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jeudi 26 mai 2016

suisei no gargantia (2013)




Synopsis : Dans un futur lointain et aux confins de la galaxie, l'Alliance Galactique Humaine lutte pour survivre face à une race nommée « Hideous ». Au cours d'une bataille, le lieutenant Ledo et son arme humanoïde Chamber sont engloutis dans une distorsion temporelle. Une fois réveillé, Ledo réalise qu'il est arrivé sur Terre, une planète submergée par la mer après une période glaciaire, où les gens vivent humblement dans de grands navires et recherchent de vieilles reliques. Ledo se retrouve sur une flotte nommée Gargantia. En l’absence de connaissance de la planète et de sa culture, Ledo se trouve forcé de vivre aux côtés de Amy, une jeune messagère de 15 ans.

Suisei no gargantia est une découverte un peu tardive pour un animé de 2013 de 13 épisodes et 2 OAV. Adapté d'un manga écrit par Gen Urobuchi et dessiné par Kazuya Murata, il relate l'histoire du lieutenant Ledo qui se trouve téléporté accidentellement sur une terre submergée par la mer, alors qu'il participait à une bataille contre des extra-terrestres, les "Hideous", et est reccueilli par le gargantia, une flotte-nation de bateaux.
Participant à la recherche de reliques sous-marines par des habitants du gargantia, il découvre bientôt des secrets bouleversant ses croyances.

Avec une esthétique certaine du design des décors et personnages, nous rentrons facilement en immersion dans cette  série originale qui mérite un regard pour les thématiques modernes de SF qu'il met en jeu (mais que nous ne spoilerons pas).

Pour les amateurs de SF et d'animation japonaise.




lundi 2 mars 2015

Rest In Peace Leonard Nimoy

Leonard Nimoy est mort le 27 février 2015, laissant la SF et l'univers des geeks orphelins du célèbre Monsieur Spock, Vulcain de la de la série Star Trek.

Star Trek, au début, était une série bien de son temps par certains aspects (sur la place de la femme) et d'une grande modernité par d'autres, traversée par l'humanisme de Gene Rodenberry : dans le futur, l'humanité s'est unie et a vaincu la guerre. Portée par un sens de la générosité, elle envoie des vaisseaux explorateurs pour constituer des liens avec d'autres civilisations.

Spock est le second de l'USS Entreprise, commandée par le capitaine Kirk. Vulcain par son père, il partage son esprit rationnel et analytique (les vulcains, autrefois très sensibles aux émotions, les ont abandonné au profit de la logique et des raisonnements). Humain par sa mère, il est parfois traversé de sentiments, lesquels - s'ils sont positifs - sont d'une certaine noblesse. Ainsi ce personnage emblématique lutte toujours pour un équilibre entre ces deux tendances.

A ce titre, il représente, presque paradoxalement, l'humanité dans ses pulsions et son désir de progrès.




Léonard Nimoy incarna ce personnage avec talent et nous lui devons l'invention de cette phrase célèbre "Live long and prosper " - "Longue vie et prospérité",  salutation pacifique et généreuse des vulcains dans la série. Elle est accompagnée de ce fameux geste, rendu célèbre dans le monde entier. Geste et salutations furent tous deux inspirés par une prière juive et apparaissent pour la première fois dans l'épisode Amok Time, scénarisé par Theodore Sturgeon.
Bien moins connue est la réponse vulcaine "Paix et longue vie" à "Longue vie et prospérité" (parfois ces deux salutations sont inversées dans la série).

Bien sur, Leonard Nimoy fut un acteur de talent, chanteur, photographe... Et il ne saurait se réduire à ce personnage (avec qui il entretenait des relations complexes : "I am not spock"- 1975- et "I am spock" - 1995-, même s'il était une part de lui même).

Mais dans ces temps où une bonne partie de la SF est plutôt catastrophique, voir post-apocalyptique, alors que l'histoire du monde se porte vers de nouvelles tensions, nous avons tant besoin d'histoires et personnages humanistes tel que Spock pour inspirer et porter un espoir raisonné sur la Terre.

Alors repose en paix Leonard Nimoy, Spock.

mardi 31 juillet 2012

Le 9e cercle - T3 Aoni de JC Chaumette


Episode trois de la saga "à la recherche du tome perdu" : les volumes de l'édition de 1998 étaient enfin disponibles dans une bibliothèque de Paris. Je continuerais donc la lecture par cette version là.

Ce tome est sans doute le "volume de la tranquillité". Stanley continue à recevoir l'enseignement des kreels mais se trouve bien vite limité par son absence d'empathie. Il aura à retrouver son âme auprès de la première chanteuse Aoni. Mais la rédemption est elle encore possible?

 L'auteur déploie son talent pour nous présenter ce peuple sur la voie du milieu et de la tempérance, sans doute la seule réponse à donner dans cet univers soumis à la folie des hommes. Les développements de la philosophie des kreels s'inspire fortement de spiritualité bouddhiste, ce qui rend l’œuvre originale.

dimanche 22 juillet 2012

Le 9e cercle - T2 la citée sous la terre de JC Chaumette



Un retour chez mes parents me donnera l'occasion de fouiller le dernier fond de livres qui me restait. Et contrairement à mes supputations (voir le premier épisode ici), les différents tomes de la première édition du 9e cercle m'attendaient sagement avec la première suite, la porte des ténèbres...A l'exception du tome 3... Le mystère ne s'éclaircit pas pour autant... Heureusement que la bibliothèque de Paris comporte une réserve (une archive précieuse pourrions nous dire) conséquente pour me permettre de combler les trous. Mais revenons à ce qui nous intéresse...

Que dire de plus par rapport au tome 1 ? Après un premier volume d'exposition de l'univers, d'autres personnages apparaissent (notamment les mystérieux porteurs d'anneaux aux yeux rouges) et les premiers enjeux se dévoilent (l'acquisition des 9 cercles, disciplines des Kreels, constituera pour Stanley la quête de son âme)...

Nous assistons à la chute de l'un des royaumes de Faber avec émotion... Même en relecture, ce passage est toujours aussi prenant...

Il est à noter qu'un certain espace est conservé pour les batailles dans le 9e cercle. Cela ne plaira sans doute pas à tous les lecteurs, mais les autres trouveront ces passages épiques excellents.

Du point de vue "technique", les chapitres sont précédés de paragraphes en entêtes*, à l'instar de ce qui se fait parmi d'autres auteurs de SF (tel que Frank Herbert, si je me souviens bien), censés émaner d'auteurs fictifs. Le procédé permet au lecteur de développer "verticalement" sa connaissance de cet univers**.

A noter une "modélisation géométrique" sur ce site des 9 cercles.

Le site de l'auteur.
* mais comment cela s'appelle déjà ? Une bière (ou une limonade ou un café, c'est selon) à celui ou celle qui me le rappellera...
** L'entête du chapitre deux nous permet ainsi de confirmer certaines restrictions militaires concernant les armes de destructions massives pour la conquête des planètes, leurs utilisations étant jugées comme inappropriées (cf la critique du tome 1)

samedi 14 juillet 2012

Le Neuvième Cercle de Jean-Christophe Chaumette


# Retrouver ses petits

Ce fleuve noir est un rescapé de mon ancienne collection, à une époque où je vendais des livres pour acheter ses paquets de clopes... dans le fond du carton, la magnifique couverture de Florence Magnin attira mon regard... Ah oui, Jean-Christophe Chaumette et son neuvième cercle...

Cette œuvre aussi a un parcours éditorial un peu atypique : le neuvième cercle est le premier roman de JC Chaumette, édité après le deuxième aux éditions du Fleuve Noir en 6 tomes (1990-1991) :
- L'Homme-Requin ;
- La Cité sous la terre ;
- Aoni ;
- La Prophétie ;
- Les épées de cristal ;
- Le Guerrier sans visage.

Cette "découpe" lui permettra de développer son histoire sans en altérer le rythme dans le format habituellement contraint de l'éditeur.

Le fleuve noir "rescapé" est sans doute issu de cette première édition.

Son succès encouragera la réédition par l'éditeur en 2 tomes dans sa collection légende (1998) :
- Le Peuple oublié ;
- L'impossible Quête.

A la suite de quoi, l'auteur écrira une suite (cf interview actusf), "La porte des ténèbres".

Mes anciens tomes disparus proviennent sans doute de cette édition. Mais aucun moyen de me souvenir si j'ai lu La porte des ténèbres. Je n'ai toujours pas découvert la suite (voir ci-dessous).

Une réédition (T1 et T2 correspondant à l'édition de 98, T3 et T4 à la porte des ténèbres et une nouvelle inédite) et de nouveaux romans (T5 et T6, Les Larmes de pierre et Les Guerriers de l’enfer) ont été sortis aux éditions Voy'el (1).

# Qu'importe le flacon, pourvu...

L'humanité a essaimé dans la galaxie et trouvé quelques planètes pour s'y établir mais n'a pas progressé en sagesse : elle est toujours gouvernée par ses passions et la soif de pouvoir de ses dirigeants. Les ressources restent limitées et les guerres fréquentes pour l'obtention des planètes vivables existantes. Les romans  ne mentionnent pas d'armes de destruction de toute une planète - ces positions jusqu'au boutisme ne sont sans doute pas envisagées par les protagonistes.

L'on s'affronte ainsi pour les planètes dans l'espace puis sur des champs de bataille laissant une place importante aux corps à corps en raison des armures de cristacier, résistantes aux armes à énergies ou projectiles à haute vélocité. Seules les armes comportant des cristaux de Gaïnkish peuvent percer ces redoutables armures*.

L’œuvre partage avec celles de Robert E Howard et David Gemmell une certaine théorie de la décadence des civilisations : les peuples civilisés, dominants, s'affaiblissent progressivement pour être détruits et remplacés par les plus jeunes, les plus sauvages, dont l'élan vital leur donne la force  de vaincre....

Ainsi les mercenaires des planètes sauvages extérieures deviennent un appui indispensable pour renforcer les troupes amollies des civilisations décadentes.

A l'instar d'un Jack Vance, l'auteur déploie un talent certain pour décrire les différents peuples de cet univers, traversé constamment par des conflits dont les champs de bataille évoqueront plutôt les œuvres de Robert E Howard.

Dans cette histoire (l'homme Requin T1), Jean Christophe Chaumette insère une quête spirituelle, celle de Stanley, recueilli par le sage peuple Kreel (2), homme ayant tout perdu, à l'exception de son instinct de survie. Cette quête sera celle de son âme, celle de l'obtention des neufs cercles dont parle la légende des Kreels.

Au final, un premier tome excellent, vraiment prenant. Un auteur à découvrir ou redécouvrir d'urgence. Et une œuvre à mettre dans le top 10 des éditions du Fleuve noir.


Alors pour qui ? Pour les amateurs d'Heroic space-fantasy, d'univers bien ouvragés.

*****

Note :Le blog de l'auteur.
* A noter que l'univers conserve une certaine cohérence, l'auteur prévoyant l'utilisation d'androïdes de combat et leur neutralisation, ce qui explique le retour des charges héroïques et épiques sur les champs de bataille.
(1) Le pouvoir d'une illustration : celles-ci avec leur côté "manga/comics/jeux vidéos" ne m'incitent vraiment pas à l'achat de la réédition et de la suite. J'en suis désolé, mais... Si je pouvais remettre la main sur les tomes de la première édition avec les couvertures de Florence Magnin....
(2) disposant d'une culture africaine, de pouvoirs psy et d'une philosophie proche du bouddhisme

vendredi 15 juin 2012

La quête du dragon d'Anne Mc Caffrey

Dragon Quest 1971 (1989 pour la version française)

Résumé tiré de wikipédia : Le récit se passe sept ans après Le Vol du dragon, premier tome de La Ballade de Pern. Pern est de nouveau aguerrie face à la menace des Fils, notamment grâce aux armes et au savoir qu'ont apportés avec eux les Anciens. Ces derniers ont cependant du mal à se faire à la "nouvelle Pern", boisée et qui a oublié depuis longtemps nombre de prérogatives des chevaliers-dragons. Ils sont de ce fait bien plus traditionnels que ne l'est le Weyr de Benden, ce qui entraînera des tensions entre les Chefs de Weyr.

*****

Anne Mc Caffrey poursuit son oeuvre avec logique : après avoir établi une société (bien) structurée pour sa survie, elle montre les tensions que traverse celle-ci après la réapparition des anciens habitants des weyrs, les usages ayant évolué au cours du temps.

L'auteur développe également la dichotomie entre les Weyrs, nécessairement "progressistes"  quant à leurs mœurs (relations sexuelles*, avortements, etc**...),  et les Forts, nécessairement ancrés dans la tradition et la continuité (transmission du savoir, développement des produits artisanaux et agricoles, etc...).

Elle s'attache aussi à mettre en avant certains personnages, en retrait lors du premier opus (tel que F'nar) ou apparus lors du second tome (ex : Brekke).  L'histoire adopte ainsi une multiplicité de points de vu et s'apparente alors à un "planète opéra" (au contraire du premier tome) où le "vrai héros" est Pern dans son intégralité.

La place des hommes et des femmes suit toujours une structure traditionnelle (avec les femmes dirigeant la fabrication du baume de guérison des blessures dues aux fils, par exemple...), même si la structure de l'histoire se détache de la "proto-bitlist".


Un mot sur la sexualité et l'amour dans cette saga *** :  l'auteur prône la liberté (des relations consenties) et rejette les conformismes mais envisage paradoxalement l'idéal du couple avec la fidélité (de Lessa et Flar, par exemple ou Brekke et Fnor).

Au final, ce deuxième roman,  intéressera le lecteur sur l'évolution de la société de Pern et sa lutte pour sa survie. Ce qui force le respect pour l'auteur est la qualité avec laquelle elle développe dans la continuité la description de Pern, un monde qui se met à vivre sous nos yeux.




*****

* influencés notamment par leur relations avec les dragons.

** A noter une étrange coutume des weyrs qui laisse adopter des enfants malgré la présence des parents naturels. Un peu incompréhensible.

*** Une vision assez proche de  Marion Zimmer Bradley.

Lu dans le cadre du "défi Anne Mc Caffrey".



vendredi 8 juin 2012

Les maîtres des dragons de Jack Vance

Quatrième de couverture = Les Basiques, les monstrueux batraciens de l'étoile Coralyne, sillonnaient l'espace à la recherche des derniers groupes humains pour les asservir. Leur avance technique les rendait invulnérables. Ils pouvaient dévaster n'importe quelle planète presque sans coup férir.
Depuis plusieurs décennies, ils avaient épargné Aerlith — le dernier refuge des humains — mais cette trêve touchait à sa fin.
A Aerlith, une antique aristocratie féodale entraînait pour la guerre une armée de dragons : Jaggernauds, Unicornes, Tervagants et Califourches.
Car Joaz, le seigneur de val Banbeck pressentait l'agression des Basiques et avait la sagesse de s'y préparer. Mais que pouvaient ses dragons et ses lanciers contre les armes des envahisseurs ? Il fallait bien pourtant que Joaz trouve une réplique car de lui seul dépendait désormais le sort d'Aerlith et celui de l'humanité.
Jack Vance est né en 1916. Après le succès de son premier roman, The dying earth, publié en 1950, il aborde avec une égale maîtrise l'heroïc fantasy et le space opera, où son imagination baroque, son sens du dépaysement et de l'épopée se donnent libre cours. Au premier de ces deux genres appartiennent Les Maîtres des Dragons (1962) et le cycle de Cugel l'Astucieux (1965-1966). Le second est illustré notamment par La Planète géante (1957), le cycle de Kirth Gerson (Le Prince des Étoiles, la Machine à tuer, le Palais de l'Amour) et celui de Tschaï.


L'existence du challenge Anne Mc Caffrey avait incidemment rappelé à ma mémoire la lecture des maîtres des dragons (Dragon Masters) de Jack Vance (1962 dans la revue Galaxy puis en livre l'année suivante) pour des similitudes assez marquantes. Cette novella avait reçu le prix Hugo en 1963.

La fabuleuse librairie Ys me donnera l'occasion de se plonger de nouveau dans cette œuvre.

La structure de l'histoire est très typique de l'auteur, lequel dévoile son talent pour décrire de façon ciselée des "tribus" avec leurs coutumes et philosophies particulières. On pense un peu au cycle de Tschaï.
On ne s'ennuie pas avec cette novella d'action old school qui évoque parfois des batailles avec des soldats de plombs.

Quant aux similitudes, elles semblent bien trop proches pour être accidentelles : nous retrouvons une planète qui vit sous la menace cyclique d'un danger extra-terrestre lorsqu'une étoile rouge arrive à périphérie de ladite planète.

Sur Aerlith, ce sont des grephs, êtres reptiliens humanoïdes, qui représentent la menace contre laquelle les humains se défendront avec des monstres reptiliens appelés dragons.

*****

Jack Vance a-t-il été source d'inspiration pour le monde de Pern d'Anne Mc Caffrey (1967) ? Je ne saurais le dire, mais la sphère anglophone semble également se faire l'écho de certaines interrogations à ce sujet.

Même en envisageant les maîtres des dragons comme source d'inspiration, Anne Mc Caffrey aura su développer une œuvre au final originale et bien plus orientée vers la fantasy avec ses dragons télépathes et ses harpistes que Jack Vance.

mardi 8 mai 2012

Le vol du dragon d'Anne Mc Caffrey

Le vol du dragon (1ère édition 1971) - Dragonfly (1968)

Quatrième de couverture : Tout est calme en tous lieux sur la planète Pern. Les terrifiantes incursions des Fils argentés ont cessé depuis des temps immémoriaux. Les habitants ne savent plus pourquoi ils habitent dans des grottes et versent la dîme aux chevaliers-dragons. On ne croit plus aux mythes relatifs à leurs folles chevauchées sur les grands dragons télépathes et à leurs actions d'éclat contre les redoutables Fils, qui anéantissaient toute vie organique. Les dragons deviennent rares dans le ciel de Pern. Mais le chevalier F'lar, maître du dragon Mnementh, se remet à étudier les vieilles légendes. L'Étoile Rouge se rapproche. Bientôt les Fils se remettront à tomber. Sur Pern il faut organiser la défense, et pour commencer rendre à la race des dragons son antique fécondité. Une nouvelle Reine va naître. Il faut une fille énergique pour la chevaucher. Où trouver celle en qui survit le don ancestral ? 

Dans les années 70 et 80 paraissent en français les œuvres de deux grandes dames de la sf : Marion Zimmer Bradley et Anne Mc caffrey. Les trentenaires que nous sommes pour certains découvrent alors dans les années 90 la ballade de Pern et la romance de Ténébreuse en pocket sf  avec les couvertures de Suidmak. La SF n'était plus réservée aux messieurs (nous ne connaissions pas vraiment CL Moore ou autre...). Le "défi Anne Mc Caffrey" sera l'occasion de parler de l'une de ces dames.



Le cadre de la ballade de Pern, en intégrant des éléments de SF et fantasy, fut autrefois étiqueté en science-fantasy (1) : Pern est ainsi une colonie humaine perdue dans les étoiles, comportant des dragons qui peuvent aller dans l'interstice (une sorte d'hyperespace) et possèdent un lien télépathique avec leurs monteurs, lesquels ont assisté à leur naissance et développé ainsi cette forme de communication par "l'empreinte" . La technologie est peu ou prou moyenâgeuse. Un corps céleste, l'étoile rouge, effectue une révolution autour de Pern, et lorsqu'il se rapproche de la planète, les fils dévoreurs de vie se mettent à tomber.

La résistance à cette menace est vitale : la société humaine est toute entière organisée sur sa survie. Ainsi nous retrouvons une hiérarchisation horizontale des villes ou du corps social : les forts comportant la société civile et les divers corps de métiers sont chargés de pourvoir au nécessaire et les Weyrs, regroupant les chevaliers dragons, sont chargés de protéger l'humanité en brulant les fils en plein ciel.  D'autre part la société est organisée en corps de métier, les castes pourrions nous dire, avec des devoirs, orientés vers cette survie : transmission du savoir (ex : des harpistes, fileurs...) et protection face à la menace (lances flammes des artisans contre les fils ayant échappé à la vigilance des chevaliers dragons)...

Mais qu'arriverait-il si l'arrivée des fils se faisait attendre et que la durée entre deux passages durait plus longtemps (400 ans au lieu de 200). La société serait-elle à même de faire face à cette menace ?

Tout l'enjeu du livre est de répondre à cette question. 

F'lar, chef d'une escadrille de dragons, croit aux traditions qui relatent le retour des fils. Contre le relâchement des mœurs, son sens du devoir lui dicte de tout faire pour sauver Pern de la menace imminente alors que la taille de l'étoile rouge se développe. Il conserve un quelque chose du Lieutenant Drogo.

Il est à la recherche de la femme de caractère qui saura développer l'empreinte avec la future reine des dragons. Ce sera Lessa, dont la famille a été tuée par un conquérant. Rusée et manipulatrice, elle reste peu sympathique en un sens.

Bien que féminine, la plume d'Anne Mc Caffrey n'est pas féministe, et encore moins novatrice dans sa structure,  et nous découvrons un schéma que nous retrouverons plus tard dans certains romans bit-lists : le personnage principal féminin reste assez passif et attend la venue de l'homme qui résoudra au final une partie de ses problèmes. 

Ainsi Lessa trouvera la clé de la survie de Pern mais presque par accident et ses actions seront en partie dictées par une forme de révolte adolescente...

D'autre part le roman reste marqué par une conception de division des tâches traditionnelle : la communication (Lessa est la seule à pouvoir communiquer avec tous les dragons...) et l'intendance (la Dame du Weyr, bénéficiaire de l'empreinte de la reine des dragons pondeuse, est chargée de la gestion des affaires courantes), une affaire de femmes. Nous trouverons tout au plus une ébauche d'évolution de la position de certaines femmes à la fin du livre (2).

Au final, sans être en présence d'un chef d’œuvre, le vol du dragon est un roman de bonne facture, qui laissera une impression durable par l'univers original peint en toile de fond.

*****

(1) comme celui de Ténébreuse de Marion Zimmer Bradley
(2) les chevaucheuses de dragons "gagneront le droit" de se battre en brigade à la fin du livre 

Quelques critiques tirées du défi :      (Cédric Jeanneret) le vol du dragon              (Vert) le vol du dragon