samedi 1 juillet 2017

Natsume no yûjinchô - le livre des amis de Natsume, série animée



Synopsis (wiki) : Natsume est capable de voir les yôkai et les ayakashi (esprits surnaturels japonais) alors que son entourage ne les perçoit pas. Petit, il ne les appréciait pas particulièrement car les apparitions avaient tendance à le placer dans des situations embarrassantes, voire dangereuses et le conduisaient à des comportements que les humains normaux ne peuvent comprendre. Catégorisé comme « bizarre », l'orphelin est solitaire, rejeté par les autres enfants et passe de famille d'accueil en famille d'accueil. À la suite d'un énième déménagement, de nombreux yôkai se mettent à le pourchasser sans qu’il ne comprenne pourquoi. En tentant de fuir une attaque, il pénètre un jour dans un lieu sacré et libère par inadvertance Madara, un « chat » qui avait été piégé là. Cette rencontre amène Natsume à découvrir l'héritage de sa grand-mère Reiko, le « Livre des amis », un carnet contenant les noms de nombreux esprits qui confère alors le pouvoir de contrôler ces derniers. Dépassant la peur et de l'incompréhension, Natsume tisse des liens de respect et d'amitiés avec certains yôkai et se met en quête de « rendre » leur nom aux esprits piégés. Madara décide d'accompagner le garçon, en tant que sensei et garde du corps. Mais alors que pour une fois, Natsume sort de l'isolement et se lie avec sa famille d'accueil et ses camarades de classe, il découvre qu'il est parfois difficile d'entretenir conjointement des relations d'amitiés avec des esprits et des humains…
Natsume no yûjinchô - littéralement le livre des amis de Natsume, série animée adaptée du manga éponyme édité en France sous le titre "Le Pacte des Yôkai".


Il y a longtemps, j'étais tombé sur une enquête d'opinion auprès des spectateurs japonais : ils devaient répondre à la question "quels anime voudriez vous conseiller aux étrangers?". Les réponses présentées sous forme de liste contenaient une oeuvre assez peu popularisée ici : Natsume no Yûjinchô, littéralement le livre des amis de Natsume. Et pourtant, quelle série formidable... 

La désaffection relative vient peut-être d'une porosité incomplète de la transmission de la culture japonaise populaire : certains animés spectaculaires obtiennent plus d'audience que d'autres à la trame de fond fondamentalement japonaise.


En effet, Natsume Yûjin chô illustre profondément cette notion du lien entre les choses et les gens (tsunagari) que l'on retrouve également dans le film à succès "kimi no na ha" et de l'adage japonais "ichigo ichie" [un temps, une rencontre]. 


*****

Comme le synopsis l'indique, Natsume a la capacité de voir "les yokais" (tous les humains ne le peuvent pas), et donc d'interpréter le monde, la nature (auxquels les humains participent) à travers ses liens (les yokais sont souvent reliés à une chose, ou un principe).


Autrefois enfant ignorant et solitaire, ballotté de famille d'accueil en famille d'accueil, Il est bientôt reçu et accepté par des parents lointains et peut ainsi faire l'apprentissage progressif de la socialisation au lycée et de ses capacités particulières, tout en créant des relations d'amitiés avec certains yokais et humains.




Il reçoit aussi en héritage de sa grand mère (il ne l'a pas connue, sans parler de ses parents) ce fameux livre des amis, qui contient le vrai nom, donc un certain pouvoir, sur certains yokais. En rendant leur nom à ces yokais il reçoit en retour des images et souvenirs des rencontres de ces êtres avec sa grand mère. Un nouveau lien se forme.


Profondément humaine, cette oeuvre prend la forme d'un conte philosophique de la place de l'Homme dans la nature, avec un profond sentiment de nostalgie. 

Quant à sa structure narrative, avec 6 saisons, Natsume yûjinchô est une série au long court qui se laisse découvrir pas à pas : chaque épisode est indépendant, ou presque (deux épisodes peuvent concerner la même histoire) et le monde avance par petite touches (avec l'évolution des personnages, l'apparition de nouveaux protagonistes...).

La musique instrumentale qui illustre des moments clés de la série, possède un côté charmant qui évoque des animations à l'ancienne et génère aussi une part de nostalgie.

En conclusion, Natsume yûjinchô est une série qui pourrait illustrer pour moi ce concept de mono no aware

* Concept spirituel et esthétique

vendredi 26 mai 2017

La cuillère d'argent, manga de Hiromu Arakawa



Silver Spoon (aka gin no saji) écrit par Hiromu Arakawa
Actuellement : 13 tomes parus (JP ou FR). En cours de publication.

Sans doute mon gros coup de coeur en manga "tranche de vie" depuis longtemps, Gin no saji est une oeuvre qui, sous une forme "innocente", pose avec bienveillance de nombreux questionnements sur le monde agricole.

Yûgo, est le cadet d'une famille au contexte particulier : son père est un homme austère et autoritaire qui mesure tout à l'aune de la réussite scolaire. Après un échec à l'entrée d'un lycée très côté, Yûgo décide d'entrer dans un lycée agricole du fin fond de Hokkaidô pour s'éloigner de la pression familiale et de celle des examens -les deux se confondant un peu -. 

A l'instar d'un candide citadin, il découvrira un monde qu'il ignore et tous ses questionnements et incertitudes : économiques, éthiques et philosophiques... Évitant l'écueil du "sur-place", l'auteur du manga fait évoluer les personnages et leurs relations, en même temps que le passage des saisons(au tome 13 nous sommes déjà en première) et Yûgo, lui même finit par se connaître et trouver le courage de commencer à s'affirmer face à son père.


A noter que l'oeuvre est adaptée en animé et en un film live.

mardi 23 mai 2017

Les portes de la nuit de Marcel Carné (1946)



Depuis quelques temps j'avais envie de redécouvrir les anciens films "classiques" d'après guerre, avant la nouvelle vague, d'aller creuser un peu dedans pour voir ce que j'y trouverais.
Un passage à la médiathèque Jean-Pierre Melville me donnera cette occasion en choisissant cette oeuvre pour son titre, "Les portes de la nuit"*, réalisé par Marcel Carné sur un scénario et des dialogues de Jacques Prévert. 

Synopsis : Durant une nuit de février 1945 à Paris, Jean Diego se rend chez la femme de son copain, Raymond Lécuyer, pour lui annoncer la mort de son mari devant le peloton d'exécution des occupants nazis. Or, Raymond est bel et bien vivant. Un clochard, qui se présente comme étant le Destin, annonce à Jean qu'il va rencontrer, dans les heures à venir, "la plus belle fille au monde".

J'ai eu sans doute un peu de mal à m'immerger au début dans un Paris en partie révolu (le regard tente de s'accrocher à des décors familiers mais ce n'est pas toujours évident) et des formulations moins usitées**, mais au bout de quelques temps, cela fonctionne sans soucis.

C'est une histoire assez "théâtrale" qui respecte les trois unités - de lieu (un quartier), de temps (une seule nuit), et d'action (tous les événements concourant au dénouement) - et ne manque pas de charme, malgré certains dialogues un peu expansifs. La patte de Prévert est bien présente,  et un humour qui surgit parfois de façon inattendue. 




Etonnant Reggiani,
pour moi il était plus un chanteur...

Au casting des portes de la nuit, nous retrouvons - dans la "fleur de l'âge-  Yves Montant - en héros de guerre -, Pierre Brasseur - bien inquiétant -, Serge Reggiani - brillant en ancien collabo tourmenté -,  Nathalie Nattier - la triste et belle de l'histoire -....




Vilar, Clochard céleste

Et un Jean Vilar éclatant, traversant le film en personnification du Destin dans une époque encore troublée, où s'affrontent des anciens collabos (ou mouchards), profiteurs du marché noir, anciens résistants...




Nattier et Montant, premiers rôles et jeunes débutants dans le cinéma d'alors, sont un peu gauches, en retrait par rapport à tous ces excellents second rôles, mais ce n'est pas rédhibitoire.

Il ressort de ce film une atmosphère particulière, appuyée par les musiques de Joseph Kosma (notamment compositeur des feuilles mortes).

En conclusion, un film à découvrir.

* La qualité vidéo Editions René Chateau Vidéo , sans doute pas une des meilleurs éditions, mais cela se laisse regarder
** j'ai ainsi découvert le terme de "richelieu" pour des chaussures...

dimanche 14 mai 2017

Instantanés "films" du 10 Mai 2017

Les instantanés sont de courtes chroniques quand manquent de nombreuses choses dont le temps...





La belle et la bête réalisé par Bill Condon (2017) : aller voir ce film fut une belle erreur. Il s'agit d'une transposition complète de la version de disney du célèbre conte en comédie musicale. Long, d'un ennui mortel. Autant dire que la morale est ultra simpliste (quand on est une jolie fille intellectuelle, il faut regarder dans le cœur des beaux hommes sous l'apparence d'une bête). Mais le baragouinage de mots français de certains acteurs fera légèrement sourire.
Ce film inutile m'a quand même donné envie d'espérer voir un jour une version plus gotique et destroy de ce conte ou de découvrir le vieux film de Jean Cocteau.





Les Gardiens de la Galaxie II réalisé par James Gunn (2017), continue à développer son univers personnel d 'aventures-SF avec une bande sonore rétro, amenant une forme de revival d'une époque avec ses peuples aux caractéristiques étonnantes (les "souverains" par exemple). J'ai beaucoup ri avec les dialogues et l'apparition d'acteurs improbables dans certains rôles (Stallone entre autre... Et Pom pom pom...). L'histoire amène toutefois un peu moins d'action mais s'attache plus à certains personnages et leur histoire ou liens, ce qui n'est pas désagréable. Un bon moment.




Alien Covenant réalisé par Ridley Scott (2017) : en terme de "produit", cet Alien atteint ses objectifs : bien réalisé (Ridley Scott a de l'expérience quand même), avec du budget (beaux effets spéciaux, beau casting) et un scénario plus construit, moins incohérent que le précédent... On notera même une excellente prestation de Fassbinder... De ce point de vue, on passera un bon moment au cinéma. 

Cependant sur le fond, le réalisateur se caricature lui même et n'innove absolument pas (assez d'accord avec cet article et tous les commentaires en contrepoints). L'obsession de Ridley Scott pour la création de la vie, la recherche de son sens et de notre place dans l'univers etc... gâche cet univers. L'androïde David semble au final être une représentation pathétique de Ridley Scott

Après la tempête (2016 au JP - umi yori ni mo mada fukaku ; encore plus profond que la mer) est le dernier film en date sorti dans nos contrées de mon réalisateur (et scénariste) japonais préféré : Kore Eda Hirokazu. 
Nous retrouvons l'auteur en forme, plus à l'aise dans une oeuvre personnelle qu'avec Notre petite sœur, adaptation d'un manga. 
Dans une approche quasi documentaire, il traite principalement de la famille dans tous ses états et sous divers éclairages, mais avec une bienveillance constante. 
Ici un père de famille irresponsable, joué par le toujours excellent Abe Hiroshi, qui ne gère pas très bien la séparation avec son ex-femme et son fils. La mise en lumière se fait sur les relations compliquées avec un membre d'une famille dont les défauts ne peuvent être pris en modèle.

Au casting nous retrouvons un peu "la famille Kore Eda" avec, en plus d'Abe Hiroshi, Kirin Kiki (également dans still walking...), Lily Franky (tel père, tel fils...)... A noter la présence de Satomi Kobayashi dont c'est -il me semble- la première apparition dans une des oeuvres du réalisateur (elle est connue pour Kamome Shokudo, notamment).