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lundi 8 mai 2023

La Planète des monstres de Jun Fukuda (1967)



La Planète des monstres réalisé par Jun Fukuda  (1967)

Ce film de godzilla possède sans doute l'un des titres français les plus inapproprié, avec "la Planète des monstres", alors qu'en japonais il est nommé (Kaijūtō no kessen : Gojira no musuko), c'est à dire : les combats de l'île aux kaïjus : le fils de Gozilla.

Réalisé par Jun Fukuda, ce film voit apparaître pour la première fois le fils de godzilla : cet élément donne lieu à des scènes un peu enfantines, mais touchantes et weirds : à voir la scène de sieste de godzilla le gros chat tandis que minira s'amuse....

A cette exception, il y avait beaucoup d'éléments pour un scénario de SF-aventure à l'ancienne, avec peut-être un clin d'œil au Docteur Moreau :

Afin de lutter contre la faim dans le monde, le professeur Kusumi et son équipe testent sur une île un système de contrôle de la météorologie, bientôt gênés par un journaliste enquêteur. Durant l'un des tests, l'un des éléments radioactifs va être perturbé par des interférences (un oeuf de godzilla appelant à l'aide télépathiquement), provoquant après une "tempête de fin du monde", la mutation de créatures endémiques à l'île, comme une sorte de mante religieuse de taille humaine, à un gigantisme de kaijus ("Kamakuras")...

L'activité des kamakuras finira par réveiller un kaiju araignée, Kumonga et il faudra toute la sagesse de Godzilla - non je rigole - son german souplexe pour mettre tout le monde au pas.

Il y a beaucoup d'éléments sympathiques dans ce film : une ambiance un peu délétère dans cette base environnée de jungle et de créatures dangereuses, avec un membre de l'équipe qui perd un peu les pédales, une attaque de fièvre, la base qui risque de s'écrouler avec le remue ménage des monstres, la fille d'un ancien professeur d'archéologie (sur les traces des anciennes civilisations "merveilleuses"?), l'utilisation d'un procédé pour venir en aide à godzilla, etc...

Concernant les effets spéciaux, les kaijus, représentés par des marionnettes, maniées par une vingtaine de personnes (2 ou 3 rien que pour Kumonga) avec des effets de perspectives, donnent un rendu vraiment chouette.


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Blu-ray tiré du coffret de l'éditeur américain "The Criterion Collection" : 
"Godzilla : The showa Era Films, 1954-197

samedi 6 août 2022

Ebirah VS Godzilla réalisé par Jun Fukuda (1966)


Ebirah VS Godzilla

 (akaゴジラ・エビラ・モスラ 南海の大決闘, Gojira, Ebirā, Mosura: Nankai no daiketto  aka Ebirah, Godzilla et Mothra : duel dans les mers du Sud)

Junu Fukuda signe sa première incursion en tant que réalisateur dans l'univers de Godzilla en 1966 avec Ebirah contre Godzilla.

synopsis (inspiré de wiki) :  Prêt à tout pour retrouver son frère, Yata, disparu en mer, Ryota vole un yacht et embarque avec Ichino, un ami... Dans lequel ils vont découvrir un homme qui se cache, un certain Yoshimura, en délicatesse avec la loi. Arrivé près de l’île de Letchi dans les mers du sud, le bateau est attaqué par un crustacé géant, Ebirah (première apparition de ce kaïju). Ils se retrouvent donc coincés sur cette île, gouvernée par l'organisation secrète du Bamboo rouge qui exploite des iliens originaires de l'île de Mothra (Infant Island). Le groupe rencontre bientôt une habitante de Infant Island et se reposent dans une grotte. Celle-ci leur apprend que Mothra peut venir les aider. Mais Mothra ne pourra pas combattre Ebirah et secourir les prisonniers. Ils décident alors de tenter de réveiller Godzilla, bloqué par des rochers. Ils espèrent qu’il pourra battre Ebirah.
 

L'histoire mélange un peu les romans d'aventures adolescents,  à la club des cinq, avec un côté James bondien quant on regarde la base secrète de l'armée du Bambou rouge.. 
L'orientation vers un public cible de plus en plus jeune se manifeste dans l'ambition revue à la baisse des effets spéciaux, la tonalité de l'histoire adolescente (avec une amourette entre l'un des jeunes héros et l'ilienne en prime), l'humanisation du grand kaïju et la façon dont on le met en scène (avec le dodge ball entre lui et Ebirah...) etc...


Si certains combats sont statiques on verra ensuite godzilla jouer le badass et arracher des pinces de la grande crevette (ebi signifiant crevette en japonais) pour notre plaisir.
 
Tusuburaya est toutefois toujours à la production des effets spéciaux. Ainsi quelques transitions et superpositions, juxtapositions d'objets de différentes échelles sont souvent réussies.
Je pense particulièrement à un plan deux des héros se retrouvent sur une embarcation dans une tempête et aperçoivent au loin Ebirah.
Par contre le côté jouet de certains décors est plus affirmé (le ballon d'observation, par exemple) et les filins s'aperçoivent (comme ceux qui soutiennent un rocher expulsé).
 

 
Le travail sur la couleur du décors, les vêtements des protagonistes reste toutefois bien présent

Au casting, nous retrouvons des acteurs et actrices habitués du genre : les Peanuts dans le rôle des Shobijin de l'ïle de Mothra, Takarada Akira, dans le rôle du voleur Yoshimura (rôle du Lieutenant Ogata dans le premier Godzilla), et Hirata Akihiko, en méchant capitaine Yamato (rôle du scientifique inventeur de l'oxygen destroyer dans le premier opus), Kumi Mizuno dans le rôle de l'ilienne (inoubliable interprète de miss Namikawa dans Invasion planète X)..

En conclusion, Ebirah - s'il reste plaisant - est sans doute un des plus faibles opus de la série des Godzillas de l'ère showa.

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Blu-ray tiré du coffret de l'éditeur américain "The Criterion Collection" : 
"Godzilla : The showa Era Films, 1954-197

lundi 19 juillet 2021

Mothra contre Godzilla réalisé par Ishiro Honda (1964)

 Premier film du disque 3 : Mothra contre Godzilla (モスラ対ゴジラ)  réalisé par Ishiro Honda en 1964



Quatrième film de la saga et deuxième en couleur (après godzilla vs king kong), Godzilla vs Mothra voit apparaître pour la première fois le kaiju éponyme venu de l'île où elle vit en bonne intelligence avec les iliens. Figure positive de ce bestiaire gigantesque, elle prend dès le départ la défense de l'humanité avec l'intercession des shobijifin ("petites beautés"), iliennes Lilliputiennes et télépathes.

Avec cette île inspirée de reliquats de civilisation perdue et mystérieuse, ce quatrième film apporte pour la première fois au "lore" de Godzilla, un côté sf/magique à la Edgard Rice Bourrough.


Ainsi Mothra s'oppose un moment à la fureur continuelle de Godzilla donnant du temps à l'armée japonaise de retarder, détourner le kaïju de son chemin, pour le repousser grâce à un stratagème.

Les couleurs du film sont éclatantes et la réalisation joue sur des contrastes bien marqués. Tsuburaya toujours aux commandes des effets spéciaux arrive à insuffler un certain dynamisme et cette démesure entre gigantisme et "petitesse" dans le film. Sa technique est bien rodée, ainsi, l'utilisation d'avions suspendus à un fil presque invisible est bien maîtrisée pour l'époque avec des fumées dans des endroits stratégiques pour le masquer par exemple.

Au casting nous retrouvons Akira Takarada dans le rôle du reporter Ichiro Sakai, après être apparu dans le premier Godzilla en tant que "jeune premier" dans le personnage de Hideto Ogata et Yuriko Hoshi dans le rôle de la photographe Junko Nakanishi. Elle sera de nouveau présente dans le film suivant sur Ghidora en temps que la journaliste Naoko Shindo.

La présence du duo pops "The Peanuts" (actives pendant les années 1958 à 1975), composé de vraies jumelles, en tant que shobijins, apporte un côté musical inattendu et renforce l'aspect féérique de l'œuvre.

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Blu-ray tiré du coffret de l'éditeur américain "The Criterion Collection" : 
"Godzilla : The showa Era Films, 1954-197


Superbe coffret, design magnifique et petit soucis de points de colle pour fixer les blu-rays dans le coffret à l'ouverture (soupir). Mais cela n'affecte pas la lecture. Restauration magnifique et présence de bonus selon les disques.

samedi 12 septembre 2020

Ghidora the three head monster réalisé par Ishiro Honda (1964)

 Ghidora the three head monster (ou San Daikaijū: Chikyū Saidai no Kessen en japonais) (1964)





Un étrange astéroïde s'écrase sur Terre, bientôt approché par l'équipe scientifique du professeur Miura tandis que la princesse Salno de Selgina, un pays lointain, échappe de peu à un attentat, sauvée par un "mystérieux pouvoir". Elle réapparaît bientôt en prophétesse , prévenant les humains d'un danger à venir : Ghidorah, le monstre à trois têtes, ravageur des planètes.

La mystérieuse prophétesse

La courageuse reporter Naoko Shindo enquête pour son journal, tandis que son frère est chargé de vérifier l'identité de la mystérieuse femme et de la protéger , s'il s'agit de la princesse, notamment des assassins lancés à ses trousses.

Ghidorah the three head monster continue à exploiter la veine du fantastique initiée avec  le précédent film de godzilla Mothra : avec les mini jumelles télépathes (shobijin) qui peuvent communiquer avec Mothra ou avec le lien inexplicable qu'entretient une princesse (d'un pays imaginaire) "possédée" par une devineresse d'une ancienne civilisation disparue de Vénus, on est dans une SF du merveilleux pour cet aspect à la manière d'un Edgar Rice Burroughs pour John Carter et Mars.

Les jumelles télépathes
(the peanuts, célèbre duo pop des années 60 jouant et chantant dans le film)

La réapparition de Mothra assoit ce kaiju comme figure positive, défenderesse de la Terre et vivant en bonne intelligence sur son île avec ses humains,  tandis que Godzilla et Rodan, renforcent leur rôle de forces terrestres neutres (tantôt en colères contre les humains, tantôt leurs défenseurs) et que Ghidora représente la menace extérieure à notre planète, hostile et destructrice.

Ishiro Honda réalise toujours cet opus avec intelligence en liant pour notre plaisir les fils du fantastique, de la SF et du polar mais avec une approche intimiste, presque documentaire en parsemant son film de petites scènes qui rendent plus proches certains personnages. Ainsi il n'oublie pas de raconter une histoire, avant de montrer des kaïjus, 30 mn pour apercevoir un Rodan et  40 mn pour un Godzilla, soit la moitié.

Shibuya en 1963-1964





Chez les Shindo : la mère, le frère inspecteur et la sœur journaliste

(...par lesquels les fils de l'intrigue s'entremêlent)


Au café

Eiji Tsuburaya est toujours aux commandes des FX, et la musique d'Akira Ifukube s'associe encore une fois si bien avec ce film.

A la distribution nous retrouvons : Yosuke Natsuki dans le rôle de l'inspecteur Shindo, lequel aura fait ses débuts dans H-man, un autre film d'Ishiro Honda ; Akihiko Hirata dans le rôle de son chef, acteur connu pour plusieurs films de Godzilla dont le fameux docteur Daisuke Serizawa dans le tout premier film du monstre ; Akiko Wakabayashi dans le rôle de la princesse, également James Bond girl dans "On ne vit que deux fois"; Yuriko Hoshi dans le rôle de Naoko Shindo...

Quant aux kaïjus, les films godzillas poursuivent leur glissement vers le film grand public pour les scènes de combat plus enfantines et contextualisées par les jumelles qui retransmettent les conversations entre nos chers monstres. Mais ces scènes possèdent leur charme, un je ne sais quoi qu'appréciera l'amateur des films de kaïjus. Les autres, avec un peu de recul, apprécieront peut-être les autres scènes ?

jeudi 9 novembre 2017

Kaiju daisenso_Invasion planète X (1965)


Nous sommes en pleine conquête de l'espace, entre le vol de Youri Gagarine en 1961 et le premier pas sur la lune en 1969. L'époque est optimisme devant les progrès de la technologie. Et Ishiro Honda se retrouve à nouveau aux commandes de son sixième godzilla, qui met en avant la conquête spatiale et la figure des inventeurs...

A l'occasion d'un progrès scientifique, la terre détecte une dixième nouvelle planète (Pluton est alors encore une planète), dénommée X et une expédition emmenée par le Japon est mise en place, pour découvrir une planète habitée et ravagée par un kaïju.

Les ixiens vont bientôt proposer d'emprunter aux terriens "leurs" godzilla et  afin de lutter contre, en échange d'une cure contre le cancer.

Sur un scénario assez étonnant pour un godzilla, les forces de la nature que représentent les kaïjus sont mises de côté jusqu'à la conclusion du film, pour se concentrer sur le secret qui entoure la planète x et les agissements de ses habitants. Nous nous trouvons ainsi et pour longtemps dans un film de SF d'époque avec son lot de mystères (*).

Quant au final, il amène l'idée que le contrôle des forces de la nature (kaïjus) ne peut qu'échouer et le retour à la normale passe par l'acceptation de celles-ci sur Terre :


Du côté du casting, et pour la mise en lumière internationale de ce voyage spatial, la présence d'un acteur anglais Nick Adams (l'astronaute Glenn) est à noter. Une première pour un film de la franchise, je crois.

Kumi Mizuno laissera également un souvenir durable pour les amateurs dans son personnage de Miss Namikawa :


En conclusion un bon godzilla de l'époque classique, assez étonnant dans sa forme.

* paranoïa et invasions. Ce film est toutefois précurseur de la série les envahisseurs.

dimanche 7 mai 2017

King kong contre godzilla (1962)



King Kong contre godzilla, sort en 1962 dans les salles japonaises dans un contexte bien différent du premier opus (1954*)  : avec une croissance économique favorable (jimmu boom 56-57, iwato boom 59-63), la reconstruction du Japon est achevée et le pays se prépare à recevoir les jeux olympiques dans quelques années (1964).

Pendant cette période, l'heure est à l'optimisme et la société japonaise autant que son paysage urbain, va être profondément modifiée avec pèle mêle la (re)découverte de la consommation et des médias, ce qui va influencer Honda Ishirô, de nouveau aux commandes de la réalisation du troisième opus de la franchise**.

A l'occasion du premier film en couleur du kaiju, Godzilla affronte King Kong, dont les droits d'utilisation ont été achetés par la Tōhō à la RKO Pictures***.

Honda continue de tracer ce qui fera l'ADN de la licence, avec une critique sociale et ce mélange de points de vues micro et macro alternés ou la difficile résistance humaine face à des forces qui dépassent l'entendement.

A cette époque, le Japon a pris de l'ampleur et les médias aussi. Ce qui est important est d'être amusant, intéressant, original, pour avoir un bon taux d'audience. Si l'audience suit, les sponsors suivront.. 

- Attention spoilers-
La première scène s'ouvre ainsi sur une émission scientifique sponsorisée par une société, "Pacific Pharmaceutics", dont le producteur déplore la baisse d'audimat (générant l'argent des réclames, fondement de la consommation).
Bien vite, le présentateur fait part de l'observation par un sous marin américain d'un phénomène étrange en Antarctique...

Une autre scène dévoile un repas en famille... Le Japon est tout à son bonheur retrouvé et son insouciance... Les gens sont désœuvrés et l'effroi se regarde par la petite lucarne : ainsi la scène de transition avec le tigre dans la TV est un régal.




Mais l'avidité va encore une fois faire courir le Japon (et le monde) à sa perte : cette course à l'audimat  incite le sponsor à financer une expédition TV vers l'océan indien, pour du sensationnel, suite à la rumeur de l'existence d'un animal géant.

Image d'une version remasterisée au Japon pour le blu ray

Et bientôt va émerger l'idée de mettre en présence les deux monstres sacrés... sans envisager que tout puisse mal tourner...

Sur un scénario plutôt intelligent dans son genre, le film conserve esthétiquement une grande fraîcheur et la couleur met en valeur les architectures extérieures ou intérieures des décors.





Godzilla contre King Kong immerge aussi le spectateur nippon de l'époque dans un exotisme qui n'est pas sans rappeler celui des îles hawaïennes ou caribéennes des années 50 pour les américains, avec cette île tropicale lointaine habitée par des sauvages vénérant un Dieu géant. Honda en profite pour les faire danser sur une musique tribale avec des choeurs -évoquant parfois un péplum - censée apaiser King Kong.


Image d'une version remasterisée au Japon pour le blu ray





Le réalisateur nous propose alors quelques scènes qui évoquent Gulliver et son voyage à Lilliput.

En matière d'effets spéciaux, l'utilisation de dioramas, modèles réduits et acteurs en costumes,  sont bien employés et montrent le savoir faire de la Toho pour l'époque.

Une des caractéristiques intéressantes de ce film est qu'il représente encore Godzilla comme une force négative -née de la folie nucléaire-, avant que sa place évolue dans les films suivants. Alors moins populaire au Japon que King Kong, censé représenter le règne animal, le kaiju semble mis en échec :  l'oeuvre s'achève ainsi sur une fin ambiguë, sans "vainqueur".

Le jeu des acteurs en costume appuie cette ligne de conduite : King Kong est humanisé, hésitant quand à son action. Godzilla est plus froid, pas encore anthropomorphisé - comme dans le cas de Godzilla contre Hedora.


En conclusion, j'ai adoré ce film  pour son scénario**** et son esthétique. Il plaira certainement aux amateurs des anciens films du kaïju. 


* la comparaison entre les thématiques du premier et troisième opus mettent vraiment en lumière l'évolution de la société en quelques années. Ainsi du rôle des médias : vecteur vertueux d'information des citoyens dans le premier opus à une omniprésence du divertissement dans le troisième.

** Il en réalisera 8.
*** ce film restera d'ailleurs longtemps dans les annales comme un des plus gros succès en salles de la franchise.
**** En tout cas le scénario est plus consistant que celui de shingodzilla.

mercredi 26 avril 2017

Shin Godzilla (2016) de Hideaki Anno et Shinji Higuchi


Shin godzilla (littéralement "nouveau/néo godzilla"), Aka Godzilla Resurgence, est le dernier film de la Toho sur le kaiju le plus célèbre, co-réalisé par Hideaki Anno ("Monsieur Evangelion") et Shinji Higuchi (qui a participé à Gamera, une autre série de kaiju à succès) en 2016.

Reboot officiel de Godzilla, l'ambition de ce film est de renouveler une licence et de se rapprocher - dans l'esprit au moins - du tout premier opus mais sans la mythologie des fictions successives.

- spoilers éventuels -

Après la première surprise de l'apparition du monstre* et de la réaction initiale des autorités, l'histoire prend la forme  de scènes d'expositions successives : une mise en lumière de la chaine de commandement japonaise, une enquête des scientifiques pour comprendre la nature de leur adversaire, une sorte de reportage de gestion de crise - avec des scènes de tanks, avions, hélicoptères envoyant leurs armes sur un kaiju assez statique, se déplaçant assez peu finalement (c'est assez pratique pour laisser le temps aux véhicules de frapper)-.

Nous assistons à un catalogue des conséquences d'une catastrophe :  un milieu urbain ravagé, forçant les habitants à l'évacuation, des pannes d'électricité gigantesques et des contaminations nucléaires...

Sans doute marqué - trop marqué -par le grand tremblement de terre et l'accident nucléaire de Fukushima, Shin Godzilla en oublie un peu ce qui faisait l'ADN de la franchise.
Il y gagne en froideur, avec la présentation chirurgicale d'une catastrophe jamais vue jusqu'à présent et des moyens , parfois dérisoires, des humains pour y faire face... Avec les défauts inhérents à chaque système organisationnel.
Mais ce film y perd aussi en émotions et son histoire manque d'engagements ou dons de soi en ne suivant pas le parcours intimiste de certains personnages, à l'instar des godzillas traditionnels qui suivaient toujours deux points de vue, le macro (la société face à la catastrophe) et le micro (une famille dans le cours des événements).

A la moitié de l'histoire, l’œuvre échoue à parler de l'universel et se transforme en une célébration patriotique globale de la résistance solitaire du peuple japonais envers et contre tous**.

La réalisation n'est pourtant pas mauvaise et la patte "d'Evangelion" apporte quelques visuels sensationnels. De plus la brochette d'acteurs locaux est impressionnante.

En terme de casting, un reproche pourrait être porté à cette habitude des japonaise dans certaines fictions, lorsqu'ils ont besoin d'un personnage étranger, de prendre un acteur japonais et de le bombarder "nippo-américain" pour plus de commodité linguistique (ici le personnage de Kayoko Ann Patterson). Cela enlève un peu de crédibilité à l'histoire.

En conclusion, je me suis assez ennuyé (particulièrement pendant la première moitié) en regardant cette nouvelle itération, qui tient plus du documentaire catastrophe "déguisé" en film de Godzilla. Les fans du vieux kaiju n'y trouveront peut-être pas leur compte, mais les amateurs de paraboles et d'Evangelion, qui sait ?

A noter que cet opus semble avoir bien marché au Japon et gagné "l'Oscar nippon" du meilleur film. 

Pour un autre son de cloche : ici.


* Un Godzilla qui m'a visuellement assez déçu, en images de synthèses... 
** Avec une petite pique aux américains qui sont prets à lancer une bombe atomique sur Tokyo.

vendredi 23 décembre 2016

Godzilla VS Hedora (1971)

Godzilla contre Hedora (the smog monster), réalisé par Yoshimitsu Banno (1971)



Synopsis (wiki) : Un étrange monstre né de la pollution hante les eaux du Japon et attaque les bateaux. La créature grandit de plus en plus et gagne la terre ferme, répandant des vapeurs toxiques mortelles. L'armée et Godzilla doivent joindre leurs efforts pour tenter d'éliminer la créature...


Vous le savez, j'apprécie beaucoup Godzilla, en tant que "série B", film de genre, même si je pense que le tout premier film de opus vaut mieux que cela et comporte une ambition plus importante.

Mais les films de Godzilla, outre l'intérêt que l'on peut porter à la franchise, apportent aussi un regard sur leur époque, qu'ils représentent d'une manière ou d'une autre. Ainsi de Godzilla contre King Kong et ses années 60 (qu'il faudrait mentionner une autre fois).


Cet opus révèle un kaiju né de la pollution, Hedora, et témoigne des problèmes environnementaux qui commencent à faire partie des agendas politiques. Le monstre est avant tout issu de l'humanité et de son inconséquence. Il intoxique en retour la planète dans une forme de rétribution.




Onzième film de la saga, ce versus a déjà un certain cahier des charges à respecter avec un témoignage de son époque (la mise en avant de la jeunesse et de sa musique), une mise en lumière d'une famille unie (celle d'un professeur ichtyologe) et d'une menace pour l'harmonie sociale (l'arrivée d'un nouveau monstre géant). 





Yoshimitsu Banno est le 4e réalisateur de cette saga (il n'en réalisera pas d'autres) et se contente de faire le job tout en se démarquant par quelques scènes animées intermédiaires assez intéressantes esthétiquement. 





Sinon les amateurs du grand monstre seront en terrain de connaissance , avec les effets spéciaux particuliers de  la Tôhô, mélange de maquettes et de personnages en costumes.

Godzilla se retrouve dans sa phase de force de la nature défendeur de la terre contre d'autres menaces. Il vole à un moment, de façon vraiment originale (il faut le voir pour le croire) et pratique le catch as usual. Humanisé dans une certaine mesure il en devient expressif et dans une forme de mise en abyme, le monstre est l'objet de jouets pour enfant.








Au final un joli opus des 70's, assez léger toutefois.


OWARI (FIN)

dimanche 5 janvier 2014

godzilla réalisé par Inoshira Honda (1954)



Résumé d'Allociné : Un monstre préhistorique est ranimé par des explosions de bombes H dans l'océan Pacifique.

Selon Wiki, Godzilla serait formé d'une combinaison de deux autres mots japonais : gorira (ゴリラ, "gorille") et kujira (鯨 (くじら, "baleine"). Ce nom serait issu d'une phase de plans préparatoires où Godzilla fut décrit comme "un croisement entre un gorille et une baleine".

Le premier godzilla sera réalisé en 1954, et à l'époque, nul ne se doutera du succès de ce kaiju (monstre en japonais), jusqu'à faire l'objet de films américains. C'est que nous sommes juste 9 ans après la guerre : les esprits sont encore marqués par la vie dans les abris après des alertes aux bombardiers ou par les deux bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki. Mais voyons cela de plus près...

A l'issue de la disparition de bateaux dans les mers territoriales japonaises, une enquête est ouverte et un scientifique, avec son assistant, est chargé de l'affaire. Le suspens est bien installé : l'histoire est progressive et nous ne voyons effectivement que peu godzilla au regard de l'ensemble du film, même si sa présence plane sur tout le film - assez ironiquement, un comble pour le genre du kaiju -.


Ainsi l'équipe scientifique va enquêter du côté des îles où des signalements étranges ont été faits. Ils découvrent alors une trace (radioactive) de pas d'une grande créature... Le doute s'installe puis un Boum Boum... assez lent s'entend au loin...Le film monte crescendo jusqu'à la dévastation de Tokyo vers la fin du film.

Toujours juste dans l'émotion, celle-ci nous prend à la gorge lorsque l'on découvre l'étendue des dévastations provoquées par le monstre.







Bien loin, par exemple, du "Godzilla final wars", un film de série B dédié aux fan boys, le premier Godzilla est un film plus profond traversé par un hymne à la vie et des questions éthiques.

Tout d'abord, l'époque est effectivement encore pétrie de la mémoire de la guerre et par l'espoir de surmonter toutefois les difficultés issus des dévastations, avec dans l'idée que l'Homme est son propre bourreau. Ainsi Godzilla est le résultat d'une mutation d'un ancien dinosaure par de la radioactivité humaine. Le monstre issu de la folie humaine, provoquera des dévastations

Ensuite, une solution pour défaire godzilla viendra d'un savant dont la découverte accidentelle pendant ses recherches a le même impact que la découverte de l'atome  : alors que les chercheurs sont guidés par l'amour de la science et la possibilité d'une utilisation civile, elle peut toujours être détournée pour son potentiel destructeur lorsque la nécessité s'en faire sentir. C'est dans la nature de l'homme. Et l'escalade de la violence peut à nouveau commencer. Le scientifique devient le Prométhée d'une tragédie qui se joue pour le meilleur et souvent le pire, il possède une haute responsabilité.



Enfin, le film envisage également les réactions du corps politique s'il apprenait l'existence d'une menace de l'envergure de godzilla : un débat voit le jour pour savoir si l'on doit répandre la nouvelle au risque de provoquer une panique.

Un mot sur la bande sonore, laquelle est variée et colle vraiment bien aux différentes scènes.

En conclusion, si l'envie de regarder ce film était avant tout dirigée par un intérêt séminal, la qualité du scénario et de la réalisation m'ont vraiment surpris. Je ne pourrais que le conseiller aux amateurs.