samedi 16 juin 2018

The captains (2011) reportage de William Shatner


Continuant sur la lancée des documentaires sur Star Trek, je découvre The Captains de William Shatner, reportage emmenant une équipe de tournage à la rencontre d'acteurs de Star Trek, principalement les capitaines des principales séries [jusqu'en 2011, donc Discovery en cours n'est pas inclue dedans] et des films de JJ Abrahams.

Sous la forme d'une causerie plutôt anecdotique au premier abord, où William Shatner se fait journaliste pour aller interroger les acteurs qui ont endossé ce rôle de capitaine de vaisseau spatial, une connivence se dévoile progressivement dans le partage d'expériences, permettant à l'interprète du capitaine Kirk d'origine d'approcher les personnes sous les acteurs : leur façon d'aborder le métier,leur approche de la série, et rapport avec celle-ci sur leur carrière, leur vision de la vie et l'impact d'un show de longue ampleur sur leur vie privée...

Nous découvrons notamment que les capitaines de la série ont tous eu une expérience classique* (de théâtre, comédie musicale, etc...) avant d'incarner ce rôle d'un personnage représentant une autorité et récipiendaire d'une culture mettant en avant l'humanisme et le positivisme de cet univers.

Au final une bonne petite escapade aux bords de cette série mythique.

* Ce qui explique que la série d'origine et les films dérivés soient parsemés de référence sShakespeariennes.

samedi 9 juin 2018

documentaire for the love of spock (2016)


L'ami netflix proposant le documentaire for the love of spock, j'ai abordé ce film en pensant voir une oeuvre anecdotique pour combler des moments où je n'avais pas envie de me projeter dans une fiction étalée sur du long terme.

Pourtant j'ai été happé et passionné par ce documentaire, cheminement d'un fils pour découvrir sous un nouveau jour l'histoire de ce père, Léonard Nimoy, dont le personnage est devenu une icone de la pop culture, et ainsi se retrouver lui même.

Eclairant reportage sur Léonard Nimoy, sur sa vie privée et la façon d'aborder son travail de comédien, notamment le personnage de Spock, dont il fut indissociable : son jeu d'acteur qui donna de la substance au personnage, lequel influa en retour les acteurs et créateurs de la série, et en effet miroir, la façon dont la série et ce personnage ont marqué Léonard Nimoy.

Nous découvrons ainsi que le jeu de l'acteur aura donné corps aux vulcains, à leur caractère et distanciation, qu'il aura été à l'origine du salut vulcain... Sans se cantonner à Star Trek, le documentaire présentera la carrière de Léonard Nimoy postérieurement à cette série -  de la TV, au cinéma ou théâtre - ou évoquera sa passion pour la photographie tout autant que ses relations compliquées avec sa famille.

Au fond que retenir du reportage? La mise en lumière d'un homme de son temps dont la personnalité entra sans doute en résonance avec les idéaux de la série star trek : humanisme, positivisme, volontarisme...

Fascinating... 

Brève Chronique : Rien que l'acier de Richard Morgan



Je ne connaissais Richard Morgan qu'au travers de sa série futuriste et cyberpunk consacrée à Takeshi Kovacs, laquelle a fait récemment l'actualité grâce à son adaptation en série sur Netflix*... Si je n'ai pas été enthousiasmé par cette adaptation, j'ai eu envie de jeter un coup d'oeil à sa série de fantasy "Terres de héros", et son tome 1 - " Rien que l'acier".

Sans doute un point du scénario qui m'a amusé, c'est l'existence de trois héros représentants chacun trois modalités de préférences sexuelles : un "barbare" hétéro très actif, un "bretteur" gay, et une "érudite" black vraisemblablement lesbienne (mais qui refrène ses pulsions). Sinon, Richard Morgan, égal à lui même, nous délivre une histoire nerveuse dans un univers original de dark fantasy en proie à d'anciennes menaces...

A suivre pour la suite, car il s'agit d'une trilogie...

Si dans la postface, l'auteur nous indique parmi ses références Moorckock - probablement pour le caractère sombre et entropique de cet univers ou la personnalité cynique et désespérée de Ringil, certaines choses m'ont évoqué Zelazny de loin (Ambre ou Terre Mouvante, par ex....pour le champ d'intervention des dwendas etc....)

*ie altered carbon

lundi 21 mai 2018

Le courrier, la courroie, ta bonne lettre... Correspondances



Présenter Nicolas Bouvier, écrivain Suisse voyageur (1929-1998) et auteur de L'Usage du monde, serait une gageure. Précisons seulement dans cette brève chronique, qu'il reste pour moi, et avec ma propre expérience et ses limites, l'auteur le plus juste qu'il m'ait été donné de lire au sujet du Japon, avec un talent d'observation, un certain tact et humanisme.

L'éditeur ZOE POCHE ayant décidé de publier quelques ouvrages à son sujet, j'ai acheté avec une certaine curiosité cet échange de lettres entre Bouvier et son grand ami Thierry Vernet (illustrateur de l'usage du monde), avec lequel il effectuera une partie de son voyage vers l'Est avant qu'ils se séparent pendant cinq mois à partir de l’Afghanistan puis se retrouvent vers Ceylan :


Sans doute  anecdotique pour les autres, mais les amateurs de Bouvier (et sans doute de l'artiste Vernet) seront fasciné par cet échange épistolaire, direct, sans filtre, mettant en relief - à l'instar d'un making-off moderne - les difficultés, doutes (sur la finalité du voyage, sur son art à venir), déprimes et fulgurances qui ont donné naissance à des œuvres postérieures. 

Sont ainsi détaillées les recherches de contacts et d'emplois, piges, conférences, articles, logements, pannes, les coups de blues et maladies qui émaillent un voyage, loin d'être une trajectoire romantique rectiligne. 

En conclusion, une heureuse  surprise de lecture. Je regretterais seulement l'absence de cartes sur les étapes traversées  qui auraient pu joliment illustrer l'ouvrage.