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mercredi 27 juillet 2022

Quelques grammes de séries coréennes

Si quelques films coréens m'ont laissé une impression favorable, je n'avais encore jamais réussi à accrocher à une série, un drama, dudit pays.
Plutôt familier des dramas japonais et de leurs codes, ceux du pays du matin calme ont plutôt eu tendance à me déstabiliser ou ennuyer.

Deux trois remarques de points communs ou différences : si le pathos est présent partout et les scénarios peuvent en faire trop, le drama coréen est souvent bien plus long que le japonais (16 épisodes vs 10~12), ce qui a pour conséquence d'étendre la narration (notamment en abusant des péripéties inutiles), ou de meubler avec de nombreux flash backs des personnages principaux (résumant certains éléments déjà vus dans la fiction). Ce qui a toujours fini par m'ennuyer rapidement .
 
Mais ces derniers temps, suite à un changement d'attitude ou bien à la rencontre de séries plus concises, j'ai découvert quelques titres qui méritent le regard.
 
D'abord deux comédies romantiques, qui se ressemblent beaucoup au niveau du scénario : Business proposal et my secret romance.
 

L'héroïne est souvent une jeune femme  d'un milieu populaire, un peu naïve, jolie, mais introvertie, parfois en raison d'un traumatisme de son passé.
Par un événement impromptu, elle va faire une rencontre avec le jeune héritier capable d'une grande entreprise, version moderne du prince charmant. Celui-ci n'a plus de parents ou ceux-ci sont divorcés, est élevé par son père ou grand-père qui veut désespérément marier son rejeton à un bon parti.
Mais l'héritier va tomber sous le charme de cendrillon, qui - par un coup du sort - travaille dans son entreprise, et après le lot de qui-propos, événements en tout genre, leur relation sera approuvée.

Un élément complémentaire est la présence de personnages secondaires importants qui vont se former

Le prince charmant est souvent très autoritaire, directif, dans ces fictions coréeenes.

En points communs supplémentaires, la Corée est une "usine" à "belles gueules" de jeunes acteurs et actrices (issus de boys/girls band), qui semble suivre des codes : la caméra sera très sage pour souligner la beauté de l'héroïne (à part une mise en valeur dans une robe de soirée à un moment ou un autre ?), mais il y aura toujours un moment gratuit pour "fan girls" où le premier rôle masculin montrera son torse.... Autre pays autres moeurs....

Les dramas font souvent intervenir au moins une scène de binge drinking dans un lieu populaire où des vérités sont dites ou échappent aux personnages. Le rapport à la boisson et la nourriture est évidemment différent. La nourriture occupe ainsi une place importante dans ces fictions.

 
Business proposal :

si cette série a attiré mon regard dans un moment où j'avais besoin d'une histoire légère, c'est que le nombre d'épisodes étant limité à 14, me faisait espérer un kdrama un peu plus concis que d'habitude. Ce qui sera finalement une bonne pioche.

Pour faire plaisir à son grand père, Kang Tae Mo, le héros decide d'assister à une rencontre arrangée avec une femme de bonne famille Or , celle ci ne supportant pas non plus ce genre de rencontre, demande à son amie Shin Hari (l'héroïne) de se faire passer pour elle et dégoûter ce prétendant. De là, de quiproquo en quiproquo, des situations improbables vont se passer, avec des tentatives de dissimulation des identités, l'héroïne travaillant en fait pour l'entreprise du prince charmant en tant que conceptrice de nouveaux produits surgelés.

Très drôle et bien rythmée, cette comédie romantique mérite d'être vue, notamment pour le côté charmeur de l'actrice dans ce rôle.




My secret romance :

Continuant sur ma lancée après la première série, j'ai regardé my secret romance, avec plus d'épisodes (en partie du fait d'un remplissage éhonté : hors le résumé du début, le fait de recommencer l'épisode avec la fin de l'épisode précédent, le réalisateur abuse des souvenirs flashback des personnages pour recycler à nouveau les mêmes images).

Lee Yomi-shi, l'héroine, est une jeune femme un peu introvertie, car portant le poids d'avoir subi du harcèlement scolaire plus jeune en raison d'une mère actrice de charme. Elle vit à l'étage d'une ancienne maison traditionnelle je suppose, et au rez de chaussé, son meilleur ami (qui a un crush pour elle, mais elle ne le sait pas).

Au cours du remariage de sa mère, elle va vivre l'aventure d'un soir avec un jeune homme Cha Jin wook, avant de s'enfuir au matin... Or il se trouve qu'il s'agit du fils d'un chef d'entreprise dans laquelle elle travaillera .... 3 ans plus tard.



dimanche 13 janvier 2019

brève : pour quelques grammes de Corée en plus



The Bros par Jang Yu-jeong (2017)

Synopsis (wiki) : Lee Seok-bong (Ma Dong-seok) est un professeur d'histoire fauché rêvant de grandes découvertes archéologiques et son jeune frère Lee Joo-bong (Lee Dong-hwi (en)), un cadre prometteur d'une entreprise spécialisée dans les travaux publics, se retrouvent à l'enterrement de leur père dans leur ville natale d'Andong. Cependant, Seok-bong en a seulement après les reliques à la maison qui pourraient lui faire de l'argent, tandis que Joo-bong en a après un contrat de construction d'autoroute pour son entreprise. En route, les frères renversent une mystérieuse femme nommée Aurora (Lee Ha-nui (en)) qui perd la mémoire après l'accident. Au fil du temps, les frères découvrent les secrets de leur famille avec cette femme qu'ils n'avaient jamais vu.

Petite comédie coréenne parfois un peu poussive, centrée sur deux frères un peu benêts, mais elle fait le job et trouve son intérêt dans la représentation d'un village ancien dont toutes les familles sont soumises au poids de traditions étouffantes avant de finir sur une polarité décevante : la citée (et ses vices : l'avidité) vs le petit village natal (et certaines racines).



Two faces of my girlfriend (2007)

Synopsis (wiki) : Goo Chang a presque 30 ans et n'a toujours pas eu de petite-amie et n'a toujours pas connu son premier baiser. Un jour, il ramasse un portefeuille perdu, ce qui l'amène à rencontrer la douce et innocente, Ani, la propriétaire du portefeuille. Il tombe amoureux d'elle et tous les deux commencent à se fréquenter. Mais juste au moment où tout semble aller pour le mieux, il découvre un autre facette de Ani : elle devient agressive, grossière et boit trop. Il apprend plus tard que sa petite amie a un trouble dissociatif de l'identité et que Hani, sauvage et violente est l'une de ses deux personnalités...

Film bien plus réjouissant, il met en musique une comédie romantique entre Goo Chang, un étudiant à l'université assez peu admirable et Ani/Hani, une jeune femme subissant un trouble dissociatif de l'identité. D'abord parsemée de gags potaches puis de retournements de situations amusants avec les changements de personnalités de la jeune femme, cette histoire n'est pas sans développer une certaine poésie au fur et à mesure de l'approfondissement de la relation des personnages principaux.

vendredi 2 novembre 2018

Brèves chroniques de films


Red Carpet :
Synopsis : Jung-Woo (Yoon Kye-Sang), un réalisateur de films érotiques, rêve de réaliser des films "commerciaux". Eun-Soo (Go Joon-Hee), quant à elle, est une grande actrice de cinéma, qui exerce ce métier depuis son plus jeune âge. Lorsque ces deux personnes se rencontrent, la vie de Jung Woo est totalement bouleversée...

Red Carpet, réalisé par Park Beom-Soo (2014) et vu sur Netflix : J'apprécie en général les films coréens que nous avons l'occasion de voir ici, pour une certaine inventivité, même dans le cadre de la comédie. 
Celui-ci se place plutôt dans une tonalité standard avec avec un happy end conclusif de succès à l'américaine, après une première moitié plus réjouissante, télescopant le monde d'un réalisateur de films pornos désabusé - au regard de ses aspirations de jeunesse - et d'une ancienne enfant star, apprentie actrice.




First Man :
Synopsis : Pilote jugé « un peu distrait » par ses supérieurs en 1961, Neil Armstrong sera, le 21 juillet 1969, le premier homme à marcher sur la lune. Durant huit ans, il subit un entraînement de plus en plus difficile, assumant courageusement tous les risques d’un voyage vers l’inconnu total. Meurtri par des épreuves personnelles qui laissent des traces indélébiles, Armstrong tente d’être un mari aimant auprès d’une femme qui l’avait épousé en espérant une vie normale.

First Man, réalisé par Damien Chazelle (2018) avec son acteur habituel : Ryan Gosling. Je  dois vous avouer ne pas être amateur de cet acteur et de son jeu que je trouve plutôt monolithique, notamment dans Blade Runner 2049 (où il dessert plutôt son personnage). Ceci étant, le sujet de la conquête spatiale m'a encore une fois poussé dans une salle obscure pour voir ce film et j'ai apprécié la réalisation de Damien Chazelle, avec parfois de magnifiques plans, malgré un certain maniérisme (?) qui m'est encore indéfinissable. Et il semble savoir diriger le bonhomme avec qui il poursuit une collaboration fructueuse depuis Lalala land en plaçant Ryan dans un registre émotif qui m'a plus convaincu que sur d'autres films.

Quant à l'histoire, elle est centrée sur le couple que forme Neil Armstrong avec sa femme et est adaptée d'une biographie de l'astronaute par James R Hansen (2005), dévoilant des événements marquants de leur vie privée.
Louvoyant autour du pathos, Damien Chazelle est plus convaincant quand il se reporte sur la fresque spatiale et évoque l'étoffe des héros.




The Predator :

The Predator, réalisé par Shane Black (2018). Décidément je ne dois pas toujours avoir les mêmes goûts que les autres en matière de cinéma de série B. Car le film et Shane Black n'ont pas forcément bonne presse dans mon entourage. Je m'étais bien amusé sur le Iron man 3 du réalisateur et je n'ai pas été déçu par ce nouvel opus du cinéma popcorn, avec de nouveaux predators, une troupe de GI badass totalement fous, des méchants bien trempés, une série de punchlines qui tirent le film vers la "blaguarre"... Sinon de quoi "ça cause" ?  D'E.T. qui viennent chasser sur Terre des humains... Entre autres choses... What else ?

mercredi 12 septembre 2018

Blood rain réalisé par Kim DAE-SEUNG (2005)



Synopsis : En 1808, l'enquêteur Wong Gyu est envoyé sur une île située au large des côtes coréennes. Chargé au départ d'élucider un incendie criminel, il se retrouve à enquêter sur une série de meurtres. Personne ne semble vouloir coopérer et Wong Gyu prend rapidement conscience de la complexité de cette affaire, notamment liée aux us et coutumes des habitants de l'île... 

blood rain, commençant comme un detective novel classique (à l'instar d'un 10 petits nègres d'Agatha Christie), sur une série de meurtres révélant une vengeance, dérive vers une critique sociale féroce d'une époque avec une réalisation qui ne nous épargne pas les scènes gores. Par certains côtés cette excentration de l'intrigue dans une île lointaine, évoque beaucoup les romans du japonais Seishi Yokomizo.

Le film est une réussite par ses décors, ses acteurs, son scénario. Un très bon film d'époque mais à la réalisation un peu trop crue pour moi sans doute...

Les Bonus de cette édition sont aussi très intéressants : présentation du contexte historique de l'époque, des méthodes scientifiques et du système pénal coréen... Du projet du film, lequel documentaire revient en détails sur la préparation du scénario qui a pris trois ans, et a nécessité de monter des décors en extérieurs, ou de préparer les acteurs aux bonnes manières de la cours coréenne du 19e siècle et de lutter contre les éléments (la chaleur et la mousson).

Au final, ce film à la réalisation minutieuse, plaira aux amateurs de films coréens, socio-historiques, detective novels, mais rebutera les personnes allergiques à la mise en image gratuite (ou réaliste ?) gore de la violence de l'époque.


lundi 8 juin 2015

Queen of the night réalisé par Kim Je-yeong



Queen of the night (Hangul: 밤의 여왕; RR: Bamui Yeowang ) est un film coréen écrit et réalisé par Kim Je-yeong.

Synopsis (traduit du wiki anglais) : Young-soo est un geek, timide, peu intéressé par l'amour et les femmes jusqu'au jour où il rencontre Hee-joo dans une sandwicherie. Après leur rencontre, ils se marient bientôt et le couple vit un heureux mariage. Mais un jour Young-Soo découvre un fait surprenant à propos de Hee-joo et commence à douter de sa femme apparemment parfaite et à creuser dans son passé.


La reine de la nuit nous dépeint un couple parfait qui file dans le bonheur jusqu'au jour où un élément va faire voler en éclat ce quotidien. A partir de ce pitch un scénario peut tendre vers le thriller, le drame, la comédie... Les coréens excellent dans le genre des comédies (un soupçon) mélodramatiques (qui finissent bien) et utilisent ce moyen pour aborder certains thèmes comme l'enfant qui tarde, le manque de communication dans le couple et les zones d'ombres que recouvrent notre passé à tous, avant de rencontrer l'autre moitié...

Ainsi, ce film a sans doute les qualités que l'on retrouve dans d'autres films coréens comme plan man : une image bien léchée avec un casting de "belles gueules" et des couleurs flashy, très années 80, comme un vidéo clip. Mais aussi ses défauts : un pathos un peu trop présent, surtout en 2e moitié de film, un rythme de comédie pas toujours maîtrisé. Et de fait, nous nous trouvons surtout dans un genre un peu différent : la comédie romantique et dramatique où l'émotion doit surpasser le rire.

Au final un film assez mignon, qui nous fait passer un bon moment, mais pêche par ses défauts : manque de folie pour de franches tranches de rires,un peu trop de pathos pour rendre une émotion forte ...

mercredi 18 février 2015

Pour quelques films de plus...

N'ayant pas eu le temps d'en faire des chroniques complètes, voici un bref compte rendu de ces quelques films :

# Fight Club de David Fincher (1999) : 

J'ai profité d'un moment de libre pour revoir l'adaptation au cinéma de David Fincher après avoir lu le livre de Palahnuik. La transposition est excellente, avec sans doute quelques différences. En matière de divergences, le réalisateur s'est notamment fait plaisir avec le passage à l'acte de la scène finale.

Le film comporte quelques scènes signifiantes, parfois très rapides, qui nécessitent vraiment de le voir au moins deux fois pour lui donner tout son sens. Les acteurs - dont Brad Pitt et Edward Norton - sont tous excellents. Ce film n'a pas pris une ride.




# 12 hommes en colère (twelfe angry men) de Sydney Lumet (1957) :  

Un huis clos que l'on ne présente plus avec une thématique qui, malheureusement, reste toujours d'actualité.

Aux États-Unis, douze jurés doivent statuer sur la culpabilité d'un jeune homme accusé de parricide. S'ils le déclarent coupable, c'est la peine capitale qui l'attend. 11 sont persuadés de sa culpabilité. Le douzième a un doute.

Adapté d'une pièce de théâtre de Reginald Rose (1953), le film , plaidoyer contre la peine de mort, montre également l’ambiguïté et le poids d'une décision prise par un jury populaire : elle se compose de motivations qui peuvent être bien différentes de l'objet de la décision. La dépersonnalisation de cette décision est d'autant plus terrible que le résultat sera l'application de la peine capitale.

Sydney Lumet installe une atmosphère particulière dans ce film, très marqué par le théâtre avec la règle classique des trois  unités. On souffre avec les acteurs dans ce lieu unique et étouffant où  sous une chaleur écrasante, la ventilation est en panne. Les acteurs sont très bons dans leur rôle et ils doivent en "dire beaucoup" sur leurs caractères et motivations en peu de temps, au premier titre Henri Fonda.



# Plan Man, une comédie romantique coréenne de Seong Si-heub :








Trailer international :




Cette comédie romantique met en scène la rencontre d'un couple improbable, pour les personnalités bien distinctes qui le composent. Le film va même plus loin avec un homme ayant une névrose obsessionnelle/un trouble obsessionnel compulsif, rendant sa vie sociale plus compliquée : Han Jung-seok (joué par Jung Jae-young) ne peut s'empêcher de tout planifier et de vivre comme une horloge. La rencontre fortuite avec Yoo So-jung (jouée par Han Ji-Min), va tout chambouler...

A ce titre il évoquera éventuellement "Pour le pire et le meilleur" avec Jack Nicholson. Mais si ce dernier commençait fort, il s'endormait ensuite dans une comédie sentimentale américaine classique.

Plan man est à la fois plus sage en réalisation, mais bourré de petites trouvailles (comme cette psy qui se met à craquer aussi devant ses patients), de chansons créées pour l'occasion.






Il y a bien un excès de pathos avec la scène du flash back qui s'attarde sur le passé du héros et permet de mettre en lumière les origines de sa névrose... Mais une fois cette scène passée, nous retrouvons un rythme agréable pour cette comédie d'une certaine douceur.

samedi 14 février 2015

Thirst, ceci est mon sang, de Park Chan-Wook (2009)



Synopsis : Sang-hyun est un jeune prêtre coréen, aimé et respecté. Contre l'avis de sa hiérarchie, il se porte volontaire pour tester en Afrique un vaccin expérimental contre un nouveau virus mortel. Comme les autres cobayes, il succombe à la maladie mais une transfusion sanguine d'origine inconnue le ramène à la vie. De retour en Corée, il commence à subir d'étranges mutations physiques et psychologiques : le prêtre est devenu vampire. Mais la nouvelle de sa guérison miraculeuse attire des pélerins malades qui espèrent bénéficier de sa grâce. Parmi eux, Sang-hyun retrouve un ami d'enfance qui vit avec sa mère et son épouse, Tae-Ju. Il succombe alors à la violente attirance charnelle qu'il éprouve pour la jeune femme...

Une séance ciné-DVD avec mon amie sera l'occasion de voir "Thirst" de Park Chan-wook, un film qui joue sur la variation du vampire et de la foi. Intelligent et très esthétique - l'image est belle (riche en symboles), les vampires ont la grâce des spécialistes d'arts martiaux de tigres et dragons. Les scènes intimes sont très réussies... Les acteurs principaux sont excellents, notamment Kim-Ok-Vin, qui joue une femme (puis vampire) assez borderline.




Le film repose ainsi sur les deux héros qui constituent ce couple étrange : un homme (Song Kang-Ho, l'acteur fétiche du réalisateur) qui s'impose son propre fardeau et une femme (Kim-Ok-Vin) qui le subit. Leur rencontre va leur permettre de s'en défaire...Au moins un moment.






Park Chan-Wook me pose un problème dans la mesure où je n'arrive pas à "lire" son film de façon satisfaisante : je ressens la présence d'un message sans pouvoir synthétiser celui-ci...
C'est que Thirst est riche en idées et pourrait avoir donné trois films à la tonalité distincte mais où, toujours, se pose une contradiction morale.

La première partie est dramatique et comporte une part d'interrogation philosophique sur le don de soi dans la religion et ses rapports avec le sacrifice.
La seconde est une ouverture à la vie (paradoxale) avec la transformation en vampire, et une découverte de la société coréenne et ses travers, par l'intermédiaire d'une famille. Est aussi envisagé le rapport entre la générosité et l'exploitation.
La dernière partie constitue une forme d'exutoire et d'apparente libération dans la constitution de ce couple de vampire, mais qui recréé une structure familiale avec la mère et tente de suivre les apparences avant de partir sur une voie plus sauvage.

Un film à voir sans aucun doute...

A noter qu'il a reçu le prix du jury à Cannes en 2009.


dimanche 22 juin 2014

Rapide digest : how to use guys with secret tips & Love fiction

Poursuivant mon voyage au pays des comédies coréennes totalement barrées, grâce à un ami grand pourvoyeur de ce genre de vice, j'ai découvert avec grand plaisir ces deux films :

# How to use guys with secret tips ( 남자 사용설명서). Le titre littéral serait : Manuel d'instruction sur les mâles (note : si je parle le japonais, je n'y connais rien en coréen). Réalisé et en partie écrit par Lee Won-Suk



Synopsis (adapté de l'anglais, site asian wiki) ; Choi-Bo-Na (actrice Lee Si- Young), assistante d'un réalisateur de publicités d'une agence commerciale, est un peu la femme à tout faire au travail. En raison de sa surcharge de travail, elle ne prend pas soin d'elle et son apparence laisse à désirer. Elle n'est pas non plus sortie avec quelqu'un depuis quelques années.
Un jour, sa société tourne un film sur la plage. Le célèbre accueil Lee Seung- Jae (Oh Jung-se) arrive pour le tournage, mais il commence immédiatement à se plaindre de la taille de la femme avec qui il doit tourner, ce qui ruine tout le concept de la publicité et nécessite son changement complet. Choi Bo-Na se plaint  de l'attitude de Lee Seung-Jae, ce qui rend leurs relations encore plus mauvaise...
Une fois le tournage achevé, Choi Bo-Na se trouve à marcher seule sur la plage : l'équipe est déjà retournée à Séoul. Elle tombe sur la plage devant un stand vendant des manuels d'instruction (en cassettes vidéo VHS) sur toutes situations dans la vie et est convaincue d'acheter celui qui concerne l'utilisation et la persuasion des hommes par divers moyens. Ce manuel viendra bientôt changer la vie de Choi Bo-Na, de différentes façons...

Ce  film est bien joliment barré avec des situations assez cocasses. Il possède une sorte de fantaisie et un léger grattage de la conscience sur la situation des femmes en Corée. A recommander.

L'histoire se passe dans le milieu de l'audio-visuel, lequel est une forme de théâtre avec de nombreuses couleurs acidulées. Le réalisateur joue sur toutes ces couleurs et rend certaines scènes magnifiques de ce point de vue là. L'actrice Lee Si-Young, - s'il fallait faire une analogie - une sorte d'Audrey Tautou toute menue, incarne très bien son rôle. Cette actrice a d'ailleurs du caractère semble-t-il (championne de boxe amateur dans sa catégorie poids plume en Corée).
Oh Jung-se est aussi parfait dans cette incarnation de star égoïste et imbue d'elle même, qui n'a pas besoin de grand chose pour se ridiculiser...



# Love fiction (러브픽션) écrit et réalisé par Jeon Kye-Su



Une comédie romantique pas totalement maîtrisée mais qui mérite un coup d'oeil.

Synopsis (adapté de l'anglais, site asian wiki) : Un écrivain rencontre une belle jeune femme et tombe amoureux au premier regard. Serais-ce la femme de sa vie ?
Ku Joo-Wol (Acteur : Ha Jung-Woo) est un écrivain qui travaille à mi-temps comme barman. Il écrit également sa seconde nouvelle, mais subit un blocage. Aussi, il accompagne le président de sa maison d'édition à Berlin comme traducteur dans un voyage d'affaire. Le dernier jour à Berlin, il participe à une soirée en relation avec l'industrie du cinéma et rencontre dehors He-Jin dont il tombe amoureux. 
De retour à Séoul.
Celle-ci trouve sur son bureau une lettre et un bouquet de fleurs. Trouvant la lettre amusante, elle accepte de le revoir...

Nous avons là une comédie assez barrée (mais les coréens pourraient faire pire) dont le sujet est l'histoire romantique entre un jeune écrivain à la recherche de sa muse, laquelle a des aisselles non rasées (lol, un choc pour les coréens ?). Le film est rigolo, pas toujours bien maîtrisé du point de vue de la réalisation. Ainsi, le découpage est parfois chaotique : les dernières scènes comportent des ellipses qui nuisent légèrement à la compréhension. Cependant l'histoire est parsemée de trouvailles un peu loufoques et d'une des plus extraordinaires déclarations d'amour qu'il m'ai été donné de voir (devant les collègues de la demoiselle) :

- passez la souris sur ce texte pour le voir apparaître -


before you gentlemen here,
To charge that lady
I stand and risk being rude
With here noble charactere,
generous beauty,
humble intelligence and stable humour, she burned my heart
"Charge with the same deadly charm,
that led Werther to death"
(...)
"I even love you'r past thad led you to me"


dimanche 1 juin 2014

Castaway of the moon (2009)



Castaway of the moon est un film coréen réalisé par LEE Hae-Jun que j'ai eu le grand plaisir de voir avec un ami en mai 2014, dans le cadre du "Kineclub" (cycle : à la découverte de la comédie coréenne)  au centre culturel coréen qui dispose d'une petite salle en sous-sol (pas vraiment un cinéma : un grand écran de projection, des chaises de cours, etc) ma fois sympathique.

Synopsis : Seung-Keun voulait en finir quand il s'est jeté du pont surplombant le fleuve Han. Mais au lieu d cela, il se réveille après son plongeon sur une petite île sauvage en plein  milieux du fleuve, et de Séoul. Il décide de rester sur l'île, sous le regard intrigué d'une jeune femme qui suit son existence de son appartement au bord du fleuve.

Histoire : un cadre d'une société coréenne se retrouve licencié, jeté par sa copine et poursuivi par les crédits.  Ne voyant plus de raison de s'en sortir, il décide de sauter du point d'une autoroute, se jetant ainsi directement dans le fleuve. Par chance il se retrouve sur une petite île saisissante, entre plusieurs échangeurs d'autoroutes. Ne sachant pas nager il se retrouve coincé et doit apprendre à s'en sortir comme une sorte de robin Crusoé des temps modernes, bénéficiant de déchets qui dérivent de la ville.
Par un certain hasard, une jeune hikikomori, ne sortant plus de sa chambre, l'aperçoit par son appareil photo...
Un étrange dialogue va alors se nouer entre eux deux.

En regardant ce film on pourrait trouver une petite similarité dans l'histoire avec "L'île de béton" de JG Ballard, mais le propos du réalisateur est différent ici :
Avec un cadre qui peut paraître assez sérieux, cette comédie sociale satirique fait réfléchir et rire en même temps. Elle évoque les exclus d'un système économique tout en essayant de montrer ce que devrait être l'essentiel. Elle possède une touche de poésie et d'innocence, par le regard de l'homme qui découvre la nature sur son île et la jeune femme qui redécouvre le monde.

Une très très belle surprise, avec une image assez belle et une bande son de qualité... Si vous avez l'occasion de le voir, n'hésitez pas...



 (pour une version du trailer avec sous-titre, mais de mauvaise qualité : ici).


dimanche 1 décembre 2013

All about my wife réalisé par Min Kyu-dong (2012)



Au cours de leurs séjours au Japon en tant qu'étudiants Doo-hyun et Jung-in se rencontrent et de fil en aiguille se marient.
Sept ans plus tard nous découvrons un mari timide et effacé face à une épouse qui, bien que belle et parfaite ménagère, l'étouffe : elle n'arrête pas de se plaindre, provoquer des scènes et des bagarres.

C'est qu'elle appartient à un type de femme que l'on retrouve en Asie (du moins dans les fictions japonaises et coréennes), qui sont honnêtes et franches au delà du raisonnable. Ainsi, leurs comportements, pour autant qu'ils soient justes, créent souvent des vagues dans l'harmonie de la société.

Doo-hyun, qui n'en peut plus de sa vie conjugale, pense à divorcer, mais il n'arrive pas à trouver le courage de verbaliser cela face à cette tornade qu'est sa femme. Ainsi va germer l'idée d'abord de s'exiler grâce à son travail dans un endroit perdu de la Corée pour souffler un peu, puis d'engager un casanova notoire qui incitera sa femme à prendre l'initiative d'une séparation... Doo-hyun se doit donc de tout dire au sujet de sa femme... Mais n'aime-t-il vraiment plus celle qui l'avait charmé autrefois ?


All about my wife est une tragicomédie qui pourrait à tout instant basculer entre le comique et le drame : un couple qui n'a pas d'enfant au bout de sept ans et s'interroge sur son devenir, voit autour de lui d'autres couples agrandir leurs familles, un couple qui ne communique plus vraiment dans sa routine mais croit le faire. ... A partir de ce genre de situation que l'on trouve dans le monde entier, les auteurs ont choisis d'en faire une comédie qui apporte du rire malgré le sérieux du sujet. Et cela met parfois du baume au cœur...


lundi 18 novembre 2013

Sunny, réalisé par Kang Hyung-Chul (2011)

Grace à un ami, j'ai pu voir Sunny, un film coréen magnifique, qui donne un peu d'énergie en temps de déprime.


Na-Mi est une épouse qui semble comblée avec un mari qui a réussi et une jolie fille. Mais il lui manque sans aucun doute quelque chose : elle est à un age où elle se cherche. A l'occasion de la visite de sa mère qui se trouve à l'hôpital, elle découvre qu'une ancienne amie du lycée est hospitalisée pour un cancer. A la demande de cette dernière, elle va tenter de retrouver leur groupe d'amies du lycée, baptisé "sunny". Et nous nous retrouvons alors dans un film qui opère par des transitions très réussies des allers- retours entre les années 80 et actuelles (2011) pour montrer l'arrivée de Na-mi dans un nouveau lycée, l'amitié que vont développer ce groupe de filles, lequel résistera au passage des ans à leurs nouvelles rencontres.


Le film est beau et développe une esthétique évoquant fortement les années 80 (vêtements, coupes de cheveux, etc) lorsque l'héroïne se souvient de ses jeunes années. Le scénario se place bien dans le contexte politique troublé de l'époque en Corée. Le pathos et le côté extravaguant de certains films asiatiques est présent mais tenu en bride par une excellente réalisation. La scène de bagarre entre deux groupes de filles pendant un défilé opposant communistes/forces de l'ordre est extravaguant.

L'auteur, fan du film "la boom" avec Sophie Marceau*, en a glissé quelques clins d’œils qui résonnent fortement chez les spectateurs de ma génération, notamment l'emprunt musical du single Reality (de Richard Sanderson). La bande son, adéquate, est très réussie : girls just want to have fun de cindy lauper et une cover de time after time, que j'aimerais retrouver. Si vous avez les références de celle-ci, je suis preneur**.




* citée une fois dans le film

** malheureusement je ne connais pas le coréen, ce qui doit aider à trouver cette version avec une recherche google dans cette langue.

mercredi 6 novembre 2013

Pluto (ou Suneung) 명왕성 réalisé par shin-su-won (2012)



Toujours dans le cadre du 8e festival du film coréen à Paris, j'ai assisté à la séance de Pluto (plus tard renommé Suneung), de la réalisatrice Shin-su-won.



Synopsis (Asian Wiki - traduit et adapté de l'anglais) :
Yoo-Jin (Sung Joon) est trouvé mort dans la montagne derrière son lycée. Joon (Lee Da-Wit) devient le premier suspect en raison de la présence de son téléphone portable sur la scène du crime et de témoignages de ses camarades de classe.
Joon est pourtant bientôt relâché pour manque de preuves.
Auparavant, Joon tenta de de joindre un groupe secret dans leur lycée, dirigé par Yoo-Jin. Ce groupe exclusif, comprenait uniquement le 1% des meilleurs élèves de son école. De sombre secrets de ce club seront en passe d'être révélés.



Pluto est un film d'une noirceur certaine. Il m'évoque un peu Memento mori de Kim-Tae-yong et Min-Kyu-dong (1999), mais dont le propos et la tonalité étaient différents.

C'est qu'ils ont en commun pour "personnage" à part entière leur lycée (en pensionnat), qui peut se représenter comme un organisme complexe et tentaculaire, vivant par ses habitants (de jeunes adolescentes/adultes qui découvrent la vie de façon passionnée) et par les interactions qu'ils génèrent dans les locaux en vase clos de leur vie scolaire...

Dans Memento mori, nous avions un dérèglement de la réalité progressif dans ce lieux délimité que constitue le lycée. Dans Pluto, le lycée est un bâtiment réformé, issu d'un ancien service de sécurité (qui pratiquait la torture pendant les heures sombres de l'histoire moderne de la Corée), et dont la configuration épouse les secrets et le drame qui va se nouer*. Car nous sommes aussi dans un film noir, à l'instar de Perfect Number, où le meurtre et son enquête est l'occasion de mettre en exergue les préocupations sociales des auteurs de ces films.

Ici la réalisatrice se penche sur l'enfer des études que représente le système scolaire coréen : l'entrée à l'université de son choix est issue d'un processus sélectif sévère, d'où une sur-compétition peut entrainer des excès... et mener éventuellement au meurtre.

La scène d'exposition nous dévoile tout de suite le décès et la présence du téléphone du jeune Joon. Mais que s'est-il passé ? Pourquoi en est on arrivé là? Le film va alors se dérouler sur deux lignes temporelles en les alternant : une première qui se prolonge à la suite du décès et de la garde à vue de Joon, et une autre qui démarre bien en avant, à l'époque où suite à un transfert il s'était retrouvé dans ce nouveau lycée. La progression de ces deux lignes de temps permettra au spectateur de découvrir en même temps que Joon la vie et les secrets de ce lycée.

Le propos pourrait être tenu pour angélique par les cyniques, mais il a le mérite de soulever le problème des biais (les avantages obtenus par l'argent et le réseau) qui viennent dénaturer la sélection scolaire théoriquement basée sur le mérite.

Au final, un excellent film noir pour les amateurs du genre.


* Ce n'est sans doute pas pour rien que l'affiche du film est une représentation  des escaliers du bâtiment, semblant étouffer un personnage placé au milieu.

mardi 5 novembre 2013

Perfect Number 용의자X , réalisé par Bang-Eun-Jin (2012)




L'un des avantages d'habiter à côté de Paris (cela compense ses défauts), est de pouvoir aller à de nombreux festivals de films et avant-premières : après l'étrange festival, j'ai pu assister à la projection de Perfect Number (Le titre original en coréen semble être "Suspect X", selon Wiki) dans le cadre du festival du film coréen à Paris, qui en est à sa huitième édition. Le film est adapté librement du roman "Le dévouement du suspect X" de Higashino Keigo, lequel livre est heureusement traduit aux éditions Actes Sud.




Synopsis (IMDB) : Suk-go, un brillant mathématicien, semble être un banal professeur de mathématique au lycée. Hwa-sun est sa voisine. Les deux deviennent inséparables quand Suk-go décide de couvrir le meurtre accidentel par Hwan-sun de son ex-mari alors qu'il la battait.


Avant d'aller voir ce film, j'avais déjà eu l'occasion de découvrir cette histoire, scénarisée pour le cinéma en 2008 par les japonais dans le cadre de la série Galiléo. En effet, lorsqu'une série fonctionne à la télévision, il n'est pas rare de voir arriver dans les salles un film issu de cette série. L'histoire du dévouement du suspect X avait ainsi été choisie et adaptée au cinéma. 
Nous retrouvions nos acteurs familiers de la série jouer leurs rôles habituels : A la suite de la découverte du cadavre de l'ex-mari d'une femme, l'enquêtrice croit à la culpabilité de celle-ci. Un peu dépassée par les indices qui ne concordent pas avec son intuition, elle fait appel à un scientifique de génie, Yukawa Manabu, pour l'aider à résoudre l'affaire. Hors, le voisin de la suspecte se trouve être un professeur de mathématique, ancien camarade du scientifique.
Si le film était excellent, sans effacer le drame de la femme victime de son ex-mari, il mettait en lumière la figure pathétique de ce génie solitaire, professeur de mathématique, et l'opposait au brillant Yukawa Manabu et à sa réussite.


Bien différente est la version de Bang Eun Jin : Du point de vue de l'histoire, le personnage du scientifique Yukawa Manabu disparaît, l'inspectrice est remplacée par un inspecteur qui devient l'ami du lycée du professeur de mathématique. Et sans spoiler, la fin est légèrement différente concernant le devenir de la femme ciblée par l'enquête.
Ces modifications par rapport à l'autre version peuvent s'expliquer par le propos développé par la réalisatrice : alors, que l'opposition du mathématicien et professeur de science disparaît, le film peut se concentrer sur le destin de Hwan-sun qui se sent totalement soumise dans la société, sans avoir le droit de faire un choix. Ainsi, elle est d'abord obligée de déménager pour fuir cet ex-mari violent, ensuite forcée de se défendre contre lui, et enfin - par la force des choses - obligée de coopérer avec son voisin qui cherche à l'aider. L'histoire devient ainsi le symbole de l'absence de liberté des femmes dans la société coréenne moderne.
Un autre point développé, renforçant cela, est la suspicion dans laquelle est enfermée Hwan-sun face aux hommes qui l'aident : le caractère altruiste de leurs actions est remis en cause (au moins jusqu'à la fin du film) car à chaque fois "ils veulent quelque chose en retour".... Mais n'est-ce pas le propre de l'Homme ? Nous sommes tous enserrés dans ces relations de "négociations" entre l'envie d'offrir et le désir de recevoir en retour. L'important, ce sont les motivations qui mènent à ces échanges. Le film Still Walking me semble très justement représenter cela. 

Les acteurs sont excellents, notamment, Ryoo Seung-bum (le professeur de mathématiques) et Lee Yo-won (la voisine). Le scénario comporte certaines faiblesses dans le cheminement de l'histoire tel que les moyens par lesquels l'inspecteur aura des doutes au sujet du professeur de mathématiques. Il y aura une peu de pathos vers la fin. Mais tout cela passe assez bien.

Un mot sur l'aspect visuel : la lumière d'automne (?) et les ensembles architecturaux (d'habitation ou de bureaux) coréens semblent mettre naturellement en valeur une ambiance de roman noir. Cela sert le film

Au final, malgré les libertés prises avec l’œuvre de départ, ce film est une bonne surprise. A conseiller pour les amateurs de romans noirs.