apparaître Gérard Philippe et une très charmante Suzanne Cloutier, actrice Québécoise, "Juliette où la clé des songes" est un film à la beauté formelle d'une époque : noir et blanc, lumières adroitement posées et décorum, notamment du château,... qui contient également une sorte de vague à l'âme, un peu verlainien. Et une superbe scène d'ouverture de la prison vers le monde des rêves...

Carmet nous entraine dans l'histoire d'un jeune homme en prison, Michel (Gérard Philippe), qui cherche à retrouver dans ses rêves la belle Juliette (Suzanne Cloutier)...Mais le voilà bientôt littéralement plongé dans le monde des rêves pour aller la retrouver dans un village un peu fou où beaucoup ont perdu la mémoire de leurs souvenirs et recherchent ceux des autres comme une denrée rare (1). Échappé de sa prison, avec toujours à ses pensées, le souvenir de sa belle, Michel va se frayer un chemin dans ce village pour retrouver Juliette. Avant de se réveiller quelques péripéties plus tard.

L’œuvre, fort habile, développe ainsi une fugue onirique dont tous les événements pourront ensuite être, de retour dans la réalité, interprétés par le spectateur, au regard du point de vue subjective de Michel.

La fin ambivalente, laisse planer sur le film une sorte de mélancolie agréable dans ce monde actuel où tout doit être éclairci en bien ou en mal.



Si toi aussi tu apprécies le film fantastique français d'une autre époque, où le monde du rêve plus que celui de la réalité est peut être le seul à pouvoir permettre aux amants malheureux de se retrouver, alors ce film est fait pour toi.



(1) ce qui ferait pour les amateurs de jeux de rôles oniriques une excellente inspiration...

lundi 5 décembre 2022

Les voyageurs du crime






Un vendredi, je fus en route pour découvrir le théâtre des papys trublions, qui ne font plus de la résistance depuis longtemps, mais peuvent pousser au crime...

Lorsque Conan Doyle et son ami Bernard Shaw montent précipitamment dans l'Orient Express à la suite de désordres civils en Turquie, cela ne peut que mal finir...


Si toi aussi tu apprécies de regarder en charentaises les vieux épisodes de Sherlock Holmes ou poirots, plus généralement les vieux whodunit -même un peu abracadabrants- cette pièce sera pour toi.

Il y a bien quelques vociférations théâtrales parfois difficiles à suivre, mais aussi des bons mots, du rythme et une chute amusante, que nous tairons.

Les voyageurs du crime, est une pièce d'un cycle de trois, succédant au cercle de Whitechapel et précédant un futur opus dans la même veine. 

Les prestations des acteurs jouant Bernard Shaw (servi par des répliques caustiques assez drôles), Conan Doyle et Bram Stoker auront été très plaisantes ...